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mardi 10 juin 2014

Chapitre 15 : Taupe secret.


Le sanglier broutait tranquillement la terre ocre. Peut être cherchait-il quelques pommes de terre, en tous cas il ne semblait guère préoccupé par la présence de Jack.
Jack commençait à sentir les douleurs occasionnées par l'aimable population du château mais il ne pouvait bouger d'un centimètre. Un sanglier est pareil à un pilier de bar alcoolique : si on le dérange on s'expose à une violente réaction.
- Ça ne bouge pas, c'est mou du genou tout ça ! Musique, s'il vous plaît !
A peine Krazu avait-il braillé ces mots dans sa plus belle voix de la Comédie française que les hauts-parleurs diffusèrent des accords pour scouts débutants. Le sanglier leva la tête, interloqué. Puis une voix vint s'ajouter aux notes dégoulinantes. Le coeur de Jack s'arrêta car il ne savait que trop quelle était le nom de cette bouillie nasillarde : c'était Fauve. La bête ne s'y trompa pas et entra dans une violente rage. Son cri couvrit les hauts-parleurs, de la mousse surgit de sa gueule et s'élança rageusement.
Jack grâce à ses études sur l'oeuvre de Carl Douglas réussit à éviter sa charge furieuse.
Alors que le sanglier allait charger de nouveau, Jack se tourna vers lui et mit un genou à terre. Il plaça son bras en avant et fit un étrange signe avec ses doigts. Krasucki découvrit avec grand étonnement que Jack Médecin était aux animaux ce que la Maratrucha était aux concours d'ombres chinoises. L'animal approcha doucement de notre héros. Il vint renifler calmement les doigts de Jack, puis s'agenouilla devant lui.
Krasucki restait impassible alors que ses sbires huaient la scène tels de jeunes mélomane à un concert de Lara Fabian.


Une autre porte s'ouvrit au bout de l'arène. Le sanglier prit peur et alla instantanément se réfugier d'où il était venu. Alors que rien n'était encore apparu, les gradins avaient troqué le folie destructrice pour un brouhaha euphorique. C'est alors qu'un homme sortit de la pénombre. Il avançait doucement; ses muscles se dévoilèrent en premier avant que la lumière des torches ne révèle son visage : c'était Tong Po.
Il y a bien longtemps, jack avait connu Tong Po alors qu'il résidait aux Philippines. Tong Po faisait la tournée des salles de combat et Jack faisait la tournée des ballons de sangria. Tong Po était un vrai guerrier, que ce soit sur l'arène ou quand il recherchait une bonne baise. C'est d'ailleurs ainsi qu'ils se rencontrèrent souvent au Maï Li, le bordel à la mode, non pas de Caen mais de Bayan Ng Coron. Au Maï Li, aucun des deux ne couchaient sur place mais c'était l'occasion de grandes fêtes. Mais suite à un coup mité, Tong Po dut repartir pour la Thaïlande.
Jack reconnu immédiatement son ancien compagnon de beuverie. Son visage amical et doux n'avait pas changé en ses traits. Tout autour, ses muscles s'étaient un peu relâchés sous l'effet du temps mais Jack devinait toujours le puissant combattant qu'il était. Par contre, il sentait aussi que Tong Po sentait le Tong Pol Remy.
Mais sans qu'il ait pu réfléchir à une quelconque stratégie, l'esprit déjà enivré par les parfums d'éthanol, Jack reçu la sandale du combattant à la figure. L'homme avait beau être à moitié à poil avec une sandale au pied gauche et un caleçon rouge en satin décoré de tigres, il ne rigolait pas.
Tel Dany Boon sur un mauvais scénario, Tong po se jeta sur Jack avec fureur. Un terrible corps à corps prit place. Krazu se délectait de voir Jack sans défense.
Jack ne se débattit pas et semblait glisser telle une anguille sur Tong Po. Le guerrier des arrières-cours d'opiumeries essayait de le saisir afin de lui briser la nuque mais son corps suintant l'alcool des jours précédent favorisait Jack. Tong Po commença a pousser des cris et voulu s'échapper mais désormais c'était notre héros médecin qui le tenait; il le tenait fermement et, chose étrange, lui léchait le corps.
Soudain, un éclair aveugla les spectateurs et dans l'arène, Picheman se tenait fièrement debout, un pied sur le corps de Tong Po évanouit.

(A suivre)

lundi 12 mai 2014

Jack Médecin. Première intervention : un récit médicinal.



"Tout n'est que mensonge. La seule vérité que l'on peut entendre dans ce monde est le prix d'un verre quand le barman vous demande de payer."
Cette note fut retrouvée dans un carnet du jeune Jack Médecin après sa disparition du campus d'Ingolstadt.

Après une adolescence banlieusarde et un bac tout aussi médiocre, le jeune Jack s'inscrit en médecine et partit pour la Bavière. Tout se passa pour le mieux jusqu'en décembre.
Alors que les premiers examens arrivaient et que le vent et la neige prenaient possession de la ville, les camarades lui firent découvrir une tradition locale : les brauhaus; ces énormes brasseries où la bière coule par litres jusqu'au petit matin entre charcuterie et fumée de cigarettes.
Le jeune étudiant fut ébloui par tant de chaleur et de chopes pas chères. Petit à petit, il vint de plus en plus souvent en ces lieux et surtout de plus en plus seul.
A l'université, ses notes commençaient à chuter dramatiquement. Les professeurs ne l'appréciaient guère car depuis peu Jack remettait constamment en question le contenu des cours. Même ses camarades s'éloignaient de lui : il était de plus en plus solitaire et il avait même refusé d'entrer dans la confrérie Kopf und knochen.
Quand il n'allait pas rêver et oublier d'étranges idées noires au fond des verres, il se passionnait pour l'étude du foie et du système digestif. En fait, seul Herr Ude son professeur dans ces matières le voyait souvent. On pouvait même les apercevoir ensemble dans un coin reculé de la brauhaus de la grande place. Ils venaient régulièrement et avaient des conversations passionnés que les sons de la joyeuse clientèle rendirent secret à jamais.
Un soir de Janvier alors qu'un sale temps hivernal soufflait sur la ville, le professeur Ude fut retrouvé assassiné dans une ruelle. Après enquête, la police conclut à un meurtre crapuleux et fait étrange : à l'intervention d'un maniaque qui une heure ou deux après le décès découpa et emporta les viscères du malheureux.

Hanz-Hubert Katzfried était un jeune étudiant de 19 ans. Ne suivant pas le même cursus, il ne connaissait Jack Médecin que comme voisin de chambrée, et seulement de vue. Dans le grand hall baroque, il n'y avait que peu de résidents dans les 16 chambres du grand couloir aux voûtes boisées. La crise immobilière que la région subissait depuis quelques années avait libéré de vastes appartements en centre-ville. A cent mille lieues des couloirs sombres et oppressants de l'université, beaucoup d'étudiants avaient choisis les maisons bourgeoises de l'hyper-centre. Ainsi, seuls un étudiant chinois, un fribourgeois, Hanz-Hubert et Jack qui occupait la chambre voisine, occupaient le premier étage de l'aile ouest. Cette année, la neige et les forts vents du Nord balayèrent la ville jusqu'à mi-avril, Hanz-Hubert comme beaucoup ne sortait que peu afin de ne pas affronter la tempête, il ne s'étonnait donc pas de ne pas voir souvent son voisin. Quelque fois, il entendait d'étranges grognements à travers le mur et les lambris. Certaines nuits, ces grognements s'accompagnaient de cliquetis de verre et d'un petit rire à peine camouflé.


