lundi 1 juillet 2013

Spread your mental.


Quatre heures du matin. Le prolétariat dormait d'un œil dans ses banlieues, les cadres sur leurs deux oreilles d'âne dans leurs superclapiers du front de Seine. Les dernières pizzérias du quartier Saint-Germain fermaient leurs portes sur les travelos alanguis et ravissants. Des filles de famille ahuries par l'alcool et le kif se faisaient défoncer dans la banlieue ouest et singeaient la jouissance pour combattre le mal de cœur. Les clodos se transmettaient des maladies vénériennes sous les ponts. La Coupole avait fermé et des intellectuels s'égaillaient au carrefour Raspail en se promettant de se téléphoner. Les linotypistes s'activaient dans les imprimeries de labeur. De gros titres se composaient, concernant la tuerie du matin précédent. Des éditos étaient arrivés qui s'intitulaient, selon les opinions du journal concerné : POUR QUOI ? OU LE SANG OU JUSQU'OÙ ? OU LE CYCLE INFERNAL OU TARTEMPION TÉMÉRAIRE DEVANT LES ALLEMANDS EN SURFORME.

Manchette, J-P; Nada; Gallimard, 1972 (2008 pour l'édition) : p.235

samedi 29 juin 2013

Fatale.


Pourquoi les romans et films noirs ont tant de succès ?
Pourquoi nous envoûtent-ils ainsi ?
Mais parce que ces œuvres sont un reflet de la société. Elles sont une catharsis pour l'être que nous sommes.
C'est très agréable de regarder Totoro mais ces œuvres sont là pour nous faire oublier.
L'œuvre noire nous met face à nous-mêmes. Elle nous confronte à la dure réalité de l'existence, et surtout l'extrême et sournoise violence de la société.
Elle nous montre, nous impose la vision de certains problèmes que nous ne voyons pas ou que nous ne voulons pas voir.
Un certain romantisme s'en dégage mais c'est un romantisme sombre et désespéré. Ce qui nous attire se sont ces héros qui jouent au chat et à la souris avec la société et ses règles, dans ce combat qu'il ne peuvent gagner. Pour nous, c'est un peu comme être debout sur une barricade alors que l'on a épuisé ses dernières munitions. Nous, nous rêvons en héros libre et rebelle face à ce qui cherche notre silence et obéissance.
Le noir libère notre impression d'oppression causée par la société et nous fait rêver sur une hypothétique croisade; où l'instinct de survie nous rend plus que jamais vivant.
Mais la fin prend bien soin de nous rappeler qu'il ne faut se faire aucune illusion.

jeudi 27 juin 2013

Chapitre 13 : Fumier Padme Hum.


Jack Médecin se réveilla les bras attachés à une bar de pole dance. Menottes en moumoute fushia.
Il avait toujours en tête l'image du meurtre de Paulo le pédalo, mais cette dernière se faisait mettre doucement à la porte de sa conscience à grands coups de savate par un mal de crâne agressif et conquérant.
Jack, médecin neurologue, en connaissait un rayon en mal de crâne : Vodka/whisky, lendemains vinassés ou bien le fameux mal de crâne d'after chez les hôteliers de nuit. Mais voilà, Jack avait beau être un spécialiste des maladies dues au réveil, le mal de crâne par coup de matraque sur la partie pariétale était une première pour l'animal diplômé.

Le lieu n'était que faiblement éclairé par des petites lampes dites "lounge" - à prononcer [la-inge] pour être à la mode ou vendeur chez Casa - mais Jack reconnu immédiatement l'endroit : le Bouddha Bar Mitzvah.
Un club pragois  à la mode où l'entrée restrictive se fait suivant un système de médailles. Un audacieux système que Jack et Eric Hamster avaient conçu quand ils détenaient l'endroit, qui à l'époque s'appelait El Pilonos.
Pour entrer, il fallait absolument s'être vu décerner une médaille. Suivant la couleur, vous étiez placé à des lieux différents avec une qualité de champagne/serveuses affriolantes/musique également différentes. Il y avait la médaille Hô Chi Minh d'or, la Hô Chi Minh d'argent, celle de cuivre et enfin la grande médaille de la Cool Story. Celle-ci étant la dernière, je vous laisse imaginer la soirée à base de Pol Rémy servit par Georgette, ancienne goûteuse de gratin dauphinois radioactif, le tout avec Cœur de loup en fond musical.
Mais cette époque n'était plus et c'était Don Kibboutz qui tenait désormais la place.

Après plusieurs minutes d'attente et quelques pensées pour les filles qu'il avait vu se trémousser sur cette même barre des années auparavant, une porte claqua en un son métallique au fond de la boutique. Des ombres difformes se faufilaient entre les tabourets velours à l'allure propre et les rideaux de lin et de tulle chamarrés.
Entouré par deux, trois molosses, Don Kibboutz se dirigeait vers Jack. C'était un homme au sens vestimentaire et olfactif très affirmé qui vaut le détour, ne serait-ce que pour l'éviter.
- Boris, apporte donc un rafraîchissement à notre ami.
Boris et son physique de chaudronnier Est-allemand surmonté d'un regard acier évoquant toute la poésie urbaine de Friedrichsfelde, apporta une gouleyante bouteille de Super Bock.
Jack aurait aimé gagner du temps et évaluer la situation qui, pour le moment, ne semblait pas en sa faveur, mais fidèle à des années d'études et de pratique, notre Siegfried de la chopine vida la 33cl en trois secondes.

                          

- Alors, ça va mieux ? Tu te sens comment mon vieux, parce que laisse-moi te dire qu'il va falloir augmenter un peu de niveau ? Tu sais un peu quand ton gâteau au chocolat ne cuit pas parce que tu n'as pas mis le bon thermostat.
Jack ne répondit rien, non pas par manque de médailles mais parce que le gaz de la Super Bock remontait de son estomac vers l'extérieur.
Comme tu sais, je suis un entrepreneur. je conduis mes affaires pour le bien de la société et pour mon bien être personnel. Tu serais venu me voir avant, la situation aurait pu être complètement différente. Enfin, comme on dit : quand la tatin est retournée, il faut la manger. Je ne sais pas comment ça va se passer mais je t'emmène voir M. Krasucki. Ça ne sera pas des plus agréables mais au moins tu vas finir par le voir ton Krazu. Salade bien nettoyée et égouttée est mère de sûreté. Alors, on dit pas merci ?

Jack laissa échapper encore une fois quelques bulles de gaz carbonique et avec sa respiration quelque peu saccadée, il dit en regardant Donald Kibboutz :
- Je pourrais ravoir une bière, garçon ?

Une belle conversation amicale qui se finit comme il se doit par un grand coup de taloche dans la maxillaire gauche.
Un sommeil immédiat pour Jack, qui adorait dormir et cocooner, mais cela annonçait également la remilitarisation du mal de crâne et donc une future blitzkrieg neuronale au réveil.
Jack n'en avait aucunement conscience puisque dans les pommes mais dans un coin de son cerveau médical, une ou deux synapses se demandaient où il allait encore bien atterrir et surtout si Don Kibbouttz allait continuer ses métaphores culinaires.

(A suivre)

lundi 24 juin 2013

Festos Doritos


Avec les derniers rayons de soleil - si, si, il parait qu'il y en a eu - le festival de Cannes ferme ses portes et remballe son tapis rouge.
Sur ce tapis, divers types de semelles et de talons se sont côtoyés : de hautes starlettes, des richelieu hollywoodien aux vulgaires savates des idoles d'une saison ou des acteurs Canal +.

Mais ne serait-ce pas l'image d'une cinéma ? Ces stars que l'on voit plusieurs fois par an et les tocards du soir dont même l'archiviste de Voici ne se souviendra pas à la prochaine saison ?
Des films et des acteurs inoubliables dont l'histoire se souviendra et qui finiront dans les collections René Chateau du futur. Imaginez nos petits enfants venant nous voir avec le DVD de Starship Troopers à la main : Papy, c'est quoi ton film de vieux ?

Pour ceux de ma génération ( entre 25 et 30 ans), Luc Besson fait déjà presque figure d'auteur désuet. Je ne parle bien sûr pas de son œuvre de production qui nous a laissé tant de superbes nanar de collection.
Quand Subway, Le grand bleu et Nikita sont sortis, ces films étaient novateurs tout ça, tout ça. Mais maintenant, les considère-t-on comme des chefs d'œuvres du cinéma ? Assez peu. Ils marquent une époque et ne vont pas au-delà de la curiosité et de l'affection personnelle.

