jeudi 28 mars 2013

En route !


Premier amour : une émission culturelle made in TF1...

X a vu Y , ils se sont plu..; Y était avec quelqu'un donc amour impossible ( donc moral en berne ).
10 jours après Y casse avec son partenaire mais machin X vit à 400 km donc c'est tendu pour une relation.. Ba oui, connard forcément ! Leur rencontre sent la rencontre entre les toilettes et la piscine d'un camping miteux.
Donc en fait rien ne s'est fait  entre X et Y. On ne sait même pas si ils se sont déjà embrassé ou mieux. On nous cache tout, je vous dit !
Elle avait 18 ans, c'était à l'époque où écouter Tryo était à la mode ( la vilaine époque ) et elle veut le revoir...
Personne ne comprend rien, les contes de fées modernes c'est moches.
T'espère quoi ? Tu veux quoi ? Un château et une pantoufle de coton ?

Moi aussi j'aimerais bien revoir la fille de 4eC qui a voulu sortir avec moi alors que les furoncles et les doudounes Scott ( oui, je suis vieux ) fleurissaient sur moi. Je ne trouve pas de boulot, les études c'est la merde, mon futur est une morne plaine, du coup je veux me rassurer en allant chercher le vieux fantôme sorti de nulle part.
Je me trompe de voie, je regarde vers un passé qui me rassure.

Dans une société où le premier vrai contrat (CDI) est acquis vers 28 ans; où un fait un prêt de 20 ans pour acheter son appart/pavillon minable à 25 ans, histoire de regarder Lagaff tranquille; où on a l'impression de ne pas être normal sans enfant, ni mari à 28 ans.
En gros, une fois que tu te rends compte que ton boulot c'est de la merde, que tu as divorcé, bref qu'arrivé sur le début de la fin ta vie n'a été qu'une chose morne et sans intérêt, tu te souviens que c'était plus simple quand tu étais jeune et étudiant.
Mais tu te rends vite compte que l'élu/e de ton cœur a elle/il aussi vieilli et est également devenu fripé/e, vieux et chiant.
Je te dirai bien qu'être adulte ce n'est pas faire des choix mais de les assumer ou bien qu'on ne vit pas dans le passé tout ça; mais franchement, tu te vois retourner sur les bancs de l'école comme thérapie ?
Tu ferais mieux de voyager et de rallumer ta vieille console de jeu amigo.

lundi 25 mars 2013

Pax tibi Marce, Evangelista meus.


Mon bonheur ! *

Je revois les pigeons de Saint-Marc :
La place est silencieuse, le matin s'y repose.
Dans la douce fraîcheur indolemment j'envoie mes chants.
Comme un essaim de colombes dans l'azur
Et les rappelle des hauteurs,
Encore une rime que j'accroche au plumage
— mon bonheur ! mon bonheur !

Calme voûte du ciel, bleu-clair et de soie,
Tu planes protectrice sur l'édifice multicolore
Que j'aime — que dis-je ? — que je crains et envie...
Comme je serais heureux de lui vider son âme !
La rendrais-je jamais ? —
Non, n'en parlons pas, pâture merveilleuse du regard !
— mon bonheur ! mon bonheur !

Clocher sévère, avec quelle vigueur de lion
Tu t'élèves ici, victorieux, sans peine !
Tu couvres la place du son profond de tes cloches — :
Je dirais en français que tu es son accent aigu**
Si comme toi je restais ici
Je saurais par quelle contrainte, douce comme de la soie...
— mon bonheur ! mon bonheur !

Éloigne-toi, musique ! Laisse les ombres s'épaissir
Et croître jusqu'à la nuit brune et douce !
Il est trop tôt pour les harmonies, les ornements d'or
Ne scintillant pas encore dans leur splendeur de rose,
Il reste beaucoup de jour encore,
Beaucoup de jour pour les poètes, les fantômes et les solitaires.
— mon bonheur ! mon bonheur !

F. Nietzsche dans Dictionnaire amoureux de Venise de P. Sollers; Plon, 2004 : p. 344

* Que l'on peut aussi traduire par Ma chance ! ( NDA - Sollers, p.343 )
** En français dans le texte.

samedi 23 mars 2013

Cindy (3e partie)

Entre toi aussi dans la magie !
Je sais que vous attendiez avec grande impatience le retour de votre comédie musicale préférée : Cindy 2002.
Voici donc la suite de cette épopée unique pour vous et rien que pour vous.

Pour commencer, voici les premières chansons et en plus une piqûre de rappel, mais c'est si bon !
Et la suite directe. 

Une véritable boucherie, au sens propre du terme.
Enfin, du nouveau dans l'histoire : au pavillon de la famille, on reçoit l'invitation pour le bal à Ricky. Alors sachez d'ores et déjà que cette vilaine faute de français sera présente pendant tout le spectacle - à la manière de ces costumes hideux qui défient tout bon goût. On a déjà vu le côté populaire banlieue de cette adaptation, ainsi sur le même ton nous découvrons que le bal princier - pantoufle de vair/verre, tout ça - se transforme en 'bal à ricky', sorte du fête a Neuneu local.
Pour continuer dans le bon goût, Assia - l'une des belles-sœurs - nous gratifie de ses gémissements habituels qui l'ont popularisé comme chanteuse de refrain ou couineuse de fond de studio. Au final restons optimistes, elle ne hurle pas ces couinements trémolos R'nB comme Lââm.
On se calme quelque peu niveau paroles mais notons tout de même : "Pour l'anniversaire DE Ricky". Une faute d'inattention certainement.
Assia a beau être jolie, on ne fait pas vraiment attention à cela, omnibulés que nous sommes par ces costumes qui moulent bien le jambon et les plis disgracieux - et peuvent redonner vue aux aveugles avec leur couleur dégueulasse - ainsi que par ce déluge chorégraphique qui est à l'art scénique ce que Bernard Tapie est à la philosophie.