Durant la fin février, une atmosphère de plomb s'était abattue sur les couloirs de l'université enneigée : plusieurs personnes furent retrouvées mortes dans la ville et des vols d'organes avaient été constatés au sein de l'université.
Lors d'une nuit où le vent rugissait à l'extérieur, la cloche de l'université se mit à sonner furieusement : un feu s'était déclaré dans le bâtiment à cause d'un coup de vent qui fit tomber des bougies sur des rideaux.
Hanz-Hubert rassembla deux, trois affaires et sortit de sa chambre. Alors qu'il allait suivre ses compagnons de dortoir, il entendit des bruits provenant de la chambre voisine. Son occupant ne semblait pas vouloir évacuer; pire, il ne semblait pas entendre la cloche de détresse.
Hanz-Hubert toqua à la porte mais seuls des grognements indistincts passèrent à travers la porte de bois. Le jeune berlinois essaya d'expliquer la situation et le fait qu'il valait mieux évacuer le bâtiment quelques minutes afin d'éviter une possible exclusion, mais avant qu'il ait pu avoir une réponse, un cri retentit alors que les sirènes des pompiers s'étaient jointes à la cloche.
La porte était fermée, elle ne céda que sous les coups répétés d'extincteur. Le vent du nord et la neige fouetta soudainement le visage du jeune étudiant. Quand il ouvrit les yeux, une sensation de terreur couru le long de sa colonnes vertébrale. Dans la pièce sombre, plusieurs appareils digestifs étaient entreposés sur des cintres. De longs tubes et tuyaux se glissaient entre eux, chacun semblait être relié à une grand cuve en amont et une autre en aval; et tous, bien qu'en dehors de tout corps humain semblaient vivants. La pièce sentait la brasserie en fin de week-end : elle empestait l'alcool et des dizaines de bouteilles vides d'alcool fort traînaient dans la pièce battu par le vent. La fenêtre était grande ouverte, Jack avait dû s'enfuir alors que sa porte allait être enfoncée. Il en restait plus que quelques cahiers et feuilles volantes non loin du petit bureau. Sur l'une d'elle, poussée par le vent, était griffonné sur toute sa surface un mot : Picheman.
La police et l'université firent fermer la chambre et l'affaire fut étouffée mais ils ne retrouvèrent pas les notes et les cahiers. Hanz-Hubert laissa la porte ouverte et se garda bien de dire qu'il avait pénétré dans cette pièce; il ne finit pas son année et personne ne sut vraiment ce qu'il advint de lui par la suite. Quand à Jack Médecin, c'est une autre histoire. Une histoire dont lui-même n'en connaît pas la fin.

dimanche 24 novembre 2013

Chapitre 14 : La boîte à Moujiks



Quand Jack Médecin rouvrit les yeux, le fait d'être allongé dans un somptueux lit à baldaquin ne le surprit nullement; le fait d'avoir mal au crâne par contre beaucoup plus.
De part ses hautes études ès cuites, Jack ne connaissait plus les douleurs matinales de la boîte crânienne. Sa tête résistait parfaitement aux assauts de litres d'alcool, mais n'avait aucun moyen de lutter contre des bottines de cuir taille 44.
Dans la pièce, une grande cheminée où somnolait une bûche embrasée se présentait à l'extrémité de la pièce. Au-dessus du manteau, il y avait un grand tableau.
Toute la pièce était faite de gros blocs de pierre grise. Jack se rappelait la fois où il avait été voir le Dracula de Coppola au cinéma avec sa petite-amie de l'époque. Il se souvenait surtout de l'obscurité et de la tranquillité de la salle de banlieue, permettant ainsi pelotage et galochage, mais tout de même quelques scènes lui revenaient en tête ; et pas que celles un peu dénudées.

Au-delà de la fenêtre, le vide et la fureur. Les murs plongeaient droit vers une côte rocheuse déchiquetée battue par l'écume et le vent. Il n'y avait rien à faire, ça n'allait pas être pas là que notre Jack allait s'échapper.
Au-delà de la grosse porte faite de fer et de bois - enfin, cela avait tellement l'air épais que l'on aurait dit que la porte était constituée de souches liées par une mine de plomb - des craquements de planchers se firent entendre.

Krasucki entra accompagné de deux gardes armés. Maintenant il revoyait d'Indiana Jones et le dernière croisade, mais sans la bonnasse blonde.
Sans un mot, Krazu lui asséna un coup de crosse. Quasi-inconscient pour quelques dizaines de secondes, Jack ne recouvrit pleinement ses esprits que pieds et poings liés sur une belle chaise rustique. Ni lui, ni Krazu et ses deux amis mono-faciaux n'avaient quitté la pièce.

- Alors Jack, toujours dans les coups fourrés ?
- Dans les fourrés tu veux dire.

Une mandale ne se fit pas attendre. Décidément, les nazis d'Indiana n'étaient pas loin.

-La dernière fois, c'était y'a quoi : 15 ans ? Tu as quitté le gang comme ça sans vraiment nous prévenir; on te connaissait solitaire mais tout de même... Même pas un petit texto d'adieu.
- J'avais laissé mon sac banane à l'appart; vous ne l'auriez pas fait exploser vous auriez eu un beau roman d'amour à insultes.

Deuxième mandale; les coups attendrissent la viande mais Jack, même en tant que Saint patron des carnivores, ne comptait pas se manger soi-même.
Redoutant de devoir se repayer un nouveau bridge sur sa deuxième prémolaire gauche, notre héros demeura silencieux.
Les deux gardes sur les ordres de Krazu arrêtèrent de faire figuration et accompagnèrent Jack toujours attaché comme le dernier des bagnards texans.
Arrivé devant une sorte de puits creusé dans le sol, au bout d'un couloir, Jack s'arrêta, se retourna et finalement se résigna à appeler un dentiste pour remplacer son bridge perdu alors qu'il tombait à travers les puits.
La chute fut rude mais la reprise de conscience également : Jack se trouvait dans une petite arène. Sur les gradins la surplombant, Krazu était entouré de plusieurs dizaines de personnes. Jack avait du public et il allait pouvoir faire son show. Par contre, si son adversaire était l'espèce de sanglier géant qui broutait à l'autre bout, le show allait être quelque chose. Jack n'avait jamais autant rêvé d'être un Obélix des temps modernes..

(A suivre)

jeudi 27 juin 2013

Chapitre 13 : Fumier Padme Hum.


Jack Médecin se réveilla les bras attachés à une bar de pole dance. Menottes en moumoute fushia.
Il avait toujours en tête l'image du meurtre de Paulo le pédalo, mais cette dernière se faisait mettre doucement à la porte de sa conscience à grands coups de savate par un mal de crâne agressif et conquérant.
Jack, médecin neurologue, en connaissait un rayon en mal de crâne : Vodka/whisky, lendemains vinassés ou bien le fameux mal de crâne d'after chez les hôteliers de nuit. Mais voilà, Jack avait beau être un spécialiste des maladies dues au réveil, le mal de crâne par coup de matraque sur la partie pariétale était une première pour l'animal diplômé.

Le lieu n'était que faiblement éclairé par des petites lampes dites "lounge" - à prononcer [la-inge] pour être à la mode ou vendeur chez Casa - mais Jack reconnu immédiatement l'endroit : le Bouddha Bar Mitzvah.
Un club pragois  à la mode où l'entrée restrictive se fait suivant un système de médailles. Un audacieux système que Jack et Eric Hamster avaient conçu quand ils détenaient l'endroit, qui à l'époque s'appelait El Pilonos.
Pour entrer, il fallait absolument s'être vu décerner une médaille. Suivant la couleur, vous étiez placé à des lieux différents avec une qualité de champagne/serveuses affriolantes/musique également différentes. Il y avait la médaille Hô Chi Minh d'or, la Hô Chi Minh d'argent, celle de cuivre et enfin la grande médaille de la Cool Story. Celle-ci étant la dernière, je vous laisse imaginer la soirée à base de Pol Rémy servit par Georgette, ancienne goûteuse de gratin dauphinois radioactif, le tout avec Cœur de loup en fond musical.
Mais cette époque n'était plus et c'était Don Kibboutz qui tenait désormais la place.