Et la situation empire avec ce p*** de post-modernisme. Vous croyez vraiment que le cinéma se souviendra dans 50 ans des plagi... des hommages, pardon de Tarantino ? C'est qu'il n'y a pas grand chose de novateur - à part des conversations absurde de 10 minutes, histoire de combler - dans ces films, si ce n'est un grand et bon catalogue de films oubliés.
Cela à au moins le mérite de faire découvrir ce pan de l'histoire du cinéma. Mais est-ce que , tout comme Besson, les futurs générations s'intéresseront à Tarantino ?

samedi 22 juin 2013

Chapitre XXVII


Noëline était partie. Il y avait peut être de la lumière, peut être de la brume, Nicolas ne s'en était pas rendu compte. Elle était revenue et s'en est repartie sans mot dire.
Elle était arrivée dans sa vie comme un sourire sur un client de maison de retraite. Elle est partie sans qu'il ait eu le temps de s'en rendre compte. Comme si elle était simplement sortie...

Sans réveil matin, il prit vite conscience en ouvrant les yeux d'une autre réalité; une réalité plus physique. Il était bel et bien réveillé, et rien n'avait changé, ou presque.
La grande machine de cuivre, de tuyaux et de verre était toujours là, intacte. Elle ne se trouvait plus dans la salle voûtée d'un manoir mais une pièce semblable en proportions.
Une drôle de pièce en métal. Elle ressemblait à la verrière du Grand Palais.
Nicolas se rendit vite copte qu'il n'y avait aucune issue. Pas une porte, pas une fenêtre, ni même la moindre fissure.

Il n'y avait rien, hormis cette lueur bleutée et tout ce métal. Tout ce froid. Ce froid pourtant si vivant avec le courant bleuté dansant au sein de la machine.
Ne sachant que faire, Nicolas Brandebris resta plusieurs minutes, prostré contre la machine. Son ronronnement  allait et venait comme les vagues sur le sable opale.
Il voulu la détruire, empoigner quelque chose serré jusqu'à rompre ses tendons et accompagner avec sa force et ses cris l'objet se fracassant contre la bête mécanique.
Mais il n'y avait rien autour, seulement le vide et le ronronnement bleuté. Et cette lueur...

Nicolas resta longtemps assis. Les pensées, les souvenirs se bousculaient en une farandole vive et insaisissable.

Il crû voir Noëline au bout de la pièce. Dès qu'il se levait et tentait de s'approcher, elle disparaissait pour réapparaître à l'autre bout. Pris dans un délire, Nicolas couru dans tous les sens, jusqu'à heurter de plein fouet la paroi. Sous le choc, il lança ses poings contre le métal.
Après plusieurs assauts, ses poings se détendirent et tombèrent le long du mur alors que les larmes commençaient à s'accumuler dans ses yeux.
Sous se doigts quelque chose lâcha. Une porte s'ouvrit.
Devant lui, l'immensité première. La porte de la pièce donnait sur un couloir orthogonale tout en verrière. Sur les côtés les seules portes visibles semblaient loin, très loin. Devant lui, au-delà de la vitre, se trouvait un paysage aride. Tout semblait si calme, tout était si beau. Sous les étoiles, des dunes et des plaines s'enroulaient  comme des amants entre les cirques.
Toute cette vaste étendue perdue au milieu de rien. Le fait d'être rien, Nicolas faisait l'apprentissage de la remise en question de notre condition. D'un regard, il englobait à la fois tout , et à la fois rien. C'est ce qu'il était.
Il ne savait qui regardait qui. Qui du paysage ou de lui absorbait l'autre avidement ? Le désert l'aurait dévoré de suite si il n'y avait pas au loin cet élément.
Au-delà de l'immensité blanchâtre se trouvait une sphère bleue, une boule aux couleurs rassurantes dont l'image enfantine et scolaire qu'en avait Nicolas venait de devenir réalité...

(A suivre)

mercredi 19 juin 2013

Nostalgia


Nous voici dans les années 30. Belle époque pour ceux qui ont de quoi s'offrir les dîners chez Maxim's, les Bugatti... les rencontres au Bois de Boulogne. L'Histoire est là bien entendu, avec sa crise économique, son président assassiné par un Russkoff, son Allemagne qui va se donner, se damner avec un prophète à moustache de Charlot... On ne peut pas l'ignorer l'Histoire, elle vous traque même si, comme Blandine, on n'y fait guère allusion. L'événement marquant pour elle c'est l'ouverture du Sphinx, boulevard Edgar-Quinet... la nouvelle taule qui veut supplanter le One Two Two question luxe et clientèle. Madame Martoune, la patronne clame ça cor et à cri... mais dans une ville comme Paris y a de la place pour plusieurs bordels de haute compétition.

Boudard, A.; Madame... de Saint-Sulpice; Gallimard, 1998 : p.213

lundi 17 juin 2013

Siegfried (2/3)




Un petit retour en arrière s'impose avant de continuer cette formidable épopée.

Nous nous trouvons toujours dans la masure de Mime, le nain souffre-douleur. Il a donc décidé de reforger Nothung l'épée du papa de Siegfried pour que ce dernier aille dérouiller le dragon, et donc empocher le pactole . Il essaye de s'y atteler mais la force hypnotique de ses sudokus difficulté 2 a raison de lui et il n'y arrive pas  - la version officieuse étant qu'il n'en fout pas une.
Mais voilà, que quelqu'un frappe à la porte. Enfin quand je dis frappe, c'est plutôt quelqu'un qui ouvre la porte et rentre sans un mot, dégueulassant la baraque.
L'homme ressemble fortement à un vieux clochard (tiens donc!). Un bâton, une barbe douteuse et une chevelure tout aussi douteuse, à demie cachée par un chapeau rond; mais point de costume breton à l'horizon. Sentant un peu la vieille croûte de fromage, le vieux machin demande l'hospitalité et annonce qu'il s'appelle Le voyageur (Tiens donc !²).
Le nain Mime a beau être actionnaire à la multinationale de la connerie, il refuse et demande à Joe le clodo d'aller rejoindre ses amis sangliers. Le vieux, qui est borgne (Tiens donc !! 3e fois), ne trouve pas que cela soit une bonne idée et commence à négocier les bidons. La connerie reprenant le dessus, Mime accepte un défi : si Voyageur répond à trois questions, il lui offre le plumard, par contre si il perd Voyageur lui propose sa tête (sûrement pour décorer les murs comme trophée...).
Forcément, Papa Oui-oui lui pose trois questions pourries, du genre : "cite un ingrédient de la mousse au chocolat, quelle est la couleur du peignoir beige d'Henri IV et quelle est ta couleur préférée"...
Du coup, le vieux pépère retourne le jeu contre son hôte, et comme il n'est pas aussi con qu'il est crade, il pose des questions un peu plus élevées. On retient surtout qu'il ne pose des questions ayant traits à Wotan (Tiens donc! 4e édition) et la dernière : "Comment reforger Nothung ?".
Forcément, à force de ne rien glander et de remplir ses grilles de mots croisés Télé-Star, le voilà coincé. Mais magnanime, Wotan... euh pardon je voulais dire Le voyageur lui accorde la vie sauve et préfère laisser faire le destin. Quel seigneur, le vieux débile...
En tous cas, Pépé miteux lui souffle que tuer Siegfried serait pas du luxe si il ne veut pas être embêté et qu'en plus tuer le dragon c'est le top du top. Et après avoir fait tout son manège, le gazier se casse sans mot dire. Genre le mec qui fait chier pour squatter ton canap' et se casse en te filant sa carte de visite à paillettes du cabaret Walhalla.
                                     

Mime a à peine le temps de nettoyer les tapis dégueulassés par le vieux que son fils adoptif punk revient.
Ainsi, Siegfried la sale gamin idiot revient, donc et manque de maltraiter son père de substitution.
"C'est quoi ce bordel ? Et elle est où ma putain d'épée de ouf malade ? t'as encore joué aux sudokus!!"
Mime réussit à dompter quelque peu le jeune au perfecto, qui avait déjà dégainé le papillon, en annonçant le secret de ses origines : trouvé dans la forêt, tout ça - bien sûr il omet un peu le côté 'tes parents consanguins'. Et également en lui disant qu'il peut se casser quand il veut uniquement si il apprend la peur. Oui, le bestiau n'a absolu peur de rien, et ça se ressent dans ses tenues vestimentaires si vous voulez mon avis.
Dans le monde des personnes un peu limitées, on demande de connaître la peur pour mériter l'émancipation; chez les autres on demande le Bac...
Ainsi, il lui dit l'air de rien et le sourire en coin :
- Tu vas voir, je connais un super truc : je t'emmène voir un dragon, tu le tues et tu pourras partir car ainsi tu connaîtras la peur.