Ich bin ein prince charmant.

Chanson !!!
Mais voici, justement, qu'arrive le fameux Ricky . Il nous impressionne peu tellement nous sommes habitués aux costumes et aux chorégraphies de haute volée.
Il arrive quand même à nous bassiner avec sa "gigue" juste avant d'enchaîner sur le fameux "et si on m'offrait une bière, je montais sur le comptoir et je montrais mon derrière, dans le pub de Manchester. Et c'est comme ça que l'on devient chanteur". La classe décidément colle à la peau de cette production.
"Moi, j'étendais le ketchup dans les hot-dos, les hamburgers", on se disait bien que l'extrême finesse façon haiku du texte était absent depuis trop longtemps; de plus cela devait être douloureux vu comment il hurle ça, le Ricky.
"Pour couvrir les rires de ma mère qui s'offrait aux camionneurs dans le parking en arrière, sur la route de Manchester". Avec cette merveilleuse phrase, on continue dans la délicatesse et surtout voici une preuve de plus que l'auteur a un fort problème psychologique vis-a-vis de la prostitution vu qu'il en met partout.
"Couché sur un banc vert que j'ai connu mon premier amour. Et quand elle m'a brisé le cœur, alors j'ai pris ma guitare, j'ai marché jusqu'à la gare, j'ai dit good-bye à Manchester." Kérouac, Rimbaud, gare à vous voici Ricky !
Et là déluge de kitsch - si, si c'est encore possible. Le Ricky monte d'octaves et commence une imitation voix de fausset Bee Gees, le tout saupoudré d'un accent anglais, ou devrais-je écrire "angléiiii".
Et c'est sur ce moment de gloire que Ricky arrête de dandiner ridiculement du fessier sur un effet spécial des plus glorieux (voir première image de l'article).

Suite en images du chef d'œuvre, car oui je sais que tu aimes ça.

Tout a l'air bien en place.
Maintenant place au producteur/manager, une sorte de Plastic Bertand post-dépression alcoolique : je chante couilles en avant et pousse la note histoire de montrer qui c'est le papa du show - Jvais faire péter les Watts avec mes gosses, moi ! (oui, le chanteur est québécois).
Bon niveau parole, on reste sur le "écris ta vie, écris ta vie et chante la". Un conseil des plus douteux quand on a écouté les paroles de la chanson précédente; heureusement il ajoute "raconte leur n'importe quoi"...
Signalons que pendant son aria, le dit Ricky se tripote avec une danseuse - charmante par ailleurs - en arrière plan.
Et là c'est la réelle surprise du show : les paroles sont correctes, un jeu de scène simple et surtout un chanteur ( Patrice Blouin ) qui sait réellement chanter, avec un vrai coffre et sans couinements ridicules. Enfin, quelque chose qui n'est pas risible et que l'on veut sauver dans cette œuvre.
Lumière au bout du tunnel ?

Le showbiz et la drogue...
Non, preuve en images.
Mais un rayon d'arc en ciel étant fugace par nature, revoilà de la bonne musique à Neuneu façon Les Forbans. Du bon rockabilly ( rock à Billy ? ) bien ringard tout en nuances pachydermiques et en synthétiseurs octogénaires.
Les deux loulous nous gratifient d'une chorégraphique toujours aussi délicieuse, voir même d'un 'rock'n roll' lancé telle une rock star de supermarché entre deux couplets.
"je ne veux pas me marier [...], je veux que tu invites les plus belles filles de la ville au cas où j'aurais envie de me faire un cadeau.
- Qu'est-ce qu'on dit à Judy ?
- Je m'en fous."
Toute la classe du prince charmant en une chanson. Sacré Ricky, le prince des back-rooms.


Le visage de la délinquance, et des vilains slips.
Allez, bientôt la fin (de l'article).
Et on enchaîne, et termine, sans pitié avec Lââm et sa grande chanson "On m'appelle rebelle". Oui, vous avez bien lu : on m'appelle rebelle. La rebelle est cette chose qui se fait insulter, maltraiter en frottant le parquet. D'ailleurs, de coller à l'image de rebelle, Cindy arbore une casquette de golf année 30 légèrement de travers : même James Dean et Marlon Brando se tiendraient à carreaux devant ça.
"Si vous me croisez dans une impasse, n'ayez pas peur de moi. Je ne m'attarde pas quand je passe, je vais tout droit." Croiser quelqu'un dans une impasse signifie tout de même qu'au moins un des deux est con pour y être et faire demi-tour; pour le "quand je passe je vais tout droit" mon intelligence se refuse a commenté cela...
"Cherchez sous la carapace la raison pour laquelle on m'appelle rebelle" : faudrait lui dire que tout le monde s'en fout.
"Tous les soirs, je sors quand la maison dort", effectivement, une vraie blouson noir cette Cindy.
Mais elle ajoute " Du moment que je suis à minuit dans mon lit". Alors tout d'abord, l'auteur et le personnage avoue leur vision toute relative de la rébellion - ainsi que l'alcoolisme du premier - mais on s'étonne devant cette maisonnée qui a des habitudes de poules.
"Je garde au fond de moi mes blessures", ce qui est totalement faux puisqu'elle les beugle depuis une bonne demi-heure. Quelle gourdasse celle-là !
"J'ai envie d'amour et d'être belle, c'est pour ça qu'on m'appelle rebelle"... Je crois que je n'ai pas besoin d'en rajouter, tout est dit.
La voici maintenant accompagnée par ses amis, qui semblent être également de vrais voyous : "Quand on veut faire les durs, on joue de la batterie sur les poubelles". Le genre d'odieux personnages qui sonnent aux portes avant de s'enfuir. Saleté de jeunes !