Après plusieurs minutes d'attente et quelques pensées pour les filles qu'il avait vu se trémousser sur cette même barre des années auparavant, une porte claqua en un son métallique au fond de la boutique. Des ombres difformes se faufilaient entre les tabourets velours à l'allure propre et les rideaux de lin et de tulle chamarrés.
Entouré par deux, trois molosses, Don Kibboutz se dirigeait vers Jack. C'était un homme au sens vestimentaire et olfactif très affirmé qui vaut le détour, ne serait-ce que pour l'éviter.
- Boris, apporte donc un rafraîchissement à notre ami.
Boris et son physique de chaudronnier Est-allemand surmonté d'un regard acier évoquant toute la poésie urbaine de Friedrichsfelde, apporta une gouleyante bouteille de Super Bock.
Jack aurait aimé gagner du temps et évaluer la situation qui, pour le moment, ne semblait pas en sa faveur, mais fidèle à des années d'études et de pratique, notre Siegfried de la chopine vida la 33cl en trois secondes.

                          

- Alors, ça va mieux ? Tu te sens comment mon vieux, parce que laisse-moi te dire qu'il va falloir augmenter un peu de niveau ? Tu sais un peu quand ton gâteau au chocolat ne cuit pas parce que tu n'as pas mis le bon thermostat.
Jack ne répondit rien, non pas par manque de médailles mais parce que le gaz de la Super Bock remontait de son estomac vers l'extérieur.
Comme tu sais, je suis un entrepreneur. je conduis mes affaires pour le bien de la société et pour mon bien être personnel. Tu serais venu me voir avant, la situation aurait pu être complètement différente. Enfin, comme on dit : quand la tatin est retournée, il faut la manger. Je ne sais pas comment ça va se passer mais je t'emmène voir M. Krasucki. Ça ne sera pas des plus agréables mais au moins tu vas finir par le voir ton Krazu. Salade bien nettoyée et égouttée est mère de sûreté. Alors, on dit pas merci ?

Jack laissa échapper encore une fois quelques bulles de gaz carbonique et avec sa respiration quelque peu saccadée, il dit en regardant Donald Kibboutz :
- Je pourrais ravoir une bière, garçon ?

Une belle conversation amicale qui se finit comme il se doit par un grand coup de taloche dans la maxillaire gauche.
Un sommeil immédiat pour Jack, qui adorait dormir et cocooner, mais cela annonçait également la remilitarisation du mal de crâne et donc une future blitzkrieg neuronale au réveil.
Jack n'en avait aucunement conscience puisque dans les pommes mais dans un coin de son cerveau médical, une ou deux synapses se demandaient où il allait encore bien atterrir et surtout si Don Kibbouttz allait continuer ses métaphores culinaires.

(A suivre)

lundi 13 mai 2013

Chapitre 12 : Triple Distilled Bastard. (numéro XXL)


Le timide soleil bohémien carressait tendrement le visage de Mounika et la tâche de moutarde du T-shirt de Jack Médecin. Hot dog avec alcool, hot dog avec tâches qui collent.
C'est dans ces réveils que Jack se sentait poète. Sous la douche, il sifflotait du Faust :
«Ah, paresseuse fille qui sommeille encore ! Déjà le jour brille sous son manteau d'or...». Sous la douche, il faisait d'autres choses mais restait toujours aussi poète.
Après les ablutions, Jack était en mode DSK : sans peignoir, sans rien.

Elle dormait toujours, un drap douteux couvrant son côté et son entrejambe. Jack, plus poète que jamais, repensait à Li Bai et à la Chine éternelle; sa jambe en équerre surplombait le reste de son corps tel le mont Hua. Jack ne pouvait s'empêcher de penser que ce paysage était en partie grâce à lui, vu comment il l'avait travaillé durant la nuit. Jack Médecin était aussi paysagiste/ terrassier à l'occasion.
Dehors, le soleil jouant avec les pensées de Jack montait également. Ses rayons faisaient les étranges et sombres clochers.
Il semblait faire bon et chaud dans les rues, et donc la bière bien fraîche. Peu importe les belles endormies quand les sources de fraîches petites bulles appellent l'animal assoiffé.


Telle la bête se faufilant dans les hautes herbes jusqu'à sa proie, Jack glissait sur les trottoirs pavés.
Il connaissait Prague comme une vieille amie; il savait pertinemment qu'elle était la vieille amie de beaucoup de monde mais comme on dit au cap d'Agde : "si il y a de la place pour les copains."
Il était tôt, trop tôt; le Hooters n'ouvrait pas avant 3 heures, c'est-à-dire à 17 heures.
A force de tourner la tête pour observer les locales jeunes filles en fleurs, notre héros matinale remarqua une ombre qui le suivait, or si il y a bien une loi médicalo-physique vérifiable et prouvée, c'est qu'on ne suit pas impunément Jack Médecin.
Malgré quelques tramways et plusieurs bars à bières à prix modiques et à filles un peu moins mais tout aussi rafraîchissantes, l'ombre était toujours sur ses talons, s'accordant sur le rythme fluctuant de ses pas.

Il se rapprochait de la place centrale de Prague, Mustek de cheval, son salut allait peut être se trouver là. Sur la place se trouvaient deux voitures de police et leurs officiers tout à côté.
Sans ralentir, Jack se dirigea vers un homme planté au milieu de l'étendue ouverte. Paco, dealer notoire, lui proposa mille et un produits; Jack fit semblant de s'y intéresser pendant que peu il se tournait pour mieux observer son ombre détachée.
Il n'a pas fallu longtemps à notre fier héros pour repérer les vautours qui lui tournait autour alors qu'il désirait simplment boire un verre.
Deux grands bonshommes, lunettes de soleil et blazers bleus électriques, de vrais allemands en vacances. Sauf que à Prague, d'habitude, les vacanciers regardent plutôt l'architecture ou les filles et non un Médecin nonchalant en T-shirt panda. Sans dévier du regard, ou tout du moins de la tête, les deux molosses s'avancèrent vers eux.


Après, la kétamine, la cocaïne et le M.D.M.A., Paco commença à proposer de l'eucalyptus cosmique spécial sniffage mais Jack commença à vite se diriger vers le vieux centre.
Il s'engouffra à toute vitesse dans les ruelles moyenâgeuses  vers un endroit sûr. Le premier endroit qui lui vint à l'esprit fut Le cochon joyeux, un bel endroit où la pinte n'est pas chère, les genoux de porcs gargantuesques et surtout où les membres du personnel étaient des amis.
Jack n'était pas peureux mais sous le soleil de 15h, au saut du lit et sans même une petite bière dans le ventre ses chances de high-kick et de 'Tiger-crush' se trouvaient réduites.
Jack savait être agile et rapide comme un jeune alcoolique lycéen dans une fête Malibu, et les rues étroites du vieux Prague allaient l'aider à semer les gorilles bariolés.

Éviter un touriste, sauter par dessus un clochard, contourner 10 anglais bourrés et beuglant (pléonasme), une petite tape sur de jeunes et délicates fesses au passage; courir au milieu de tout ça relevait de l'exploit sportif, et pas question de s'arrêter à la buvette.
Alors que la lourde masse touristique se levait, la tour poudrière commençait à poindre au bout de la rue. Un  ersatz de John Lennon couinait sur un son maléfique. Non loin du gugus, dans le dédale de ruelles devait se trouver une troupe de jeunes foufous, une demi-douzaine de beuglements résonnaient jusqu'aux oreilles de Jack Médecin.
Il courait toujours, il avalait le pavé sans faiblir, son souffle se faisait plus intense au fur et à mesure que ses pas s'allongaient.
Soudainement, ses muscles se raidirent et il s'arrêta, laissant son souffle comme seul mouvement. Ses yeux étaient fixés sur le dernier étage de la tour: Paulo le Pédalo s'y tenait.
Comme un éclair déchirant le ciel, Paulo tomba.
Comme un sac poubelle que l'on jette par la fenêtre, il tomba comme une pierre. Mais les sacs poubelles ne se balancent pas au bout d'une corde une fois qu'on les a poussés...

lundi 11 février 2013

Jack Médecin, chapitre 11 : Entrée des artistes, sortie des guignols.