Tout guilleret comme un jeune sous l'influence de substances illicites, le jeune chevelu commence forger sa satanée épée familiale en beuglant pendant que Mime concocte une gourde de poison pour son fils, beuglant également (ce qui est beaucoup moins intelligent entre nous).
Au final, Mime nous refait le pudding à l'arsenic et Siegfried reforge l'épée et en profite pour tout péter avec : notamment en découpant l'enclume de l'atelier.
C'est dans cette belle ambiance Sex Pistol que nos deux machins vont se diriger vers l'antre du dragon Fafner.

(A suivre).

samedi 15 juin 2013

Deuxième balcon.


La cloche résonne dans l'opéra. Il faut se presser. Ça va commencer. Gagner sa place, s'installer, si possible sans faire lever toute la rangée.
Deuxième balcon il faut tout monter, supporter, avaler les marches. Le bruit ne s'arrête pas, il semble qu'il ne s'arrêtera jamais. Figé dans le temps, comme une blessure à l'âme.
Se déplacer seul dans ce grand espace sous le cri incessant cela ressemble au chemin de croix des examens oraux.
On vient vous chercher. On se met en ligne et l'on suit l'homme dans de grands bâtiments vides qui vous toisent du haut de leurs hauts murs épais. C'est l'heure de se diriger vers les jurys. On marche en file indienne, les pas résonnent. Le vide se fait de plus en plus sentir, il vous avale et vous digère sans pitié. Petit à petit, il vous décompose molécule par molécule. Vous partez, vous vous dissolvez lentement mais sûrement.
Un a un, chacun quitte le convoi. L'homme vous demande de tourner dans une salle; une personne par salle. Forcément, on vous a attribué la dernière.
Et ce ce tic tac fatal qui vrille les tympans et tord les boyaux. Ce bruit qui nous rapproche de l'échafaud.
Il faut y aller, le déplacement se doit d'être mécanique.

mercredi 5 juin 2013

Dans la joie.


Très chers amies et amis, très chère maman,
Comme vous le savez, dernièrement le blog saveur vanillé était quelque peu au ralenti pour cause de concours à passer. Eh oui, il faut bien payer son loyer et ses kilos de d'imbécillités saveur vanille.
Ainsi, voilà la dernière ligne droite qui se déroule devant mon destin fébrile.
Donc, jusqu'au week-end du 15 Juin, je vais devoir faire un silence radio, histoire d'avoir toute les chances de mon côté.
Heureusement, ce ne sont pas les idées qui manquent, au contraire !
Donc simplement, quelque jours d'attente et après on reprend comme avant.
A très vite.
Salucofagos.

dimanche 2 juin 2013

Vruum.


Qui n'a jamais entendu dans une relation, directement ou par ouï-dire :
"Elle/il est comme ça parce que elle/il sort d'une longue relation et est donc un peu perturbé(e)".
En gros, on excuse le comportement d'une personne par exposition de son passé.

Peut être mais, bon ce n'est pas à nous de payer les pots cassés, de raquer pour les conneries des autres.
T'es comme ci, t'es comme ça; ok, pas de souci; c'est un fait mais nous ne subirons pas tes souffrances psychologiques non-réglées; d'autant plus si tu refuses d'en sortir.

Peut-on se justifier de ne pas faire la vaisselle parce que petit on a été traumatisé par le fait qu'un jour maman nous ait intimé l'ordre de faire la vaisselle parce qu'elle était trop malade pour cela ?
Nous sommes bien d'accord.
Salucofagos.

mardi 28 mai 2013

1,2. 1,2,3,4 !



A partir d'aujourd'hui s'ouvre une nouvelle rubrique avec présentation de scènes de films à la douce odeur vanillée.
Et nous allons commencer ce grand festival culturel avec la scène d'ouverture de Dead or Alive de Takashi Miike (1999).

https://www.youtube.com/watch?v=dZJOn1O6IsQ

Ce film à l'image de sa première scène est un chef d'œuvre. Tout le film est contenu dans ces premières minutes : un rythme nerveux, humour outrancier, un film qui ne respecte rien.

Désormais, le style de Miike est bien connu ( bien qu'il se soit quelque peu assagi ) mais il est, et en particulier avec ce film qui l'a fait connaître au grand public, ce que L'enfer des armes fut au cinéma des années 80 : un souffle nouveau, libérateur et dionysiaque.
Un monde sans limite où la beauté s'allie au chaos et à la folie (créatrice).
D'ailleurs, il faut savoir que la scène de fin est un écho, une réplique, grandiose à cette ouverture.
Un film culte pour un réalisateur tout aussi culte et à découvrir d'urgence si on ne le connaît pas. D'ailleurs, n'hésitez pas à vous renseigner auparavant car l'ami Takashi peut réaliser jusqu'à 6 films par an, passant du film fou, au film de commande sans oublier le film beau et contemplatif.

vendredi 24 mai 2013

Shop.


Qui ne s'est jamais entendu dire, dans la rue ou ailleurs, "tu as l'air gentil" ou bien "ça se voit que tu es gentil" ?
Mais c'est quoi être gentil ?
Etre naturellement aimable envers ses semblables ?
Ou bien t'as l'air vraiment trop con - gentil- ?
En gros, cette phrase est un compliment, mais on peut y voir une sorte de pitié ou de compassion.
Derrière, il y a ce léger voile d'insinuations comme quoi tu vas te faire bouffer à la première occasion.
Dans un monde de rapaces, carnivores certes mais surtout charognards et cannibales, vous êtes l'échelon en-dessous dans la pyramide alimentaire.
Vous, vous êtes la gentille vavache que l'on aime voir paître innocemment. Brave bête que l'on trouve d'autant plus mignonne car l'on sait que derrière l'abattoir n'est pas loin.
Jésus disait "si l'on te frappe, tends l'autre joue", heureusement nous en avons que deux. Après, ce n'est plus être gentil mais être simplement con.

lundi 20 mai 2013

Comme un balai.


T : 0
La porte s'ouvre et fait retentir le carillon.
Une dame âgée est assise dans un coin.
En face d'un comptoir, un être venu d'ailleurs. Une énorme moumoute de poils dominait cet ensemble. Une chose aux couleurs hétéroclites, moitié chapka, moitié vacherin, passant du blanc neigeux au noir charbon entre deux taches de jaune pisse et d'orangé cassoulet.
En étant attentif on pouvait remarquer des cheveux qui s'en échappaient; rêches et poivré sel. Un camouflage au top avec son réchauffe choucroute.
Des guêtres moumoutes, ou lanières, on ne sait pas. D'espèces d'immondes lanières de laines noir ou de polaire tombant de ses genoux jusqu'à ses pieds mis en valeurs par de magnifiques moonboots noires.
Nous avons donc un renard angora aux couleurs douteuses sur la tête et d'immondes chaussures-socquettes hasbeen et hors saison; mais que serait tout cela sans la grande doudoune, molletonnée comme un Epéda, de couleur rouge flashy.
Avec ses moonboots, elle a dû avoir peur des fameuses avalanches et tempêtes de neige du XIIIe arrondissement de Paris, et avec sa doudoune, elle doit également redouter la noyade ou en tous cas la perdition en pleine mer. Le boulevard Arago est un monde plein de dangers.
Mais le pire était à venir car la bête produisait du son :

"Vous avez vu Les hommes du président avec R. Redford ? Le film avec le mec..; Ouai, celui-là. Ah bon, vous êtes sûr . En tous cas, cela faisait longtemps que je l'avais vu; je devais l'avoir en cassette.
Oh ba, je dirais bien 40 ans car c'est passé à la TV.
Le dernier Almodovar...»
Ceci était la partie culture....