Nous allons nous arrêter là pour aujourd'hui, les amis, mais très prochainement nous continuerons notre odyssée sur l'océan de l'art, le vrai avec en prime la découverte de deux nouveaux venus dans ce zoo qu'est Cindy : Machin, le pote et tout aussi rebelle de Cindy, Judy la fiancée travelo de Ricky, mais surtout l'ineffable Gontrand, l'oumpa-loumpa géant à la voix de castrat et à la garde-robe castrée.

jeudi 21 mars 2013

Zip zap rock.


On ne cessera de la dire la télévision est un vaste océan de débilité et d'afflictions, et au fond même de cet étendue noire et sans forme, on trouve le fond; cette espèce de chose qui englue l'être et le dévore peu à peu : la publicité.
Cet étrange moment où on te vend le fait que c'est mieux qu'avant - même si on t'a déjà sorti le même discours - parce qu'on ne sait que dire. Cette logorrhée où l'on se doit de faire envie sur quelque chose dont on n'en a naturellement aucune ( et encore moins besoin ). Pour vérifier cela, il suffit de regarder les pubs de parfums ou de voitures : un produit de luxe - non de première nécessité - que l'on ne peut vraiment vendre par simple image. Ces dernières sont les plus abondantes et si on réfléchit : l'avis est totalement subjectif donc on essaye de te vendre quelque chose de totalement subjectif ( pour l'odeur) ou de totalement inutile, car des voitures il y en a des nouvelles tous les mois qui sont plus performantes, et à 10 000 euros le prix de la mise à niveau du produit n'est pas le même.

Chronique d'une page de pub un vendredi midi :
Je passe toutes les choses du genre "plus blanc que le blanc lui-même" ou "le produit d'avant était le top du top mais maintenant celui-là est encore plus top que top du top, c'est l'hypopotop". Même l'idiotie pure devient médiocre par habitude. Heureusement, deux pubs sont venues frapper mes oreilles, mes yeux et mon cœur de plein fouet.

Clear Blue. ne s'occupe plus de faire des thermomètres imitation rectale pour savoir si l'on est enceinte ou bien si c'est juste le trop plein d'alcool et de partouze de la veille qui vous fait vomir. Non, maintenant voici le nouvel objet à couple Ikea : le machin pour savoir quand est-ce qu'il faut faire ça toute la nuit comme des sagouins. Enfin, je dis toute la nuit mais vu l'objet ça serait plutôt pour couples qui ne se touchent pas souvent, donc plutôt 'le machin pour savoir quand une copulation aurait un taux maximum de chance pour procréer'.
Sans parler de différenciations entre acte sexuel et acte reproductif, on nous vend l'égal d'un objet servant à savoir si il la salade de pâtes s'accorde mieux avec un vin rouge ou bien un vin blanc. J'attends la prochaine version pour savoir si la fille qui me touche le fessier depuis 10 minutes me veut ou si dans le doute je lui repaye un verre, histoire d'être serein ...

Mais toujours plus loin, toujours plus haut , voici Always et son nouveau tampon glamour.
Apparemment il possède une saloperie de couche de soie pour "être glamour quand on s'y attend le moins".
Il y a une expression parlant de péter dans la soie, et bien là c'est un peu la même chose en plus dégueulasse.
Au lieu d'évacuer tout le fatras usagé de la matrice dans ton tampon de coton où je ne sais quoi, tu le déposes dans la soie. Imagine la même chose tous les jours avec un somptueux PQ de soie ou de satin. Classe, n'est-ce pas ?
Chacun fait ce qu'il veut avec son argent, ses fesses et à plus forte raison, ses menstruations mais bon si cette période est totalement naturelle, cette façon de vendre est d'une vulgarité sans nom; d'ailleurs, l'existence même de ce produit est d'une vulgarité défiant toute concurrence.
Désacraliser les sécrétions naturelles et briser la morale victorienne ( bon, c'est apparu un poil avant mais au moins on a l'image ) est une bonne chose en soi, je n'en doute pas, mais le faire dans un mélange de mauvais goût et de vulgarité nouveau-riche c'est revenir au porno chic qui n'a de chic que l'illusion que l'on veut bien lui prêter. Un film porno basique reste plus chic puisqu'il n'y a aucune prétention que celle du fantasme et du plaisir immédiat de la masturbation.

C'est quoi tout ça, au final ?
On te dit comment vivre ta vie. On te dit comment tu peux ressembler à tes idoles TV (donc fausses). Au final, tu n'es rien , tu es juste un récipient en attente de la 'bonne parole télévisuelle' pour te guider dans ta vie sans borne et emplie d'ennui.
Tu n'es rien pour la société, c'est une chose. Tu ne cherches pas à être quelqu'un, quelque chose dans cette même société. Tu te laisses guider comme une feuille morte dans le caniveau automnale.
On ne peut être tous des âmes éclairées et vivre pour soi, bien sûr. Mais sens-tu la différence entre être conscient de sa situation et l'accepter en tant qu'adulte et citoyen et faire jouer la mauvaise foi ?
Sens-tu tout ce cynisme malsain que l'on te montre à longueur de journée ?

mardi 19 mars 2013

Reload.


Ah que les vacances sont belles ! Bien que le fait qu'elles s'arrêtent toujours à un moment donné les rend beaucoup moins belles. Je vous passerai les détails de ma vie aussi diversifiée et intéressante qu'un spot de pub mais en profiterai quand même pour vous passer rapidement en revue les divers films qui ont eu l'honneur de détourner mon attention ( enfin, vous allez voir que cela peut être très relatif ).