L'ambiance et le café étaient chauds, cela tombait bien car Jack Médecin aussi.
Au Carioca, le cocktail était peut être à 180 couronnes mais par contre on en avait plein la vue : filles de rêves en petite tenue, pole dance de haute volée, courbes de reins à tomber par terre, lithographies victoriennes et cariatides dorées à chaque porte.
Une véritable soirée Ferrero, les putes et l'alcool en plus.
La barmaid lui avait dit que Papa Gueno était absent aujourd'hui, ainsi c'était le signe rêvé pour commencer une soirée en forme de tournée des grands ducs.

Dans un des canapé en velours vermillon, Jack sa pinte de B52 pendant que Mounika (véritable nom tchèque : Monica; nom de code : Booboobs ) se donnait à ses yeux aux lueurs animales.
Des dizaines de filles dénudées se déhanchaient langoureusement sur de la musique ringarde; la seule chose qui distinguait le Carioca d'une véritable boîte de nuit française était le fait que les filles sont payées et ne sont pas là que pour se faire remplir la cavité vaginale de foutre.
Le jeu de lumière passant du vert sapin, au fuchsia, tout en passant par le rouge sang commençait à souligner la légère sudation de Jack Médecin. Chaque gorgée de son cocktail se déroulait dans sa gorge comme un douce coulée de lave, un chaud réconfort faisant échos à Mounika. Chaque mouvement, chaque regard d'elle embrasait l'esprit de notre héros. A côté des idées qui se bousculaient en lui et des flammes qui tourbillonnaient dans ses pupilles, la chaleur infernale qui régnait dans son pantalon ,'était rien, tout juste une coquillette Panzani dans un verre d'eau tiède.

Mais, un nouvel arrivant dans le sublime chant de vision allait bouleverser cette superbe chorégraphie d'un goût très prononcé.
René le grillager arriva blême, soutenu par son beau-frère, Paulo le pédalo.. Souvent la police praguoise et l'association nationale des sculpteurs de grillages de poules lui faisaient des misères pour son mercantilisme outrancier. Il est vrai que pour traîner sur les terrasses de bars avec sa camelote, il était pas dans le dernier wagon.
Jack fit signe à Mounika d'aller se reposer quelque temps en lui tendant, tel un vrai gentleman, un billet de 2000 couronnes.
René semblait vraiment malade, comme un jeune foufou revenant d'une soirée du XVe ou des alentours de la rue du Louvre. le genre d'animal boiteux et faiblard que les lions chassaient quand le troupeau fut passé et la bise venue.
En l'examinant de plus près, soit René ne savait pas pas ranger correctement un couteau, soit quelqu'un l'avait poignarder au ventre.

Ce bon vieux René avait dû finir par vraiment énervé quelqu'un à force de fourrer son nez et ses doigts sales partout, et pas que pour des productions cinématographiques pour public majeur.
Paulo le déposa, enfin le laissa tomber, sur le divan puis alla au bar laissant les deux vieux amis à leur discussion. Enfin, discussion était un bien grand mot. Jack était un peu rond comme une barrique donc son élocution était quelque peu bancal - comme lui même si jamais il se mettait debout - mais le chapeau revenait à René. Seul un filet de voix quasi-inaudible sortait de sa bouche , avec un peu de sang en supplément.

Pour résumer la longue et difficile conversation, Paulo le pédalo devait rejoindre René sur le pont Saint Charles. Il le vit de loin, lui faisant signe mais le temps d'arriver à lui et de slalomer entre des nuées de touristes, René était appuyé contre un mur tentant de retenir avec une main les filets de sang qui quittaient sa blessure.
René jura n'avoir pas vu, ni même vraiment sentit, ce qu'il s'était passé.
L'esprit de René commençait à partir tout doucement, tout comme certains clients ayant aperçu le bestiaux affalé sur le divan.
Seuls quelques mots murmurés viennent clore cet échange des plus volubile : "Krasucki, sais... Te chercher... Te tuer... Maman..."

Le Carioca étant une boîte sérieuse, les molosses attendirent la fin de la confirmation pour virer manu militari René et son beauf. Les divans avaient beau être de velours rouges, les tâches de sang faisaient du plus mauvais genre; les clients pourraient croire qu'elles seraient issues des danseuses.
Jack Médecin ne savait par où commencer pour régler son compte à Krasucki mais si ce dernier s'attendait à le voir rentrer à l'hôtel était trop risqué désormais. Heureusement, Mounika finissait son service dans peu de temps et Jack avait encore pas mal de gros billets sur lui. Il attendis qu'elle se rhabille en fumant une cigarette dans la nuit praguoise, dans une rue aux pavés usés sur lesquels défilait en titubant la jeunesse d'Europe.
Mais c'était sans savoir qu'assis sur la terrasse chauffée du trottoir d'en face un homme l'observait attentivement : Don Kibboutz.

(A suivre)

mardi 4 décembre 2012

Jack Médecin, chapitre 10 : Voyage au zoo.


Dans le taxi qui l'emmenait de l'aéroport au centre ville, Jack Médecin réfléchissait intensément .
Ce que certains appellent le cuvage, Jack l'avait transformé en un art martial redoutable : les yeux fermés toute sa concentration pouvait se focaliser sur un point précis; et si, d'aventure, quelqu'un tentait de le déranger ses ronflements animaux se chargeraient de l'éloigner.
La veille ville était paisible, la saison touristique était loin.
Cela faisait des années que Jack n'était pas retourné à Prague mais peu de chose avait changé. Entre les colonnes de touristes, des vendeurs d'œuvres d'art en grillage à poule, des jeunes animaux avec des tâches de moutarde sur le T-shirt et des bonnasses ne semblaient ni souffrir du froid hivernal, ni de la fainéantise féminine quand il s'agit d'aborder des hommes.
Tout ce petit monde évoluait sous les yeux et la chope d'un litre de Jack.
Attablé à la terrasse de son QG praguois, Jack attendait les rapports de ses différents contacts. En face de lui la vieille horloge sonnait 14 heures et son petit manège commença à se mettre en marche devant les touristes ébahis.
C'est ici que Jack rencontra Éric Hamster quelques années auparavant. Éric était le seul touriste à ne pas observer l'horloge, trop occupé à uploader des vidéos sur son site porno. Ils s'étaient tout de suite plu.

Mais avant que Jack n'ait pu se remémorer cette merveilleuse rencontre entre amitié virile et Tabatha Cash, un homme le tira hors de ses rêveries.
C'était René le grillager. VRP en cendriers tressés de fils de fer pour cage à poule, René était une célébrité locale ainsi qu'une vieille connaissance de Jack, bien que ce dernier chercha toujours à l'éviter à cause de son hygiène corporelle et de sa diction atrophiée, voir morte-née.