Voici la partie pharmacienne :
«Et vous me donnez de vrais XXX, et pas de trucs du genre XXXpal ou XXXzone parce que j'ai pas envie de me retrouver avec des carreaux roses sur la figure.
Enfin, je dis ça, je rigole. C'est que ça va pas avec tout les carreaux roses; j'en ai déjà eu"

Son sac de course Auchan qui tombe, elle le ramasse. Il tombe à nouveau, elle le laisse et laisse également tomber son autre cabat, Carrefour celui-là. Cela fait bien clochard.
Une demie douzaine de lettres et enveloppes sur un petit rebord situé contre le comptoir à hauteur de la taille. des factures, et des ordonnances. Un vrai Blob qui grossit et recouvre tout sur son passage.
Elle en brandit une face à la pharmacienne, tel Savonarole devant la foule :
"Et je fais quoi de ça ?"

T : 12
La dame assise dans un coin de la pharmacie s'en est allée, l'assistante me fait enfin signe.
La créature continue son blabla. Elle a évité la politique mais parle désormais de lentilles de contact et de son rapport cosmique avec la pluie et le beau temps...
Je pense à la pharmacienne... La pauvre, subir une telle torture.

T : 14
La porte s'ouvre à nouveau en sonnant mais cette fois c'est pour laisser au loin, l'épave de la parole.

jeudi 16 mai 2013


Lundi 24 Avril XXXX

Aujourd'hui, j'ai 13 ans. Dans quelque quelques mois je vais passer mon brevet...
Mon grand frère m'a dit que c'était easy à avoir; j'avoue ça m'a pas l'air difficile. Mais je vais faire quoi après ?
Si je l'ai, je continue en lycée et donc c'est forcement le bac et par conséquent minimum 5 ans d'études pour avoir un job de merde payé comme le pire des smic.
Si je l'ai pas, je passe direct en apprentissage : donc passer pour un glandu pour faire un métier de base qui rapporte mais qui va me bloquer pour toute ma vie sans quasiment aucun espoir de montée dans l'échelle sociale.. Je serais la petite fourmi : essentielle mais invisible et sans intérêt.

En tous cas, je viens de découvrir que l'alcool c'est plutôt sympa. Au bout de 2 ou 3 demis je suis déjà tout bourré, donc c'est pas trop cher. Si mes parents savaient. Quoique que mon père pourrait être rassuré sur le fait que je ne toucherai pas à son whisky. Comment on peut ça ?
Bourré, rien que le nom est marrant, d'ailleurs je suis, apparemment, également beaucoup plus drôle et enjoué. Ça détend bien après une semaine de cours. J'ai pas encore quiché donc je reste nickel le lendemain mais je prie pour que si ça doit arriver, cela se passe une semaine ou mes parents ne soient pas là. Ou alors sur le chemin du retour sans personne autour.

L'avenir semble quand même loin après les cours on se retrouve avec les potes dans le square Henri Pionnier avec les potes. C'est un peu le QG depuis que le Micromania ne veut plus nous laisser essayer les jeux d'occaz. On commence à se préparer pour la fin de l'année sur un banc.
La période des boums arrive bientôt. Je sais pas quoi faire. Noëlla me plaît bien, je pense qu'elle le sait mais j'arrive pas à savoir si je lui plais. On ne sait même pas qui passera son garage; si les parents de Vince sont pas là et qu'on fait ça là-bas, on pourra boire de la vodka et quelque chose se passera. J'ai bien vu avec les potes comment ça se passe pour baiser mais je ne sais pas du tout comment on peut sortir avec une fille.

Putain, c'est la merde ! Je vais devenir quoi ? Je sais pas ce que je vais devenir, j'ai même pas de copine (je sais même pas ce que c'est)... Je sais même pas ce que je vais devenir.
C'est dur pour trouver du boulot, je ne fais pas partie des beaux gosses, je ne suis pas assez je m'en foutiste pour tout envoyer bouler.
Des fois, j'ai juste envie envie de tout brûler et de partir loin, là où on me feras pas chier. C'est sûrement là que je pourrais savoir qui je suis et ce que je vaux.

Putain de brevet! Putain d'avenir de merde! Putain de Noëlla! Putain de merde!

lundi 13 mai 2013

Chapitre 12 : Triple Distilled Bastard. (numéro XXL)


Le timide soleil bohémien carressait tendrement le visage de Mounika et la tâche de moutarde du T-shirt de Jack Médecin. Hot dog avec alcool, hot dog avec tâches qui collent.
C'est dans ces réveils que Jack se sentait poète. Sous la douche, il sifflotait du Faust :
«Ah, paresseuse fille qui sommeille encore ! Déjà le jour brille sous son manteau d'or...». Sous la douche, il faisait d'autres choses mais restait toujours aussi poète.
Après les ablutions, Jack était en mode DSK : sans peignoir, sans rien.

Elle dormait toujours, un drap douteux couvrant son côté et son entrejambe. Jack, plus poète que jamais, repensait à Li Bai et à la Chine éternelle; sa jambe en équerre surplombait le reste de son corps tel le mont Hua. Jack ne pouvait s'empêcher de penser que ce paysage était en partie grâce à lui, vu comment il l'avait travaillé durant la nuit. Jack Médecin était aussi paysagiste/ terrassier à l'occasion.
Dehors, le soleil jouant avec les pensées de Jack montait également. Ses rayons faisaient les étranges et sombres clochers.
Il semblait faire bon et chaud dans les rues, et donc la bière bien fraîche. Peu importe les belles endormies quand les sources de fraîches petites bulles appellent l'animal assoiffé.


Telle la bête se faufilant dans les hautes herbes jusqu'à sa proie, Jack glissait sur les trottoirs pavés.
Il connaissait Prague comme une vieille amie; il savait pertinemment qu'elle était la vieille amie de beaucoup de monde mais comme on dit au cap d'Agde : "si il y a de la place pour les copains."
Il était tôt, trop tôt; le Hooters n'ouvrait pas avant 3 heures, c'est-à-dire à 17 heures.
A force de tourner la tête pour observer les locales jeunes filles en fleurs, notre héros matinale remarqua une ombre qui le suivait, or si il y a bien une loi médicalo-physique vérifiable et prouvée, c'est qu'on ne suit pas impunément Jack Médecin.
Malgré quelques tramways et plusieurs bars à bières à prix modiques et à filles un peu moins mais tout aussi rafraîchissantes, l'ombre était toujours sur ses talons, s'accordant sur le rythme fluctuant de ses pas.

Il se rapprochait de la place centrale de Prague, Mustek de cheval, son salut allait peut être se trouver là. Sur la place se trouvaient deux voitures de police et leurs officiers tout à côté.
Sans ralentir, Jack se dirigea vers un homme planté au milieu de l'étendue ouverte. Paco, dealer notoire, lui proposa mille et un produits; Jack fit semblant de s'y intéresser pendant que peu il se tournait pour mieux observer son ombre détachée.
Il n'a pas fallu longtemps à notre fier héros pour repérer les vautours qui lui tournait autour alors qu'il désirait simplment boire un verre.
Deux grands bonshommes, lunettes de soleil et blazers bleus électriques, de vrais allemands en vacances. Sauf que à Prague, d'habitude, les vacanciers regardent plutôt l'architecture ou les filles et non un Médecin nonchalant en T-shirt panda. Sans dévier du regard, ou tout du moins de la tête, les deux molosses s'avancèrent vers eux.


Après, la kétamine, la cocaïne et le M.D.M.A., Paco commença à proposer de l'eucalyptus cosmique spécial sniffage mais Jack commença à vite se diriger vers le vieux centre.
Il s'engouffra à toute vitesse dans les ruelles moyenâgeuses  vers un endroit sûr. Le premier endroit qui lui vint à l'esprit fut Le cochon joyeux, un bel endroit où la pinte n'est pas chère, les genoux de porcs gargantuesques et surtout où les membres du personnel étaient des amis.
Jack n'était pas peureux mais sous le soleil de 15h, au saut du lit et sans même une petite bière dans le ventre ses chances de high-kick et de 'Tiger-crush' se trouvaient réduites.
Jack savait être agile et rapide comme un jeune alcoolique lycéen dans une fête Malibu, et les rues étroites du vieux Prague allaient l'aider à semer les gorilles bariolés.