Jakob le menteur (Peter Kassovitz, 1998) :
Superbe, rien à dire. Même si La vie est belle de Benigni reste très bien, je trouve que le côté comique prend un peu trop d'importance et oscille entre occultation (toute relative) et comédie pour enfants; d'ailleurs les deux films sortirent la même année. Avec Jakob le ton reste du côté de la comédie mais elle n'occulte rien à l'horreur des événements, au contraire. Mais la mesure reste parfaitement juste entre drame, comédie et poésie. Un film qui reste dur mais d'une beauté gracile. (PS : je n'ai pas lu le livre de Jurek Becker dont le film est tiré mais si je le fais, je vous tiens au courant).

Grand bleu (version longue) (Luc Besson, 1988) :
Le film dont j'avais toujours entendu parler étant jeune mais que je n'avais vu que par extrait ici et là. Il a un brin vieilli mais étant tellement attaché aux années 80, cela ne me dérange que très peu. Ensuite, il y a vraiment des moments de toute beauté, que ce soit à la photographie, aux plans ou en certaines idées de réalisation. Le scénario n'est pas quelque chose de vraiment établi, le film se pose plutôt comme une chronique d'amitié entre les deux personnages principaux et d'amour entre eux et la mer. Et ce n'est pas plus mal, le scénario ressemble à la beauté du film : quelque que l'on ne peut vraiment définir mais qui se ressent.
La version longue se laisse vraiment très bien regarder et seuls petits points noirs du film : Rosanna Arquette joue le personnage le plus con et inutile du monde et c'est tout de même le film qui lança (ou relança) la mode des dauphins dans les chambres de filles...



La grande peinture (Laurent Heynermann, 2012) :
Un téléfilm avec et de Chevallier et Laspalès. Autrement, c'est vraiment quelque chose de physique à regarder. Running gag lourds, ça cabotine dans tous les sens, bourré de clichés immondes, bref un supplice. Jésus n'avait que 14 stations en allant au Golgotha, et bien Chevallier et Laspalès vous en offrent 1h28 ! Une épreuve à la limite de l'entendement humain.

Olé (Florence Quentin, 2005) :
Je ne me souviens pas d'une réelle histoire, ni de grands moments de rire. Je crois me souvenir avoir pensé 'tiens, si je matais ça' mais c'est à peu près tout. Je me souviens tout de même de Valeria Golino et cela me va très bien comme souvenir.

Darkside, les contes de la nuit noire (John Harrison, 1990) :
Petit film horrifique à sketch sympathique qui ne va pas beaucoup plus loin. Présence de Buscemi, Slater, etc dès plus agréables, histoires qui sans être originales font passer un bon moment. Un bon film du samedi soir en somme.

Attaque du requin à deux têtes (Christopher Ray, 2012) :
Dans les grands films, il y a Pirahna 3D (en mettant de côté son premier degré bien sûr), et bien maintenant il y a le même en version nanar. Des ados idiots, un peu de gore, de la nudité et surtout pas de budget. Un bon monstre idiot, des raccords immondes, une île abandonnée qui ressemble à Disneyland. Un chef d'œuvre du genre pour les amateurs. Rien à enlever dans ce monument. réservez de suite un samedi soir à base de potes, d'alcool et de chips.


La cabane dans les bois (Drew Goddard, 2012) :
Vendu comme le renouveau ou bien le super-méga-pas possib' film d'horreur de l'année 2012, on se retrouve devant de bonnes idées mais qui n'en font pas un film d'horreur. C'est un film sur les clichés et techniques de films d'horreurs par et pour les fans de films d'horreurs, un trip geek post-moderne en somme. Étant un horror buff moi-même, le film m'a séduit par son raisonnement et ses idées mais au final je n'en ai pas retenu grand chose d'excitant et d'horrifique. Un grand hommage, un grand délire pour connaisseurs mais que même ces derniers peuvent éviter de voir plus d'une fois.
Ah si, je retiens quand même la scène où la jeune dévergondée du groupe emballe un loup empaillé d'une façon très... très... disons assez appréciable.

Dépression et des potes (Arnaud Lemort, 2012) :
Pensant voir une bonne mauvaise comédie, je fus agréablement surpris devant cette pellicule. Une bonne petite comédie, qui ne mange pas de pain certes, mais qui a le mérite de faire sourire pendant toute sa durée. Un film en forme de petite comédie sur les bandes de copains trentenaires. Ça change des 500 000 du même genre sur les femmes. Il y a de très bons moments et le tout est juste. Une très bonne petite surprise, je vous dis; j'aimerais en avoir plus souvent.

La malédiction du pharaon (Lucio Fulci, 1988) :
Ah mon Lucio... Je n'avais jamais vu ce film du grand maître et j'ai compris pourquoi. Un film avec des plans magnifiques, des lumières superbes et une mise en scène au poil (normal, c'est Lucio) mais qu'est-ce que c'est que ce scénario ! Je n'ai absolument rien compris à tout ce bric-a-brac sans aucune logique. Le film et les scènes égyptiennes sont somptueux mais cela ressemble à une série de tableaux sans aucun rapport entre eux. Le scénario tient du surréalisme ou du nihilisme complet, au choix.

Combustion spontanée (Tobe Hooper, 1990) :
Le film part sur les chapeaux de roues avec un fort bon prologue mais fini par transpercer la banquette arrière. Résultat, le film se fait ramasser par le service d'équarrissage. Le scénario s'engouffre dans le méandres du déjà-vu et du non-passionnant car au bout d'un moment on s'en fout royalement et on attend que ça finisse (quand on attend). Dommage, il y avait de l'idée et les effets spéciaux pour l'époque pas trop moches. Un film qui marque bien l'essoufflement pré-Scream des films d'horreurs au début des années 90.

dimanche 17 mars 2013

Rue Cuvier.