Au bout de plusieurs refus de Jack pour lui acheter des cendriers poulailler, deux pintes et dix minutes pour comprendre René, notre héros eut enfin ses informations : Antoine Waechter était introuvable, ainsi que Krasucki.
Antoine avait toujours été quelqu'un de secret, mais Henri était tout le contraire. C'était le genre de gars à faire l'hélicoptère dans les bars avec son sexe et à confondre les fesses de la serveuse avec celles du videur;
Une visite en bon et due forme des bars et boîtes de nuit était donc obligatoire.
Le premier sur la liste était le Carioca, un sémillant club de strip-tease tenu par Papa Gueno (aucun lien de parenté avec Henri), beau-frère de Krasucki.
Au pire, si la pêche aux informations est infructueuse, une séance privée de table-dance et une bouteille de Baccardi seront toujours les bienvenues.

dimanche 21 octobre 2012

Jack Médecin : Interlude.


Un petit interlude en attendant le retour de votre héros préféré.
Voici donc pour votre plus grand plaisir, un extrait de l'hymne de Picheman.
Cliquez sur ce joli lien musical pour comprendre toute la complexité de l'œuvre.

THE PICHEMAN SONG (extrait).

J'suis tout piché; j'ai la même haleine que Depardieu,
Le sourire du Captain Morgan et pas de crise de foie.
Les vieux cheveux de Colombo, la coloration Ricard
Et la démarche distinguée de Jacky Daniel.
Les lieux sont repérés, 19H devant le bar.
J'suis devant le zinc, je commande et je bois.
Je fais la queue comme tout le monde;
Mes potes m'attendent pintes à la main.
Je suis shot opérationnel toutes les 5 secondes.
Je guette mon verre vide qui me regarde bizarre,
Je m'approche de lui et lui dis qu'est-ce que tu veux, connard ?
Je lui mets un coup de Picon et de suite je sors ma flasque.
Je braque la vieille qui se trouve derrière le comptoir :
"Ferme ta gueule, on va pas en faire toute une histoire;
D'ailleurs, ouvre les tireuses, y'a mes potes au comptoir !"
Je finis mes doses de porc, en un temps record.
J'veux juste une clope et dans 5 minutes j'reviens.

Refrain:
Je fais mon entrée dans le bar sans faire toc-toc-toc.
Picheman, intouchable, sers des verres c'est un hold-up !
On boit, on se charge et on déconne;
La main sur les grosses pintes, on sera pas les seul à s'péter le crâne.


mardi 9 octobre 2012

Jack Médecin, chapitre 9 : Dodolito Party.



Ce soir là à la Fenice, on jouait Don Giovanni.
La distribution était grandiose, malgré l'absence de la soprano interprétant Donna Elvira qui dû faire place à sa doublure pour raisons de santé.
Au premier balcon, Brice Lalonde se délectait de Meta di voi qua vadano.
A ses côtés un mélange bigarré de rombières, de jeunes hommes élégants et de jeunes femmes quelque peu dénudées. Juste derrière Brice se trouvait Jackie la Médecine. C'était le sosie de Jack mais avec d'immondes cheveux blonds et gras et un rouge à lèvres qui aurait fait merveille pour taguer le mur de Berlin. Elle ressemblait au plus mauvais travelo que les autoroutes du monde entier aient connu.
L'opéra poursuivait sa course et une troisième bouteille de champagne fut servie à Brice Lalonde quand une des courtisanes se rapprocha langoureusement de lui mais avant que cela ne tourne en film de boules une voix se fit entendre derrière eux :

- Alors les Noobs, qui veut une médaille ?

L'homme ressemblait bien à Jack Médecin mais on se rendait vite compte que ce n'était plus le même. Ses Ray-Ban avaient quelque chose de plus bestial, comme une lueur animale; son sourire avait également ce petit quelque chose qui renvoyait aux âges farouches.
Il se dégageait de lui une odeur à la fois forte et sucrée, comme si un nuage de whisky-coca l'accompagnait constamment; Jack Médecin était redevenu Picheman.

Jackie la Médecine essaya de se ruer vers Picheman mais avant qu'elle ait pu se lever de sa chaise il se précipita sur elle. Le choc des deux fut semblable à la rencontre entre une R5 et un pilier du XV de France. Picheman ayant l'avantage de l'élan, il agrippa Jackie par les bourrelets et l'emporta avec lui par dessus le balcon. Tous deux finirent leur saut dans le parterre un peu plus bas.

Tout se déroulait dans un sombre ralenti pour Jackie. Des ombres semblaient évoluer autour d'elle. Elle essayait d'ouvrir les yeux, mais cela demandait trop d'efforts.
Ses yeux trop lourds et son esprit si apaisé dans cet état demi-inconscient laissaient les ténèbres bercer son âme. Même les sons semblaient loin comme étouffés par cette vague ensommeillée qui avait pris possession de son être.
Jackie savait qu'elle était la dernière des clones. Toutes les liaisons avec ses frères avaient été coupé. Le dernier message fut envoyé de Jacquounet le proctologue qui pensait avoir retrouver Jack Médecin près d'un bar.
Son corps refusait de bouger. Elle commença à se rendre compte que ses membres étaient brisés. Impuissante, la peur s'immisçait peu à peu. Elle sentit une main à l'odeur forte et sucrée agripper sa tête.
Elle était la dernière des clones.

Alors que le Commandeur s'avançait vers Don Giovanni, Picheman balança le corps de Jackie vers la baignoire côté cour et s'élança vers Brice Lalonde. Tel un super-sayian de la piche, Picheman fit un bond de plusieurs mètres jusqu'au balcon sans élan et sans ressorts. Le pouvoir de la piche rend léger.
L'homme à la barbe bien taillé et au sourire goguenard étonnement ne bougea pas d'un pouce, ni d'un cheveu mais peut-être que sa calvitie ne lui permettait pas cela, alors que des pouces il en avait bel et bien deux.

- Vas-y, tue moi ! J'ai fait mon temps, mais sais-tu seulement à qui tu t'attaques ? Moi, je ne suis rien mais Dodo le Saumurois te sera à jamais inaccessible. Tu n'es plus le Picheman qui l'a vaincu autrefois. Tu n'es plus rien ! Même tes anciens compagnons Antoine et Krazu se sont joint à lui. Tu n'es plus qu'un fantôme à qui personne ne portera un verre.

Picheman rajusta ses Ray-Ban, fit un pas vers lui et avec un sourire moqueur lui dit :

- T'inquiète pas pour les verres. J'ai tout ce qu'il me faut.


Fin de la première partie des Aventures de Jack Médecin.

jeudi 2 août 2012

Jack Médecin, chapitre 8 : Vers le VNR et au-delà !


Attention : chapitre interactif, ainsi tu peux écouter ceci en lisant le premier paragraphe, ou bien cela pour la suite de cette nouvelle pièce maîtresse de la littérature française.

Jack se baissa à temps pour esquiver la mandale de Jacquounet le Proctologue.
Un magnifique coup de pogne qui vint finir sa course dans le crâne de Jacquou le Croquant; crâne qui en une fraction de seconde passa de l'état de cerveau protégé par une coque d'os à pâté en croûte, et ce n'est pas le mur situé derrière lui qui vous dira le contraire.
Ayant assez peu de morale et de compassion pour son frère de clonage, Jacquounet continua de s'acharner sur Jack, le héros urgentiste. Même à terre, notre héros spécialiste du close combat caniveau/sortie de bars essaya de répliquer.
Coups de pieds par ci, attaque de la Nike en folie par là ( attaque qui consiste à donner des coups de la dite chaussure en la tenant dans une main; marche aussi avec des pantoufles ), technique du cri sauvage alcoolisé, menace de distribution de médailles, toute la connaissance martiale de Jack y passait.
Mais il ne pouvait pas faire grand chose, Jacquounet le Proctologue possédait un exosquelette. Une carapace organique écailleuse le protégeait et faisait se perdre les coups de Jack dans un espace vide et lointain qui absorbait peu à peu son énergie.
Les coups s'abattaient sur Jack aussi vite que des verres de shot dans une fête étudiante. Ils cessèrent assez vite mais, déjà a demi-inconscient, Jack plongea dans la douce brume ouatée qui s'emparait de son esprit.