Éviter un touriste, sauter par dessus un clochard, contourner 10 anglais bourrés et beuglant (pléonasme), une petite tape sur de jeunes et délicates fesses au passage; courir au milieu de tout ça relevait de l'exploit sportif, et pas question de s'arrêter à la buvette.
Alors que la lourde masse touristique se levait, la tour poudrière commençait à poindre au bout de la rue. Un  ersatz de John Lennon couinait sur un son maléfique. Non loin du gugus, dans le dédale de ruelles devait se trouver une troupe de jeunes foufous, une demi-douzaine de beuglements résonnaient jusqu'aux oreilles de Jack Médecin.
Il courait toujours, il avalait le pavé sans faiblir, son souffle se faisait plus intense au fur et à mesure que ses pas s'allongaient.
Soudainement, ses muscles se raidirent et il s'arrêta, laissant son souffle comme seul mouvement. Ses yeux étaient fixés sur le dernier étage de la tour: Paulo le Pédalo s'y tenait.
Comme un éclair déchirant le ciel, Paulo tomba.
Comme un sac poubelle que l'on jette par la fenêtre, il tomba comme une pierre. Mais les sacs poubelles ne se balancent pas au bout d'une corde une fois qu'on les a poussés...

jeudi 9 mai 2013

Nostar.


Au rayon des foutages de gueules, nous savons d'ores et déjà que la publicité arrive en tête de gondole. Ses raccourcis immondes, son cynisme décomplexé, son abyssale vulgarité et son omniprésence rance et morbide font d'elle la plus grande aventure sanitaire (dans tous les sens du terme) des temps modernes.
Mais vous rendez vous compte qu'au delà de la simple télévision, elle s'infiltre partout telles des MST dans des toilettes de boîtes de nuits ?
Vos T-shirt sont imprimés avec la marque sur le col, vos jeans sont cousus sur la marque et vos bedaines et fesses arborent fièrement un gros noms pensant que cela les cache.

Vous rendez vous compte que c'est vous qui devriez être payé pour véhiculer ainsi d'immondes logo, qui le plus souvent ne sont simplement que la marque en lettres majuscules ?
Toute la journée, la publicité vous est imposée parce que les marques ont payé les fournisseurs de vos produits, et ce même si vous l'avez payé. Si quelque chose est gratuit, il est bien évident que quelqu'un doit se faire payer, mais si vous avez payé (des fois vous n'aviez même pas le choix), c'est à la limite du vol caractérisé.

On vous transforme en homme/femme sandwich. Vous ne vous faites pas payer et en plus, c'est ce que vous recherchez.
Tout ça pour impressionner vos semblables.
Personnellement, si je veux impressionner je sors mon sexe et on n'en parle plus.
Après, si c'est parce que votre vue ou alphabétisme sont limités, prenez directement un panneau d'ophtalmo.

PS : Je cherche une JF portant du Victoria Secret (icônes-modèles de la marque acceptées); bizarrement, personne ne l'affiche sous les marques à pommes ou à caribou. Merci d'avance.

lundi 6 mai 2013

Ponts et plaisirs.



La rue anonyme est calme, les oiseaux sont à peine couverts par les voitures lointaines, le café est chaud et elle marche le téléphone à l'oreille, sortie de nulle part.
Sa petite robe bleue sous le ciel d'été vogue légèrement, tantôt sous l'effet de la brise, tantôt sous ses propres mouvements de bassin.
Le tissu est léger et son bleu profond. Des points laissaient entrevoir le bas de ses cuisses comme mille reflets de soleil sur la mer.
Un chignon strict se démarque de sa démarche délicate; cette grâce articulée des mouvements semblant si symbiotique de sa fine silhouette.
Elle s'arrête au milieu du trottoir gris dégueulasse. Sans même un moment d'hésitation, elle se penche quelques instants, arrêtant le temps et les êtres pour autant de temps.
Elle dénoue les lanières de ses petites chaussures à talons. Elle se redresse puis enfile une à une, afin de ne pas poser son pied nu sur le macadam grisâtre, de légères ballerines noires.
De deux doigts, elle saisit ses anciennes sandales, ajuste ses ballerines de l'autre main et se remet en chemin.
Après quelques mètres, elle commence à trottiner avant de tourner au coin de la rue. Laissant comme seul bleu rayonnant que celui de l'azur et son reflet dans mes yeux.

jeudi 2 mai 2013

Siegfried (1/3).


Alors, nous avons quitter Wotan le vieux glandu en train de chouiner sur sa montagne alors que sa fille est en fuite et qu'il a bourré l'autre de somnifères en forêt de Fontainebleau.
Et bien rassurez-vous tout de suite, nous n'entendrons pas parler de la fameuse Sieglinde et de ses émotions douteuses et autres problèmes mentaux et hormonales liés à sa grossesse tout aussi douteuse.

Pour ce nouvel opus sobrement intitulé Siegfried, le rideau se lève sur une modeste cabane forestière, genre la chaumière des sept nains.
A propos, de nains, la comparaison tombe plutôt bien car c'est celle d'un nain : Mime - et non, son nom de famille n'est pas Marceau.
L'homme ne nous est pas inconnu car il est le frère d'Albérich, l'ex dictateur de la Moria; c'est par ailleurs lui qui a conçu le fameux heaume qui rend invisible.
Bref, le bonhomme essaye de forger une épée. Apparemment, quand on forge il faut se plaindre pour rendre le fer plus dur car, il ne fait que cela. Remarquez, il faisait déjà cela quand il était esclave de son frère, comme quoi ...

Bref, il n'arrive à forger une épée de première classe et on comprends vite pourquoi.
Voilà, qu'arrive l'éponyme Siegfried. Il est blond, il aime la nature, il est jeune et c'est un gros con.
Le voilà qui lâche un ours - scène souvent comique en mise en scène - sur son pauvre nain de tuteur. En tant que vrai jeune pourri/gâté, il lui annonce qu'il ne rappellera pas l'ours si jamais Mime n'a pas forgé son "épée de ouf malade". En gros : "je continu de pas faire mes devoirs et de faire chier tout le monde si tu m'achètes pas le dernier Call of Duty."


Siegfried est le type même du punk, du blouson noir qui ne passe à la maison familiale que pour dormir - éventuellement y manger.
D'ailleurs, il le dit de suite : "Ouai, je sais que tu n'es pas mon père alors je t'emmerde. Fais-moi une épée de ouf et je me casse d'ici. Tiens, au fait, le Yop je t'ai dit de le prendre au chocolat, pas à la framboise ! Non mais c'est quoi cette baraque ! Puisque c'est comme ça, je me casse faire mon rebelle dans la forêt."

Le père Mime en a un peu marre de se faire maltraiter par un sale gosse - on le comprend - qui n'est même pas le sien. Il décide donc de forger à nouveau l'épée du père de Siegfried; vous vous souvenez le taré qui tue à tout va, décroche des épées des arbres et je ne parle pas de ses relations sexuelles.
Mais tout en forgeant, il se souvient que Fafner, le géant qui possède l'anneau, veille sur son trésor non loin de là - tiens donc !
Le problème est que le dit géant s'est transformé en dragon - tout aussi géant. C'est pour cela qu'il élève - si on peut dire cela - Siegfried et larbine à lui forger une super épée : pour qu'il aille tuer la bête et ensuite récupérer le trésor.

Car oui, nous l'avons déjà vu mais il faut bien le répéter : l'ami Siegfried, en plus d'être caractériel, est bel et bien un peu con, voir totalement benêt. Connaissant son patrimoine familiale, je suis sûr que cela ne surprendra personne.
Mais tout débile qu'il est, il vaut mieux s'assurer de sa mort, histoire de profiter seul du trésor et de ne rien ébruiter.
Alors que son plan machiavélique se forme et que l'épée reste au point de bouilli métallique, voilà Siegfried le neuneu qui revient dans la maisonnée !

(A suivre)

PS : Pour ceux qui se soucient du sort de Sieglinde, oubliez-là; elle a, en effet, autant d'importance que dans l'opus précédent. En plus, elle est morte en mettant bas - vu, le caractère bovin du héros éponyme, je pense que c'est le mot juste.

samedi 27 avril 2013

Île déserte.


Bioshock Infinite... Bioshock...

J'avais déjà parlé de Bioshock dans ces pages (ici-même) : un univers envoûtant, un scénario adulte et intelligent, une beauté à tomber, des musiques du même acabit, etc...