Ecouter pour mieux chanter : Le plaisir des dieux.

Le plaisir des dieux.

Du dieu Vulcain, quand l'épouse friponne
Va boxonner loin de son vieux sournois,
Le noir époux, que l'amour aiguillonne,
Tranquillement se polit le chinois.
Va-t-en, dit-il à sa fichue femelle,
Je me fous bien de ton con chassieux ;
De mes cinq doigts, je fais une pucelle,
Masturbons-nous, c'est le plaisir des dieux !
De mes cinq doigts, je fais une pucelle,
Masturbons-nous, c'est le plaisir des dieux !

Bas ! Laissons-lui ce plaisir ridicule,
Chacun, d'ailleurs, s'amuse à sa façon :
Moi, je préfère la manière d'Hercule,
Jamais sa main ne lui servit de con.
Le plus sale trou, la plus vieille fendasse,
Rien n'échappait à son vit glorieux,
Nous serons fiers de marcher sur ses traces
Baisons, baisons, c'est le plaisir des dieux !
Nous serons fiers de marcher sur ses traces
Baisons, baisons, c'est le plaisir des dieux !

Du dieu Bacchus quand, accablé d'ivresse,
Le vit mollit et sur le con s'endort,
Soixante neuf et le vit se redresse ;
Soixante neuf ferait bander un mort.
O clitoris, ton parfum de fromage
Fait regimber nos engins glorieux
A ta vertu, nous rendons tous hommage :
Gamahuchons, c'est le plaisir des dieux !
A ta vertu, nous rendons tous hommage :
Gamahuchons, c'est le plaisir des dieux !

Quand à Pluton, le dieu à large panse,
Le moindre effort lui semble fatigant ;
Aussi, veut-il, sans craindre la dépense,
Faire sucer son pénis arrogant,
Et nous, rêvant aux extases passées,
Tout languissants, réjouissons nos yeux
En laissant faire une amante empressée,
Laissons sucer, c'est le plaisir des dieux. (bis)

Pour Jupiter, façon vraiment divine,
Le con lui pue, il aime le goudron ;
D'un moule à merde, il fait un moule à pine
Et bat le beurre au milieu de l'étron,
Cette façon est cruellement bonne
Pour terminer un gueuleton joyeux :
Après le dessert, on s'encule en couronne,
Enculons-nous, c'est le plaisir des dieux !
Après le dessert, on s'encule en couronne,
Enculons-nous, c'est le plaisir des dieux !

Au reste, amis, qu'on en fasse à sa tête,
Main, con, cul, bouche, au plaisir tout est bon,
Sur quelqu'autel qu'on célèbre la fête,
Toujours là-haut, on est sûr du patron.
Foutre et jouir, voilà l'unique affaire,
Foutre et jouir : voilà quels sont nos vœux,
Foutons, amis, qu'importe la manière,
Foutons, foutons, c'est le plaisir des dieux !
Foutons, amis, qu'importe la manière,
Foutons, foutons, c'est le plaisir des dieux !

vendredi 15 mars 2013

Sans laisser d'adresse.


Parfois, je pattifole jusqu'aux boulevards. Je m'installe à une terrasse de brasserie. Je regarde les buveurs de bière au travers d'une drôle de buée.
En août, je suis comme des millions de gens. Je dépéris. Il fait très chaud sous les toits de Paris et je commence à ressembler à une bouteille vide. J'achète du blé germé. Je mange des graines de millet avec un zeste de gomasio. Je me fais couper les cheveux. Je fais retoucher mes racines. Je porte un combi-short. Un coton débardeur. J'ai des baisers à revendre.
J'émigre sur les bords de Seine.
Les familles en cortèges, les employés, les chômeurs, les Japonais, les accros du bain de soleil fréquentent Paris-plage. Poumons tamisés au pot catalytique les salsifis des fortifes se mêlent aux parigots sur les berges du fleuve. Sauvons la forêt ! Sauvons la planète ! Les nanas de banlieue nord en robes mini s'étendent sur le sable bordé de palétuviers en plastique. Muqueuses dévorées de chlore, poumons goudronnés de nicotine, elles vivent au-dessus de leurs moyens.
Chacun a le droit, je pense, de respirer un peu de bitume bohème.

Vautrin, J. « Nous avons si peur du festin de la vie.» Si on s'aimait ?; LGF Le livre de poche, 2005; p.84-85

mercredi 13 mars 2013

Nibelungen : L'or du Rhin.


Cette année, le grand événement musical parisien est l'intégralité de L'anneau du Nibelung de Wagner à l'opéra de Paris.
Le blog vanillé va s'y mettre également en vous faisant une petite présentation maison des quatre éléments de l'œuvre. Ainsi donc, commençons tout de suite avec L'or du Rhin (Das Rheingold).


Trois belles jeunes femmes nagent à poil dans le Rhin, c'est un peu leur job car se sont les filles du fleuve.
Plutôt agréable tout ça, il faut dire qu'elles sont bonasses et un peu salopes sur les bords ( et pas forcément ceux du Rhin ).
Ainsi, Alberich, un machin petit, poilu et laid  - un peu comme le chien de votre voisine ou de votre belle-mère - vient tenter sa chance.
Il se rapproche des jeunes nymphes et tente de les choper avec sa fameuse technique du "mademoiselle, ton père travaille chez Windows car tu me fais bugger". Les filles du Rhin étant comme toute jeune souillon de boîte de nuit, ces dernières l'excitent un peu avant de le laisser seul comme un jeune puceau devant son film X qui ne télécharge pas.
C'est à ce moment là que l'or du Rhin se dévoile sous les rayons du soleil. Les filles du fleuve en sont les gardiennes et comme elles aiment faire visite guidée en plus de trémousser leurs fesses, elles expliquent à Alberich que seule une personne renonçant à l'amour peut s'emparer de la caillasse.
Les trois greluches étant de vraies jeunes filles de camping, elles ne pensaient pas que ledit Alberich était vraiment à la recherche de l'amour et non d'un cavité muqueuse appréciable dans les toilettes les plus proches; du coup, ni une, ni deux, Alberich maudit et renonce à l'amour et s'empare de l'or, tout en rigolant à la pensée de sa future vengeance.