Si vous allez à Venise, n'hésitez pas à faire un tour au Mousta Kistache Bar, la plus grosse réserve d'alcool de la lagune.
Un endroit fin et délicat dont la décoration reproduit l'attraction Pirates de caraïbes de Disneyland et les serveuses le chatoyant service de Hooters. Le Mousta Kistache, dont le symbole est un vieux clochard barbu à guitare ( façon Maître Vitalis ), est toujours dirigé par son gourou et fondateur : Boney Nem.
Dans le milieu de la pochetronade, il est connu sous le nom du "foutoir"; non à cause du fait d'épandre sa semence un peu partout au bonheur la chance, mais de par ses origines : métisse ( son père Mobu-One est zaïrois et sa mère Bobuntu est vietnamienne ), franc-maçon, juif hassidique, trotskiste et fan de Bon Jovi.
Son visage était également un curieux mélange de Picasso période-bleue, de jovialité corse, de maquillage pour film de zombies et de MST mal soignées. Certaines mauvaises langues disaient même que tout cela était saupoudré d'haleine façon Contes de la crypte.

Quand Jack Médecin rouvrit les yeux, ce visage fut l'une des premières visions qu'il eut, avec celle de la magnifique architecture carton-pâte coloniale espagnole de Tortugua. La pièce sentait le rhum; l'arôme chaud et sucré flattait son nez endolori.
Son hôte moitié gourou, moitié institut Pasteur se tenait à ses cotés, un cocktail à palmiers multicolores dans la main.
   - Ça va, mon vieux ? demanda-t-il d'une voix caverneuse qui fit trembler les décorations de son verre, tel un typhon sur la jungle Indonésienne.
Jack ne dit rien; se réveiller après une baston, c'est comme ce réveiller avec une énorme gueule de bois l'amusement de la veille en moins. Sa tête ressemblait à celle d'un jeune putois que l'on réveille d'hibernation.
   - Ça faisait longtemps, trop dirait-on. Trop de cocooning, t'as endormi l'âme, Jack. Qu'es-tu devenu ? Te souviens-tu au moins de qui tu es vraiment ? Tu es Picheman; le superhéros de la piche !

(A suivre)

mercredi 27 juin 2012

Jack Médecin, chapitre 7: Il y en a partout.


Venise au petit matin, son calme, son charme, ses murs de palais qui explosent.
Deux formes agrippées l'une à l'autre firent exploser une partie du mur de briques de la villa vénitienne de Brice Lalonde et retombèrent par delà le canal sur une petite place abandonnée.
Jack Médecin dans le décombres continuait de se battre contre son clone: Jackos le Médecinos.
Jackos semblait être fait de chair et de sang mais le frapper revenait à frapper une enclume. Et Jack n'était ni un grand fan de Verdi, ni un élève de BEP chaudronnerie.
Le Médecinos saignait mais ne faiblissait pas sur ses coups. Jack tenait bon mais il savait qu'il ne tiendrait pas longtemps.
Sa main agrippa une brique derrière sa tête et frappa violemment El Médecinos à la tempe.
Le choc fut tel que le clone tomba sur le côté, à demi-inconscient.
Jack ne lui laissa aucune chance; il se jetta sur lui, tel un DSK, et lui assena plusieurs coups de brique au crâne. C'était un peu comme un mélange entre les nuits parisiennes et le dessert préféré de Jack: tout à fond sans réfléchir et avec beaucoup de flan.

Malgré la fatigue, la douleur et le choc, Jack se leva et prit tout de suite la Calle del Carro. Il avançait tant bien que mal; là où il allait n'avait pas d'importance, il fallait à tous prix qu'il échappe aux trois autres clones qui devaient le rechercher. Il courait dans Venise tel un ivrogne se dirigeant vers le dernier épicier ouvert avant l'heure de fermeture.
Venise s'éveillait doucement. Les bateaux de livraisons se faufillaient dans les ruelles étroites alors que les premiers signes de vie humaine faisaient danser la brume matinale. Au milieu, courait Jack Médecin; il se retournait toutes les deux secondes, tant et si bien qu'il fini par se retrouver devant la Fenice.
Aux pieds du bâtiment imaculé, Jacquou le Croquant.

Le clone au regard mauvais se lança sans attendre sur son lui original.
Jack réussit à l'éviter et Jacquou alla s'effrondrer contre une terrasse de restaurant. Jack alla pour le frapper mais Jacquou, plus rapide, lui lança une chaise.
On ne balance pas impunément des chaises à la face de Jack Médecin. Il prit la chaise et commença à en donner des coups sur son clone.
C'était la fiesta du tabassage à coups de chaise jusqu'à ce que la situation empire de façon 'vraiment pas de bol'.
Jacquounet le Proctologue arriva par surprise derrière Jack.

samedi 26 mai 2012

Jack Médecin, chapitre 6: Qu'est-ce qui se passe dans la maison ?


A l'âge de 15 ans, Jack et des amis du collège Jacques Daniel montèrent un groupe de rock: Les joyeux godets médaillés. Ils ne firent que peu de représentations - dont une mémorable au Nem croustillant (buffet gastro d'origine indéterminée de Bonneuil-sur-Marne) se terminant par une bataille de boules coco et de bouddha en plastique - mais tous les week-end dans un garage de Chevilly-Larue, c'était la folie entre amis: du bruit, de la sueur, de la bière de mauvaise qualité et des cookies.
Eh bien, c'est cette même ambiance que Jack retrouva en arrivant dans le palais vénitien de Brice Lalonde.

Ne voulant pas passer par les arcades qui relient la cour intérieure du palais au Rio delle veste et être vu, Jack Médecin escalada le mur de briques du jardin. Il se hissa un peu maladroitement, on peut même dire comme une vieille merde, l'animal étant toujours sous l'effet des trois dernières bouteilles de rhum.
Sur le sol délicatement pavé, contre les fenêtres centenaires, dans l'escalier extérieur, sur le puits, partout des personnes cuvaient endormies au milieu des verres vides et des cotillons. Brice avait dû lâcher une belle petite partie, et si quelque chose énervait Jack c'était bien d'arriver à jeun en fin de fête.

Le vestibule avait l'honneur de contenir le buffet. Aux vues de sa grandeur et de tous les plats vides, le feu buffet avait dû être digne du plus grand des médecins, pensa Jack, avant que la moitié soit transformée en miettes sur le carrelage ou en tâches sur les murs de marbres, voir au plafond ou pendant du lustre Murano.
La pièce suivante ressemblait fortement au jardin niveau ambiance alcoolisée, les vêtements en moins. Bref, la narcolepsie aux Chandelles.
D'ailleurs, l'intérieur du palais ne semblait n'être que cela: des gens à poil, des gens à poils avec des accessoires, des gens à poils avec des animaux, des gens avec beaucoup de poils, etc.

Il n'y avait ni caméra, ni gardes; en fait à part le fan club de Tabatha Cash et de Caligula (le film), il n'y avait rien d'étrange et c'est bien ce qui inquiétait notre enquêteur amateur de liqueurs.
Jack fut longtemps amateur de manège, ainsi ce fut la queue du Mickey quand Jack trouva grand ouvert dans la cuisine un passage secret et une bouteille de champagne.

Un étroit escalier menait à une salle de l'étage supérieur. Là-haut, il n'y avait rien hormis un léger ronronnement et quatre sarcophages qui luisaient d'une lueur pâle et artificielle.
Jack se sentait l'âme d'un Howard Carter moderne.
Sur les sarcophages des noms: Jackie la Médecine, Jackos le Médecinos, Jacquounet le Proctologue et Jacquou le Croquant.
Jack se sentait l'âme d'un jeune puceau qui, après avoir demandé "tu veux sortir avec moi?" , attendant de recevoir l'éclat de rire fatal.

dimanche 29 avril 2012

Jack Médecin, chapitre 5: Voir Venise et avoir une médaille.