Deux ans que j'attendais ce nouvel opus. Deux ans de rêves et d'attentes mille fois imaginées.
Pour le VIP, je viens juste de finir le jeu car ayant des révisions sérieuses ( ça arrive! ) je ne pouvais jouer toute la journée; bref, maintenant voilà le verdict.



Une beauté qui dépasse tout. Jamais je n'ai encore joué à un jeu qui rivalise avec. Les colibris volent librement dans des jardins luxuriants, les visages sont expressifs et uniques. On ne joue pas à une vulgaire succession de pixels, nous sommes bel et bien présents dans la ville. Les lumières sont chaudes, vivantes; on sent qu'il y a un soleil, un vrai, à l'horizon et non pas un néon géant.


Une histoire digne des plus grands films. On ne joue pas à un jeu (un FPS), on participe à une histoire épique, nous sommes les acteurs d'un film. Le scénario est intelligent et surtout prenant comme jamais.
Il y est question de religions, de liberté, de politique, de choix, de fatalité et ainsi combine à la perfection mélancolie et espoir.


Encore une fois, les décors, l'atmosphère, tout est là pour être immergé jusqu'à noyade dans ce nouveau monde qu'est Columbia. C'est grand, c'est beau et surtout c'est vivant. Ce ne sont pas de grandes maps vides, on imagine très bien la vie en plein essor dans ses rues.
On veut y rester, on veut être partie entière de cet univers.


Si il faut donner un point négatif à Bioshock, il faut avouer qu'il est un peu facile mine de rien (en mode normal, ensuite, ça se corse bien), mais cela permet de le refaire pour mieux tout débloquer et refaire le jeu pour en comprendre les mille subtilités.
Heureusement, pour les furieux, il y a un mode 1999 à débloquer.


Et puis bon, Elizabeth change des sidekicks idiots, marrants et/ou inutiles que l'on trouve d'habitude. Elle est humaine, attachante et mignonne (il faut le dire). Surtout ce n'est pas Booker (vous), ni Columbia qui sont les héros de l'histoire mais bel et bien Elizabeth.

D'ailleurs, il faut absolument parler de l'histoire. Très riche et travaillée mais chut ! On ne peut en parler sans dévoiler tout l'intérêt du jeu.


mercredi 24 avril 2013

Tourbine.


C'est officiel, avec les révisions qui commencent à prendre de plus en plus de place - genre chat obèse qui aime s'étaler sur ton lit quand vient l'heure de se coucher -, je vais devoir réduire quelque peu la cadence des  articles imbéciles.
Ainsi, jusqu'aux examens (mi-Juin), il n'y aura seulement un parfum vanillé que tous les trois jours.
Que voulez-vous, il faut bien que je me fasse une vie à un moment donné !
A très vite du coup et profitez du soleil.
Salucofagos.

dimanche 21 avril 2013

Plaudite, acta est fabula !


Elle lui sourit.
Elle n'arrête pas de lui sourire.
Elle le fixe des yeux, le suivant comme un tournesol accompagnant la course du soleil.
Elle ne quitte pas, ne dévie pas de l'axe de ses prunelles. Immobiles, ses prunelles s'animent de mille étincelles.
Il tourne la tête, elle l'accompagne du regard et attend qu'il revienne.
Elle se rapproche. Son corps, sans le lâcher du regard, s'achemine vers le sien en douceur. Presque imperceptiblement.
Elle penche légèrement la tête sur le côté comme si elle voulait qu'il l'embrasse dans le cou. Même ainsi penchée, son sourire ne tombe pas d'un centimètre et reste bien en place, bien en vue.
Elle appuie ses paroles de sa main contre lui, discrètement mais sûrement. Elle tapote, elle effleure mais rien ne s'affirme.
Il recule légèrement pour se caler dans sa chaise de bar, elle ne lâche rien.
Fera-t-elle quelque chose ou va-t-elle se contenter de ne rien faire et d'envoyer des signaux pour la plupart uniquement déchiffrables par elle ?
Un peu après, voilà que le manège recommence mais auprès de quelqu'un d'autre. Une autre jeune fille a même pris sa place à quelques dizaines de centimètres du jeune homme.
Comme quoi, suivant les lentilles que l'on s'applique, même la plus immonde partouze du cap d'Agde peut paraître belle et romantique.

vendredi 19 avril 2013

Chapitre XXIII : Pandi panda pandouille niquedouille.


Sur le pont, l'air était doux. Une légère brise déposait des cristaux d'eau de mer sur le visage de Jack. Il était seul dehors à regarder s'éloigner cette terre qui était devenue sienne.
Il n'y avait plus rien pour lui là-bas désormais. Des souvenirs, une maison vide, tout un carton de Froufrou magazine... Il y avait également tout une armée de fonctionnaires de l'immigration, de la criminelle et de la protection du patrimoine qui le recherchait mais Jack étant le Jack London des temps modernes, il préférait voir le côté romantique de son départ.
Victor Hugo partant en exil, Louis XI rejoignant le Dauphiné, Frodo fuyant devant le balrog.

Souvent, sa mémoire se rappelait à lui. L'odeur du souffre et les cris de la bête ailée. Les flots de sang noirâtre et visqueux alors que Jack appuyait sur le pommeau comme si il voulait lui-même s'enfoncer dans l'animal.
L'impression que le temps s'était arrêté pour une infime éternité; un temps au goût amer et cuivré du sang. Seules les sensations restaient, son esprit avait occulté Franz se débattant dans les airs de douleur et la chute. Quand il rouvrit les yeux, la forêt, silencieuse, baignait dans la lumière du soir. Quelques oiseaux gazouillaient et une famille de panda mangeait le cadavre du dragon. Jack n'en fut pas choqué; il savait que ces adorables petites boules de poils avaient l'air gentilles au premier abord mais se révélaient être de vraies saloperies quand ils ne dorment pas. Jack revoyait son adolescence perdue; pas pour le carnivore sauvage mais pour le vieux jeune qui quand il ne dort pas, passe son temps à faire chier son monde alors qu'il mesure 1m47.

Une nouvelle vie s'annonçait pour lui dans son pays d'origine. Il la voyait déjà : star à Hollywood. Hollywood, il y sera par contre il devra survivre à la pire prison de la côte ouest et pour cela affronter El Bambo Chicano et son armé de moustachus ninjas.
Le chemin jusqu'au lycée Malibu Fucking Beach était encore long pour notre héros des temps modernes. La traversée s'annonçait périlleuse, l'arrivée mouvementée et la suite épique.
Tout ça pour finir balayeur-philosophe dans un bahut californien.

Plus la côte s'éloignait, plus la jambe de bois, la douteuse hygiène buccale, la prothèse crochet et le strabisme convergeant du capitaine occupaient l'esprit de Jack.
Ses nouilles sautées au crabe n'aidait pas mais son chakra orienté sur la vibe à Paulo lui laissait l'impression que la traversée du Pacifique allait être riche en événements.
Heureusement, les 9 familles et 12 caisses d'armes à l'abri dans la soute pouvaient toujours servir en cas d'ennui et d'ennuis.

mardi 16 avril 2013

Lay down your burdens.


Pour commencer, clique là-dessus, jeune foufou de l'internet.
Au cas où, tu serais plutôt un vieux foufou, je te le remet : Passacaglia de Bear McCready.
Vous l'avez peut être entendu dans une merveilleuse série que je porte en mon cœur, vous l'avez sans aucun doute déjà entendu lors de la lecture de ces pages, mais n'y a t-il pas plus belle, envoûtante et douce mélodie que cette passacaille de Bear McCreary ?

Cette douce berceuse qui nous retiens ad libitum, comme si elle contenait en elle toutes les nuances de la vie.
Elle monte, puis retombe aussi doucement qu'elle est venue comme mille et une vagues.
Il suffit de se laisser porter, le reste n'a après plus aucune conséquence.

dimanche 14 avril 2013

Tu l'as vu, tu ne l'as pas eu.


On voit fleurir de plus en plus sur la toile, et en particuliers sur les réseaux sociaux - pour ne pas dire le réseau social - les spotted.
Ce truc où chacun y va de son petit mot parce que ses hormones ont flashé sur la bonasse du coin.
On dit souvent que le hommes ont une bite a la place du cerveau - personnellement c'est faux, ma moelle épinière s'est malencontreusement reliée à mon appendice génital à la naissance, suite à un claquement de fesses trop brutal de la part de la sage-femme - mais cela semble être vrai car bizarrement les post sont rédigés à 90% par des hommes.