Ailleurs et plus tard, les dieux se réveillent tranquillement; oui, les Dieux sont de grosses faignasses et comme se sont les rois des faignasses - essence divine oblige - ils se sont fait construire leur pavillon  résidentiel par des géants; enfin par l'entreprise fraternelle Fafner et Paulo.
Mais voilà, à trop dormir les dieux deviennent un peu mous du synapse : Wotan, le pater familias, en premier. Du coup, il a promis aux géants la main de sa belle-sœur Freia. Sympa, la famille !
Le problème c'est que Freia fait office de dealer de pommes qui donnent la jeunesse éternelle aux dieux, sans elle leur Walhalla de pavillon se transformera rapidement en hospice, voir en morgue. Tout le monde gueule, du coup c'est le foutoir. Scènes de ménage, grève des employés du bâtiment et peur de tomber en état de manque : Wotan commence à devenir incontinent et se souvient de son médecin lui parlant d'Alzeimer.

Heureusement, voilà Loge, le demi-dieu du feu. Le père Loge c'est un peu le sournois de la bande, le genre de type qui vole les sucrettes dans sur les comptoirs et embrouille tout le monde à la fin du restau pour ne pas payer l'addition.
Bref, les trois grognasses du Rhin sont venu chouiner dans ses jupons et donc il annonce à tout le monde qu'Alberich a forgé un anneau qui lui confère un pouvoir immense. Le tout avec un sourire en coin façon banquier ou assureur.
Du coup, c'est comme le moelleux au chocolat : tout le monde en veut.
Wotan accepte la demande des géants de plutôt se faire payer en anneau magique - en même temps il avait pas trop le choix. Mais maintenant, il faut quand même aller chercher/voler ce fameux anneau.


Pépé Wotan descend donc avec Loge sous terre, car oui Alberich est plutôt du genre jeune gothique introverti et cataphile. Enfin, était car avec ses nouveaux bijoux - il a également depuis peu un casque qui rend invisible - Alberich est devenu l'Hitler local et a asservi tous ses frères nains poilus; d'ailleurs, c'est la grande marrade quand il enfile son casque d'invisibilité pour tirer les poils des copains, ni vu, ni connu.
Comme tout jeune dictateur, le père Alberich se la pète un peu et du coup il se la joue blingbling devant le vieux débile et le jeune gros malin. Tel un dictateur africain, il veut leur en mettre plein les mirettes et se transforme en dragon puis en crapaud, histoire de montrer également sa grandeur d'âme; et puis c'est pas comme le fourbe Loge ne le poussait pas au crime comme un journaliste véreux.
Manque de bol pour lui, les deux voleurs, tels deux jeunes délinquants gare du nord, le choppent ainsi et le force à donner sa baguouse quasiment à coups de lattes; en plus, Papa Wowo choppe également le casque et tout l'or des nains, histoire d'en avoir plus.
Alberich n'appréciant que peu le hold-up maudit l'anneau avant de partir. La bague devient une espèce d'actrice porno : tout le monde la veut mais une fois que tu l'as tu sais qu'elle va partir se faire enfiler par quelqu'un d'autre (on parle bien de la bague, hein !).

Pas de bol, notre vieux Wotan, toujours un peu neuneu, se voit à cause de ses contrats de travail idiots de tout donner aux deux géants, mais à peine payés les deux ouvrier du bâtiment se jettent l'un sur l'autre pour l'anneau, tels deux militants de Greenpeace sur une centrale nucléaire. Malediction oblige Fafner tue son frère Paulo et se casse tranquillement avec tout le butin. Que fait la police ?
Enfin tranquilles, les dieux ouvrent le compteur EDF et rentrent paisiblement dans leur nouveau pavillon, histoire de pioncer à nouveau.

A suivre dans le prochain épisode - La Walkyrie - Papy Wotan, après ses ennuis avec Or Postal, essaye de remettre de l'ordre chez lui malgré son Alzeimer de plus en plus frappant et sa progéniture ô combien douteuse.

lundi 11 mars 2013

Pour des jours meilleurs.


Pour Emilie avec toutes mes pensées,

Aujourd'hui, rien ne sonna le réveil. Les oiseaux semblaient être restés nicher pour ne pas avoir à célébrer la grisaille. Sans me poser de questions, je fis de même.
J'occupais un bunker de couette et de coussins depuis quelques jours maintenant.
Je sens mon sang rayonner à travers mon corps plus fortement mais plus lentement que d'habitude. A chaque battement de mon cœur fatigué une chaleur blême et diffuse faisait soulever et réchauffer la peau de mes membres endormis.

La vitre de la chambre s'était muée en miroir. Du bas de mon lit, je me confondais dans l'épais rouleau grisâtre. Je ne distinguais aucunement la lente marche de la lourde chape, j'y voyais l'incarnation de mon esprit comme si un esprit supérieur s'était amusé à me mettre face à moi-même; comme si cela ne suffisait pas.