Le voyage en bateau dura plusieurs jours.
Notre ami médecin se trouva vite un petit coin douillet dans la cale. Entouré de sacs de jute et de cartons, l'animal s'était confectionné une petit niche avec quelques couvertures.
Comment s'est-il nourri durant ce voyage me direz-vous ?
 Et bien , Jack a longtemps étudié (et perfectionné) une méthode de méditation ancestrale : si il n'y a pas de nourriture solide, cette méditation permet de se nourrir exclusivement d'alcool; et Jack avait justement à sa disposition un bon carton de rhum agricole.

Il ne semblait pas avoir grand monde sur le bateau. Jack avait dénombré trois personnes selon les différents genres de vidéos pornos qu'il pouvait entendre à travers les parois.
Jack passait son temps à regarder par le hublot, quand il ne dormait pas dans son cocon.
Il vit passer Gibralter, non pas parce qu'il connaissait le rocher et les colonnes d'Hercule mais grâce à la vision de plusieurs zodiac bourrés de sacs bizarres filant à grande vitesse vers l'Espagne.
D'ailleurs, le lendemain soir, dans le même genre Jack eut le droit au défilé des boat-people au large de Lampedusa. Jack ayant fait le serment d'Hypocrite, il n'hésita pas à leur envoyer ses bouteilles vides. Pourquoi n'en auraient-ils pas besoin ? Quand on dérive sur un bout de PVC cela peut toujours servir.

Bref, après une ou deux journées de cocooning au fond de la cale, le bateau s'arrêta. Par sécurité Jack resta quelque temps tapi sous sa couverture comme un jeune chat alcoolique.
Lorsqu'il voulu regarder par le hublot, il eut à peine le temps de voir la moindre forme ou couleur qu'une grosse loutre de mer se colla à la vitre. Attention, cette loutre est bel et bien un mammifère et non pas un jeune drogué au cheveux sales qui ricanent bêtement dans un canapé.
Jack, surpris, laissa tomber sa bouteille par terre. C'est alors que l'animal commença à gratter au hublot tel DSK sur une vitrine d'Amsterdam.
Notre héros médecin, ayant les oreilles sensibles depuis les trois dernières bouteilles, lui ouvrit afin de soulager son mal de crâne chronique.
La bête se jeta sur le rhum répandu sur le sol comme un touriste à Lisbonne sur les litres de Caipirinha.
Mais maintenant, Jack pouvait voir où il était:

Venise, la sérénissime. La ville lagune aux dizaines d'îles, aux mille ponts et aux millions de paquebots immondes qui défoncent la lagune et enlaidissent la ville.
La bateau était vide. Venise était encore endormie sous le timide soleil levant.
Au bout du ponton, derrière la légère brume, un bâtiment de briques ocres semblait appeler Jack.
Sur la sonnette, un nom: Brice Lalonde.

mercredi 21 mars 2012

Jack Médecin, chapitre 4: Ciao, les noobs!


Les échardes volèrent aux quatre coins du bar sans pour autant effleurer le peau de notre idole médicinale. Jack ne bougea pas d'un pouce. Il était ce genre d'homme qui ne bouge que pour aller se réfugier au bar quand l'ouverture d'une bouteille de champagne se fait entendre.
Seulement, alors qu'une certaine musique d'ambiance (vous pouvez cliquer) résonnait avec allégresse avant l'entrée fracassante de Jack, l'établissement et les poivreaux n'étaient désormais plus que silence et stupeur.

- Pardon, Monsieur, on vous avez pris pour un de nos amis... Tu pourrais t'excuser Al, tu vois bien que le Monsieur n'est pas Jeannot! C'estypas qu'on voudrait pas passer pour des sauvages, haha. Allez, la maison vous offre un verre pour s'excuser de l'accueil; il prendra quoi?

C'est le genre de phrase qu'il ne faut pas dire deux fois à Jack (ni une fois, d'ailleurs). Mais sous son apparent alcoolisme festif, le médecin observait son environnement; il disséquait les visages, palpait les caractères, mesurait les risques et auscultait les murmures des conversations.

Pourquoi Al Badin manquerait d'assommer son compère en lui balançant une chaise à la trogne? Où était Jean Guitoune? Dans quoi son ami Eric Hamster avait-il trempé? L'oeuf ou la poule? Et pourquoi certaines personnes admirent encore Tim Burton?
Après quelques verres et une raclette bourguignonne maison -tourbillon des saveurs, farandole des délices, caravansérail de la gastronomie (et accessoirement préparation au festival des mots croisés de cabinets de toilette) - Jack entendit une conversation entre le patron (dénommé Gérard Touzin) et Al Badin:

- C'est bon, tout est prêt. Le Saumurois a tout préparé. T'auras qu'à passer par derrière, c'est ouvert. Normalement c'est plutôt 'safe' mais prends quand même tes précautions.

Al venait de partir, Jack sentait qu'il devait le suivre discrètement, mais alors qu'il se dirigeait d'un pas alcoolisé vers les WC un bruit sourd accompagné d'un 'tu vas où, connard?' se fit entendre.
Derrière Jack (enfin devant car il s'était retourné), se trouvait Jean Guitoune avec une hallebarde à la main Soncousin (marque de prothèses très réputée).
Trois minutes plus tard, après une vitre cassée, un tenancier blessé, 32 marches descendues quatre à quatre, une dizaine de poursuivants peu aimables, une hallebarde aiguisée et 2 minutes 55 secondes de courses, Jack arriva sur un ponton s'étirant dans une petite crique.

Au bout de celui-ci, un chalutier levait les amarres. Au fur et à mesure que le grondement de son moteur se rapprochait, l'embarcation s'éloignait également de la légère estacade.
Avec la force du désespoir (et de la piche), Jack sauta dans le bateau (façon Indiana Jones), au nez et a la barbe des poursuivants provinciaux:
"Ciao les noobs!"

samedi 18 février 2012

Jack Médecin, chapitre 3


Quand on ne sait où aller, on suit sa logique ou ses habitudes. Jack Médecin, lui, suivit les paroles de son ami Éric Hamster, et se retrouva ainsi sur un tournage porno.
Éric avait disparu mais son associé, Jojo la pompe, continuait tout de même le tournage, afin de pouvoir sortir le film pour le festival de Morteau.
Le tournage de "Le placard a une grosse tringle" avait lieu dans la villa du musicien Oulan, batteur d'un célèbre groupe de rock. Une belle villa de style art nouveau sur la côte normande baignée entre la lumière du soleil et le reflet saphir de la mer.

Une villa avec de grandes baies vitrées travaillées, une décoration orientale et discrète et deux jeunes personnes en train de grogner et de copuler sauvagement sur une table en malachite.
Malgré des positions qui éveillèrent beaucoup l'intérêt de Jack, ce dernier monta assez vite sur le balcon pour attendre les hommes qu'Eric y avait vu fumer.
Effectivement, après la scène dite 'de la hussarde', deux techniciens - Al Badin et Jean Guitoune - vinrent faire une pause nicotine sur le balcon. Les deux zozos allèrent discuter de quelque chose ayant lieu "ce soir" mais quand ils virent Jack ils se turent aussitôt et leurs visages se ferma immédiatement.
Jack avait l'habitude d'être évité à cause de son faciès spiritueux, mais se faire virer d'un endroit où il y a du sexe anal parce que deux techniciens ont discrètement parlé au réalisateur, il y avait de quoi se dire que quelque chose était louche.