Cela semble faire rêver les foules de penser croiser l'amour de sa vie au détour d'une rame de métro, entre deux musiciens Péruviens. L'aventure est au coin de la rue, mais c'est dur d'être Michel Strogoff à Vélizy-Villacoublay.
En fat, il y a très peu de chances de revoir la personne, surtout si tu ne fais que de l'observer comme un pervers et ne va pas l'aborder.
Tout d'abord, parce que dire "tu étais dans le train de 16h50, tu étais brune et bonne" n'est pas vraiment la fine fleur de l'art descriptif. Et surtout parce que la plupart des gens ne regardent pas ce genre de pages sérieusement. D'ailleurs, cela va bien avec l'esprit des messages qui jouent souvent la dérision, la verve ringarde et le romantique éventé.
Voyons surtout que lire "j'ai pas arrêté de te mater; je ne pouvais plus m'arrêter. Tu m'as rendu fou, je veux passer ma vie avec toi" cela fait légèrement flipper. On ne risque pas de choper grand chose.

En fait, c'est la version moderne du collégien "tu veux sortir avec moi ?", vous savez la phrase que tout le monde disait mais qui ne marchait jamais - sauf peut être pour les play-boy du bahut.
Et bien en fait ici on fait exactement le même chose mais avec la sécurité de l'anonymat.
C'est donc la version adolescente - il faut reconnaître que passé 23 ans tu ne vas pas aller mettre de message spotted - de la lettre d'amour anonyme que, timidement, tu glissais dans l'agenda de ton amoureu/x/se secrèt/e à l'abris des regards pendant la récrée.
Avant il y avait Guy Debord et La société du spectacle, désormais il y a la société de l'ennui qui déborde...

vendredi 12 avril 2013

Deux stations.


Il fait horriblement - adverbe- chaud dans le métro. C'est le voyage le plus important - superlatif - du mois; la sueur produite en vaut la fin.
Mais dans la rame, le sort nous frôla de près. Nous, petits phonèmes anonymes se laissant emporter par le train-train de la RATP; Nous, hommes de tous les jours, nous vîmes écrasé par l'imposante présence d'un autre élément, si proche et à la fois si distinct. Un verbe, voilà ce qu'il était !Un gros verbe peu élégant à côté duquel nous n'étions rien, ou pas grand chose.
Il était gros,il n'avait pas l'air d'une propreté irréprochable et il était merveilleux de voir comment son regard bovin et sa fixation sur un point lointain et non-identifiable combinés lui donnait un air de gentil pachyderme. Le genre d'animal broutant gentiment dans la savane alors qu'autour les gnous s'affolent et les lionnes pourchassent.
D'ailleurs, à propos de brouter, la bête faisait aller et venir sa main entre une de ses poches ventrales et sa bouche.
Des cacahuètes, l'imposante figure se nourrissait de cacahuètes. Ce n'était donc pas un animal libre et insouciant mais bel et bien une bête de zoo se nourrissant paresseusement des graines bien volontiers envoyées par les enfants.
Son énorme main plongeait mécaniquement dans sa poche et remontait tranquillement vers sa bouche. Combien de fois a-t-il répété ce geste entre les 3 minutes séparant deux stations ?
Il sentait la sueur, il mâchait doucement comme si des dizaines de petites molettes les réduisaient à néant impitoyablement avec un sadisme éhonté. Ouvrant de temps à autre la bouche, une odeur rance de cacahuètes se dispersait dans le wagon.
De sa poche, on pouvait deviner le paquet de cacahuètes aux couleurs criardes et au packaging bâclé; le genre de produits premier prix acheté à la va-vite.
Un examen approfondi de l'animal aurait été du plus bel effet mais les obligations de ma petite vie de phonème me rattrapèrent à l'ouverture des portes sur ma station.
Chaque wagon de métro est un safari peu cher.

mardi 9 avril 2013

Die Walküre 2/2


Nous avions déjà vu Wotan et ses aptitudes géopolitiques pour dominer le monde équivalentes à celles des moules marinières normandes. Eh bien, nous le retrouvons de nouveau; pour une fois il ne pionce pas mais il glande. Techniquement, il se ballade dans la forêt avec sa fille préférée Brünnhilde.
Car oui, le vieux pépère, à part pioncer et se croire le roi du monde, aime aussi beaucoup engrosser tout ce qui passe. Nous le reverrons un peu plus tard, mais d'ores et déjà sachez que Brünnhilde et ses sœurs walkyries, qui sont quand même 7 ou 8, sont toutes filles illégitimes d'Odin.
Ainsi donc Wotan fait sa petite ballade dominicale tout en s'occupant de ses affaires, car oui, ses filles sont également employées/larbines dans son entreprise. En gros, ils flippent de la vengeance d'Albérich, donc il charge ses filles, tel un vil macro de Montrouge, d'aller chercher des guerriers -morts- pour sa milice privée. Ainsi, il charge Brünnhilde de faire gagner le clochard-lover incestueux, Siegmund

Du coup, Fricka, la femme légitime - il en faut bien un peu - déboule en gueulant mais laissons-place aux mots :
« Oui, c'est quoi ce bordel ? Comment ça tu veux faire gagner machin; le mec qui est au-delà de toute moralité alors que tu es le Dieu de la loi si j'ai bien lu le panneau sur la porte de ton bureau ?
- Non mais, je fais ce que veux ! C'est quand même moi le papa dans le coin ! Si ça m'amuse de favoriser de gros dégueulasses !
- Oui, tu dis ça parce qu'en fait les deux humains sont tes enfants ! (oui, il fout vraiment partout)
- Mais chérie, voyons, je suis un homme libre et tu es une femme moderne, et puis
- Oui, oui, je commence à connaître. J'ai au bout du fil un mari trompé qui demande vengeance pour la loi bafouée; loi dont tu es le défenseur. Donc tu vas me faire le plaisir de buter ton immonde semence à la place , et fissa !
- Ouai, ba... eh ba..
-Ouai; c'est ça : ta gueule ! »

                                   

Alors que le duel fait rage, Brünnhilde essaye de convaincre Siegmund de se laisser tuer mais le bougre, pour une fois pas trop con, rechigne quelque peu. Au final, elle décide de le sauver car bon c'est son demi-frère et puis elle a un peu pitié de son père; elle pense qu'il se fait légèrement manipulé par sa femme, ce qui n'est pas faut en soi mais elle voit pas trop la décrépitude de son vieux.
Mais alors qu'elle va faire gagner Siegmund, Wotan arrive et le tue. Du coup, Brünnhilde commence à flipper et s'enfuit avec la mère Sieglinde.
Wotan pendant se temps-là tue également Hunding, histoire d'affirmer au monde que même les petits vieux gâteux peuvent être dangereux.

Brünnhilde avec Sieglinde et son cheval (oui, c'est la classe!) va trouver refuge auprès de ses sœurs walkyries. Ces dernières passent la moitié de leur temps à brailler les noms de leurs chevaux ailés et entre Gros Dada et Baltic Baroness, Brünnhilde comprend vite qu'aucune d'elles ne veut l'aider à planquer machine.
Brünnhilde étant la sale enfant gâtée de la famille, elle trépigne mais sans succès. Sieglinde, quand à elle, veut se suicider mais décide qu'il est plus sage de ne pas le faire quand on lui annonce qu'elle est enceinte de son frère...
A propos de papa, voilà le vieux Wotan qui déboule alors que les walkyries s'enfuient par les traboules. A peine le temps, de mettre Sieglinde sur son cheval et de l'envoyer au loin, Brünnhilde se retrouve face à face avec son géniteur.
Du coup, sa gueule sec. Ça passe du "je vais te laisser à poil dans le nature, livrée au premier venu" au "bon, finalement je vais te cryogéniser et lancer une malédiction type Belle au bois dormant".
Ainsi, Wotan toujours un peu gâteux se laisse et convaincre par sa fille et la dépose endormie sur un rocher protégé par le feu dont seul un vrai héros - ne craignant pas le beau-père - saura traverser.

La suite bientôt, dans un nouvel épisode rempli de jeunes hippies un peu bête et consanguin, de belle au bois dormant punk et de dragons narcoleptiques.

dimanche 7 avril 2013

Les nuages et les poissons-volants.