Mon esprit vagabondait entre mes yeux embrumés et deux assoupissements depuis des heures lorsque mon réveil sonna. Il était 14h37, il faisait toujours aussi gris.
Peu à peu, la chanson douce et entraînante me fit me lever.
Que la séparation avec couette et nos deux chaleurs fut douloureuse ! La musique réussissait à sortir mes pensées de la pièce vide et ronronnante où elles s'étaient enfermées.
Les notes et le rythme ne faisaient que bercer ma personne; mon esprit ne semblait pas adhérer laissant ainsi mon corps s'activer par réflexes après tant d'immobilité.
Ce n'est que par automatisme que je me rendis à la salle de bain, non sans m'être auparavant attardé quelques secondes sur le lit désormais vide et défait.

La vapeur montait doucement jusqu'à mon visage et se déposait en une tendre caresse sur mon visage. L'eau  quasi-brûlante s'abattait sur le sommet de mon crâne en une cascade de bien être avant de redescendre le long de mon corps assoupi, emportant pensées et chair de poule au loin.
J'ai dû rester des heures sous cette suave enveloppe. Elle fut, par mille fois, plus agréable que ma couette qui ne me quitta pas pour quelques jours. Sous le pommeau, je pouvais sentir mon corps à travers ma nimbe chaude et rayonnante.
Je devins moi-même cette légère vapeur brûlante à force de rester immobile, les yeux fermés, sous le flux. Mon corps et et mon esprit s'étaient liquéfiés en quelque chose de léger et gracile. Tout le superflu, tout ce qui ankylosait mon être était emporté au loin dans la sombre et invisibles tuyauterie.
Il n'y avait plus rien; rien que la chaleur moite et caressante berçant mon esprit vagabond.

En sortant, le ciel paraissait moins gris. Une douce et fruitée odeur de café se fit sentir et me détourna de mon idée de retour vers la chambre. La radio était encore une fois allumée. Peut être était-ce à cause de cette musique ou de l'odeur de l'arabica et du pain fraîchement grillé, mais la combinaison des deux porta mes pas jusqu'à la cuisine où m'attendait un sourire, que je n'ai pu m'empêcher de redonner en retour.
Cela faisait longtemps.

vendredi 8 mars 2013

Weh! Weh!


Le blog à la saveur vanillé pendant les vacances est à l'image des routes de montagnes en ce moment : légèrement encombré.
Donc, il y a un certain ralentissement sur la production d'idioties, mais rien de grave.
En fait si on y réfléchi bien, toi, cher lecteur que j'aime plus que tout au monde - avec ma couette, bien sûr - tu dois être également en vacances, du coup tu as autre chose à faire que de t'attarder tous les deux jours sur cette plage vanillée semée de palmiers crétins.
Donc, les choses sont plutôt bien faites.
Ainsi, à ce week-end pour de nouvelles aventures, certes un peu lentes mais toujours présentes.
Salucofagos


dimanche 3 mars 2013

OK, PIN OK.


Il est des hommes qui ont pour victoire quotidienne la prise audacieuse, l'arrachage, que dis-je, le rapt d'un strapontin.
Je ne parle pas d'une place dans le carré de fauteuils VIP gracieusement offert par le service technique de la RATP ( oui, c'est places qui font chier les voyageurs debout car cela prend trop de place; ceux assis également d'ailleurs, car voilà la galère pour en sortir ). Ces places sont bien trop monarchiques et surtout bien trop éloignées des portes de la rame.

Non, non, je parle bien du strapontin; ce petit bout de plastique articulé qui fait mal aux fesses et produit un bruit désagréable et soudain en se rabattant.
Ainsi, ce genre d'homme qui de son trône pliable se réjouit de sa victoire toute relative. Il te fixe avec toute l'assurance du vainqueur miséreux. A la manière du mec tenant sa bouteille de jus d'orange et ses trois pépitos esquissant un sourire vaniteux pour souligner que sa ligne d'attente à la caisse du supermarché va plus vite que la votre.

Facilement, repérable dans les lignes de métro parisien c'est aussi le genre d'hargneux qui seront les derniers à se résigner à l'abandon de leurs places fortes en cas de forte affluence; si abandon il y a, avec ce genre de médiocre on n'est jamais à l'abri d'une surprise.
D'ailleurs, c'est un peu ça leur vie : une somme de petites victoires insignifiantes pour égayer, voir justifier leur  existence terne et ainsi repousser l'échéance d'un excès de pensées suicidaires.

Mais ne soyons pas méchants, ni pessimistes, chers amis. Imaginez dans un futur proche, une guerre sans pitié opposant dans les rames du métro parisiens poussettes et siphonnés du strapontin au terme de laquelle les deux mourront dans d'atroces souffrances.
Ah, quelles douces images emplissent mon cœur...

vendredi 1 mars 2013

Pan pan poum poum.


Pontarlier yeah yeah.
Si l'on devait mettre un prix sur notre mariage,
La somme demandée serait modique;
Surtout vu ta gueule et ton âge.
Nous sommes tous les deux devenus alcooliques.
Moi, pour oublier, toi pour ne plus coucher.
Heureusement qu'il y a un bar en-dessous et que j'en connais le tenancier.
Je te laisse te ruiner en bibine au Franprix
Pendant que, royal au bar, je mène la grande vie.
Le goût sucré de l'éthanol dans mon gosier
Et l'excuse de la gueule de bois pour ne pas te parler.
Tu étais mon soleil, mon rêve, mon matin;
Désormais, tu m'importes moins qu'une bouteille de vin.
Ta beauté s'est un peu trop ventilée
Et mon palais ne s'est que trop sclérosé.
Dormir et oublier.
Insensiblement se laisser doucement enterrer.