Ainsi, Jack suivit Guitoune et Badin dès leur départ de la villa.
Après deux, trois kilomètres à pied dans la nuit brumeuse, l'accessoiriste et le perchiste entrèrent dans Yport.
La ville n'était qu'un amas trouble de ruelles peu éclairées, aux pierres anciennes et imposantes. Jack eut du mal à les suivre à travers l'épais brouillard. Il n'y avait personne dans les rues mais les lumières luisaient différemment à chaque mètres comme si mille ombres s'affairaient dans la brume. Quelques sons, comme celui du reflux, des chats errants ou des semelles sur le pavé humide, se diffusaient tout comme la lumière: ils résonnaient mais semblaient étouffés.
Il perdit leur trace au bout de quelques minutes, heureusement qu'une taverne se trouvait non loin de lui.
Alors que Jack ouvrit la porte une vague de chaleur, de relent d'alcool et de fumée de cigarette vint se déposer violemment contre son visage; tout comme la chaise qui s'éclata contre le mur à seulement quelques centimètres de son visage.

dimanche 22 janvier 2012

Jack médecin, chapitre 2


Au début, il y avait le médecin; mais avant tout il y avait l'ami.
-" Dis donc, c'est quoi ce merdier?! Tu me déranges en plein colloque de caïpirinha pour voir un foutoir pareil; ça va tu te fais pas chier, mon cochon!
- Excuse-moi, j'avais pas prévu de te recevoir ainsi. Il y a eu quelques complications, légèrement cadavériques, depuis mon appel...
- Ouai, thanks captain Obvious! Bon, et si tu me servais un verre pour me raconter tout ça!"

Les bouteilles se débouchèrent, le saucisson se mit en tranches et Éric se mit à table.
Tout commença lors d'un tournage de routine avec la nouvelle vedette fétiche d'Eric: Coco Grisou. Coco était très appréciée sur les sites pour vieux satyres; et quand ça tire, il faut bien faire attention.
Ainsi, Éric avait eu l'idée de filmer une partie de la scène du haut de la mezzanine, histoire d'exciter les vieux papys que l'on garde au dernier étage de la maison, parce que le Stana ne marche plus, et parce que près du grenier il y a beaucoup de poutres ou de hautes fenêtres si jamais le gouvernement n'autorise pas l'euthanasie.
Bref, pendant qu'Eric filmait la scène d'une seule main, des membres de la production se faisaient une petite pause clope sur le balcon, situé derrière lui.

-" Ils parlaient d'un mystérieux artefact nommé La grande chope d'or. Un espèce de Graal pour soiffards. Tu te doutes bien que, n'étant pas le dernier à m'en jeter derrière la cravate, j'ai fait quelques petites recherches. D'ailleurs, j'aurais pas dû, c'est à cause de ça que maintenant il yb a du sang et des corps plein mes tapis. En fait, j'ai découvert que cet objet était beaucoup plus important qu'il n'y paraît. Il y a les 'enrhumés' qui...."
Éric se figea tout d'un coup. Son regard devint celui d'un hérisson fixant de face un 33 tonnes sur l'A3. Jack commença à tourner la tête pour voir ce qui provoquait une telle réaction chez son ami, mais il ne put terminer son mouvement. Éric se jeta par la fenêtre.

Jack ne se préoccupa pas du fait qu'ils étaient au rez-de-chaussée, ni que les enceintes diffusaient toujours le son d'une scène hardcore où une actrice en devenir se faisait trousser comme la dernière des souillons. En fait, Jack, avec une rigueur toute médicale, pensa qu'il était de plain-pied dans la merde!

mercredi 21 décembre 2011

Les aventures de Jack Médecin: chapitre 1


Petit Jack Médecin voulait être CRS.
Son oncle, Patrice Scorbut, était lui-même CRS, et petit Jack lui vouait une grande admiration. Patrice était marionnettiste de Guignol de formation; ainsi, outre jouer de la matraque, il adorait Chopin, Carl Larson et les films de pirates. Jack eut le second choc de sa vie lorsque la matraque de Patoche lui tomba sur le coin de la caboche lors d'une manifestation estudiantine (le premier étant lorsqu'il apprit que les films pornos n'étaient rien d'autre que de la fiction).

Ainsi, ce fut avec une certaine nostalgie que Jack se laissa tripoter par les agents de la sécurité de Roissy. Notre bon docteur avait oublié que les grosses Rolex pouvaient faire sonner les portiques de sécurité.
Mais sa satisfaction fut de courte durée, car Éric n'était pas là pour l'accueillir; et comble de malheur, il y avait ce jour-là une grève nationale des taxis.
Jack Médecin étant un homme du monde, il ne prend jamais ces vulgaires moyens de transport que l'on nomme métro, RER ou bus. Et, il ne pouvait quand même pas se résoudre à faire du stop tel un hippy loqueteux.
Heureusement, qu'en tant que médecin urgentiste, jack connaissait la méthode du 'copain comme cochon', qui consiste à picoler avec des gens pour partir avec cette personne quelque part; en l'occurrence, chez Éric Hamster.

Après plusieurs jack Daniel, trois pintes de Karmeliet et une bouteille de Lacryma Christi, Jack arriva chez son ami Hamster.
Son pavillon de Châtenay-Malabry était en désordre, pour ne pas dire dégueulasse. A coté, Dunkerque en 1940 ressemblait à une réclame pour Monsieur Propre ou Ikea. Devant la porte du salon, un homme était allongé, froid comme une entrevue avec son ex. Heureusement, Eric était bel et bien chaud: devant son PC en train d'uploader des scènes pornos et de visionner celles d'amis, tout en chattant avec eux.

Bon, se palucher devant internet: jusque là, rien de bizarre. Mais, quand il commence à avoir des cadavres dans les halls d'entrée, c'est que quelque chose ne tourne pas rond.

vendredi 2 décembre 2011

Les aventures de Jack Médecin. Prologue.


Alors que les premiers rayons de soleil caressaient les cicatrices napoléoniennes des remparts de Valence, les loufiats de l'hôtel Impérial pouvaient également admirer les traces de la soirée sur le visage de Jack Médecin.
Tapas espagnols, bières allemandes, vins français, cuisine turque, liqueurs écossaises, spiritueux russes et filles faciles kazakhes. Jack est un médecin sans frontières.

Un jour à Bali, un autre à Lisbonne, un week-end à Rio, un autre à Meudon; la vie de Jack Médecin était une grande aventure.
Sa personne même était une aventure: son foie et système intestinal avaient tout connu, et le monde entier, par tous temps et saisons, c'était reflété sur ses indétrônables Rayban.
Médecin urgentiste, podologue, spécialiste des maladies infantiles et vénériennes, et grand chef guérisseur de la tribu burundaise des Pombaol, Jack exerçait partout et sous n'importe quelle condition, tant que sa modeste rémunération fut en cash, avec un minimum de quatre zéros et avec au minimum la racine carrée de 25 devant ceux-ci.
Il avait même essayé de se lancer dans la politique mais étant du genre à refuser les pots-de-vin pour boire directement à la bouteille, Jack ne fit pas long feu. Il dû s'exiler quelque temps au Pérou, entre le lac Titicaca et le Machu Piché (bar spécialisé dans l'alcool de cailloux radioactifs).
C'est là-bas qu'il rencontra, au cours d'une battle de Dancing Rayban, Eric Hamster: barman minable en soirée et super star du téléchargement porno toute la journée.

Ainsi, alors que l'alcool est donné et les filles de toutes beautés à Valence, Jack repartait pour Paris (où l'alcool est cher et les filles emmitouflées) rejoindre son vieil ami.
Ce n'était pas l'habitude d'Eric de demander de l'aide ainsi, surtout sachant que Jack était en pleine palpation (nous ne diront pas de quoi par respect envers l'intégrité de Jack, reconnue par le tribunal présidentiel d'Oulan-Bator).
Jack se faisait du souci sous son apparente gueule de bois, mais un bon double scotch dans l'avion allait dissiper tout ça.