Comment s'était formée cette rue flottante? Quels marins, avec l'aide de quels architectes, l'avaient construite dans le haut Atlantique à la surface de la mer, au-dessus d'un gouffre de six mille mètres? Cette longue rue aux maisons de briques rouges si décolorées qu'elles prenaient une teinte gris-de-France, ces toits d'ardoise, de tuile, ces humbles boutiques immuables? Et ce clocher très ajouré? Et ceci qui ne contenait que de l'eau marine et voulait sans doute être un jardin clos de murs, garnis de tessons de bouteilles, par-dessus lesquels sautait parfois un poisson?
Comment cela tenait-il debout sans même être ballotté par les vagues?
Et cette enfant de douze ans si seule qui passait en sabots d'un pas sûr dans la rue liquide, comme si elle marchait sur la terre ferme? Comment se faisait-il...?

Supervielle, J. «L'enfant de la haute mer.» dans L'enfant de la haute mer; Gallimard folio, 2011; p.7-8

jeudi 4 avril 2013

Vade retro !


L'aventure est au coin de la rue, nous le savons tous. Ainsi, voici un nouvel épisode d'une platitude inouïe. N'avez-vous jamais croisé au supermarché local un genre très particulier de personnes, ces personnes que l'on remarque tout de suite au milieu des vieux ? Les gens un peu trop heureux.
Vu dans la faune des grabataires, des jeunes couples réservés et des bobos faisant la gueule : la fille qui parle fort en rigolant tous les deux mots et qui discute tranquillement avec caissiers et vendeurs pendant le rush. Bref, le type de personne qui pense le quotidien façon grosse marrade.
Un peu plus loin, elle veut aider une petite fille qui aide son papa a placer les courses sur le tapis. Elle lui parle comme si c'était sa propre fille - c est a dire comme une idiote, à base "oh choupinette" - et essaye de dire des choses sur les enfants au père entre deux rires. Ais-je besoin de préciser que le père lui répondit en un sourire mais entre deux coups d'œil inquiet vers sa fille il continua de poser le papier toilette et les poireaux sur le tapis.
Non  mais c'est quoi ces gens ?
Le genre de personne qui énerve tout le monde. Déjà que ce trop plein de bonne humeur est chiant mais c'est surtout le fait que la personne l'expose à tous sans aucune vergogne. Ce n'est même pas l'expose ; à ce moment les fameux amoureux sur les bancs publics - sont maintenant devenus des tripoteurs sous les portes cochères - sont du même acabit mais ce n'est absolument pas le cas. En fait, c'est cancrelat de supermarché, ils vous imposent leur foutu bonne humeur. Comme si les amoureux venaient copuler dans votre salon alors que vous voulez regarder Hercule Poirot avec des cookies à la crème.
Comme quelqu'un avec son téléphone dans un train bondé, vous subissez un environnement qui n'est pas des plus épanouissant et vous vous tenez sur vos gardes pour surveiller vos voisins qui peuvent faire empirer la situation. Et là, quelqu'un brise votre morosité. Cette personne voit en votre cauchemar quotidien un grand rêve rempli de rires et d'arc-en-ciel.
Si on s'impose comme cela quand on pleure ou que l'on est énervé - ce qui arrive souvent - cela va avec le décor. Mais de la joie et de la bonne humeur infantile, merde !
Je suis sûr que lorsque ces gens meurent, ou signent un pacte avec le démon, se sont elles qui deviennent des clowns maléfiques.
Ah les salopards ! Prenez garde, les supermarchés sont l'anti-chambre de l'apocalypse !

mardi 2 avril 2013

Die Walküre (1/2)


Alors on se souvient que dans l'opus précédent, nous avons laissé des dieux fainéants aller se pieuter après avoir arnaqué ( ou en tous cas, essayé ) la terre entière.

Eh bien, l'ami Richard ne nous laisse même pas le temps de dormir avec cette Walkyrie car tout commence avec un mec en fuite.
Courant dans une forêt de nuit, sans armes et à moitié à poil - décidément, il ne lui manque plus qu'un boulet au pied et un uniforme de bagnard - l'homme cherche manifestement à échapper à la police. Encore un jeune délinquant !
Étant pas d'une élégance et d'une éducation des plus fine, mais nous verrons cela plus tard, le bonhomme voit une cabane d'où provient de la lumière et le plus naturellement du monde, il entre, dégueulasse les tapis avec ses bottes crottées et tape un roupillon sur le canapé. Un vrai roumain !

Pour une fois, dans une histoire allemande, ce ne sont pas des ours qui se trouvent dans cette maison mais une jeune fille : Sieglinde. Enfin, la maison n'est pas à elle mais comme une bonne femme au foyer elle sait rester à sa place. Une vraie femme !
Machin se réveille, ils papotent genre "vous n'allez pas me violer, Monsieur Chelou ?", elle lui donne à boire et hop, l'amour entre les deux née. Deux vrais lovers !
On apprend que la maison appartient à un certain Hunding, qui est un peu le tenancier de la région; en gros c'est le seul qui détient un semblant de cabanon en cagette au milieu de la forêt. Un vrai paradis.


Mais, sûrement à cause de l'eau, le délinquant se met à divaguer. Il annonce qu'il s'appelle Friedmund, puis Wehwalt selon son humeur. C'est un peu les 7 nains à lui tout seul : Grincheux le matin, Assoiffé le midi et Clochard le soir.
Il est schizophrène et il cherche vraiment à ne pas être connu, tel le pire des Argentin d'origine allemande.
Mais voilà que le maître des lieux, Hunding, arrive. Plutôt bonhomme, de trouver sa femme avec un bellâtre à l'allure, le mec se la joue à l'ancienne en mode "vas-y poto, installe-toi dans le canap'; on va se mater le foot et bobonne nous apportera de la bière". Chez Hunding, encore mieux que le cap d'Agde !

Là, l'ami un peu détraqué raconte son histoire : homme sauvage élevé par un vieux fou à moitié-loup, il retrouve un beau jour sa cabane cramée et sa sœur et son père disparus; bref il se retrouve un peu comme un con. L'évènement ayant dû aggraver sa santé mentale déjà défaillante, le bonhomme parcourt le monde voulant taper sur n'importe qui par vengeance.
Étant un peu taré, voir complètement défaillant de la soupière, le gazier s'étonne d'être poursuivi pour avoir tué la moitié d'un mariage parce que la fille n'aimait pas son fiancé. Manque de bol, Hunding apprend à tous que justement il était sorti pour prêter main forte à des cousins - c'est un peu manoucheland par ici - qui veulent se venger d'un mec mi-clodo, mi-taré qui a buté quasiment toute la famille à un mariage.

Étant civilisé, lui, et surtout un peu bourré, Hunding lui donne rendez-vous demain matin pour un duel et lui laisse donc l'hospitalité pour la nuit. En attendant, Sieglinde verse du sédatif dans la flasque de nuit de son mari et rejoint Friedmunt/Wehwalt qui chouine dans le jardin.
Et là, c'est l'éclate : les deux sont en fait, le frère et la sœur séparés et le vieux papa est passé incognito pour planter une épée dans un arbre, ni-vu, ni-connu. En forçant , un peu Wehwalt arrive à récupérer l'épée de papounet mais là c'est le drame. La famille aimant nommer les choses à tire larigot, il décide d'appeler son nouveau jouet Notung ( détresse ), histoire d'en rajouter une couche, et sa sœur le renomme Siegmund.
Sous cet avalanche de noms propres et de nouvelles joyeuses, nos deux cocos pour célébrer cela ont décidé de copuler furieusement dans la joie au milieu du jardin. Et vive la vie !

La deuxième et dernière partie très bientôt.

samedi 30 mars 2013

Vox Populi.


Je sais, vous vous dites : tiens, voilà deux jours que le dernier article est paru, il devrait bien y avoir un nouvel article ce week-end !
Ah mais, n'oublions pas que c'est un gros week-end de détente à Pâques; même la crétinerie doit se reposer un brin.
Du coup, aujourd'hui vous avez seulement le droit à ce petit mot soulignant ma fainéantise.
Surtout que le nouveau Bioshock vient de sortir donc bon... D'ailleurs, je vous rassure j'en parlerai très prochainement.
En attendant, je suis sûr qu'il y a tout plein de vieux messages que vous n'avez pas lu, alors pourquoi ne pas profiter de ce grand week-end pour explorer un peu les archives ?
En tous les cas, profitez.
Salucofagos.