Crésus et coutumes. 
Aujourd'hui, rien ne va, tout est à plat.
Ma femme aboie et mon chien ne me reconnaît pas.
Voilà, dix ans que je turbine dans les assurances,
Le genre de boulot qui est censé donner confiance;
Et voilà que ma femme, la douce Ginette,
Se met à vouloir divorcer pour une simple histoire de toilette.
Depuis que l'homme est homme, certaines choses ne changent pas :
Les belles-mères sont d'immondes démons à la peau racornie aux doigts
Et le week-end les hommes se mettent en marcel.
Un beau marcel, fier tissu de l'homme moderne à l'exubérance véniel.
Mais la classe de fin de semaine ne semble guère plaire à madame...
Lui dis-je seulement quelque chose quand elle porte ses immondes fripes panthères ?
Non, monsieur ! Et je ne parle pas du jaja par lequel elle remplace mon délicieux Corbières.
Il est loin le temps où elle m'appelait 'mon Rudy' et était monogame.
Ma femme découche et mon chien me déniche,
Qu'à cela ne tienne, Corbières et chips en marcel, je suis un homme riche.

mercredi 27 février 2013

Pitié et salpêtre.


Comme vous avez pu vous en apercevoir, chers amis aimant la paella, le 'modern theatre', le vouvray, la Beauce, les mmorpg ou tout simplement chère maman, cet article parait avec un peu de retard.
En effet, il m'a fallu plusieurs jours pour me remettre de la vision de Cinéman.

Il est doux de ce laisser aller avec la vision d'un mauvais film qui en devient un excellent remède contre la médiocrité ambiante. On n'est pas obliger de suivre tout en détail et puis on reconnaît tout de suite quand c'est raté ou mauvais.
Ainsi, en tant qu'amateur éclairé de ce genre de film, je me lance avec un collègue également béret vert du nanar, le redoutable Jafar, dans la vision de cette chose écrite et réalisé par Yann 'Podium' Moix et interprété par Dubosc.

Mes amis, je n'ai jamais été confronté à un spectacle aussi physique. Oui, physique est bien le mot qu'il convient. Les yeux fatiguent, les neurones s'encrassent, le souffle se fait vite haletant et peu à peu une douleur aiguë s'immisce au cœur du cerveau, juste derrière orbites et sinus.

Un film long, très long. Dès les premières minutes on sent que le film n'est qu'un abcès boursouflé par la suffisance du réalisateur et de l'acteur principal. D'ailleurs, la seule chose que l'on comprenne vraiment au scénario est que si l'on abat bien les chevaux, on massacre bien également les chefs d'œuvres du cinéma.
Ainsi, tout est maladroit et d'une vulgarité aveuglante, même Pierre Richard ( oui, l'acteur has-been), qui cachetonne allègrement dans un rôle dont on ne comprend rien, est (mal)doublé en post-synchro.

Le méchant est aussi méchant que ma serpillière, d'ailleurs il crève comme une merde en plein milieu du film. Comme quoi, l'histoire ne semble qu'être une chose secondaire.
Il vaut mieux planquer cordes et couteaux durant sa vision car c'est le genre de chose insupportable. A la limite, investissez dans son DVD car bientôt un autodafé en fera une preuve irréfutable de la bêtise humaine et de ce que l'homme peut faire subir à l'homme.
Personnellement, je souhaite ne plus jamais le revoir de ma vie tellement ma santé mentale et physique fut mis à mal.
Arrêtons avec les croque-mitaines, vampires et autres sorcières, menaçons nos enfants avec Cinéman !

Bonus : Critique du navet par nanarland.

jeudi 21 février 2013

Dermistie.


Je ne sais si l'on se rend vraiment bien compte qu'il est magique de monter dans un taxi.
Non pas que cette aventure soit meilleure que le bus, le train ou que sais-je; je tiens par ailleurs à préciser que je ne détiens aucune action chez Taxi en folie, ni ai l'honneur d'avoir un membre, de ma famille, comme taxi.
N'avez-vous jamais discuté, ou plutôt taillé la bavette, avec un chauffeur de taxi ? C'est le genre de chose que vous pouvez faire tout en continuant allègrement zieuter le compteur comme vous le faites d'habitude.
On commence par un "olala, mais putain avance" ou bien "c'est quoi ce bordel !", on offre une phrase compatissante, amusante mais toujours avec un léger accent de camaraderie. Ce n'est pas Paulo votre pote du Khédive, ni votre beau-père de Marquis mais vous vous sentez bien dans la mercedes intérieur cuir à la délicate odeur de santal.
C'est ainsi que la conversation part là où l'emmènera la synergie de vos avis mêlée à vos gentillesses respectives.
On en apprend plus sur les rues de Paris, les études des enfants, les règles de copropriété (véridique!), ou tout simplement on écoute le récit d'une vie quelque fois cocasse, souvent de tous les jours, mais à chaque fois unique.

Mais le plus beau est toutes les vies que l'on peut s'inventer et vivre, l'espace de quelques minutes de voyage.
Il est plus aisé de faire ceci de nuit, quand un vrai lien se tisse avec le conducteur au milieu des boulevards déserts et des lumières blafardes.
Vous allez à Port Royal ? Bien sûr, vous êtes chirurgien, médecin militaire ou peut être étudiant en médecine. Vous sauvez des vies toute la journée, c'est toute votre vie. Votre serment vous lie à vie.
Vous pourriez tout aussi bien être astronome et vous rendre à l'observatoire en cette heure tardive pour observer une étoile naissante, une comète que des amoureux prendront pour eux ou bien chercherez tout simplement à apercevoir Dieu.

Peut être vous rendez vous dans un endroit sans prétention. Vous êtes quelqu'un de l'ombre, peut être un cuisinier ou un assistant parlementaire.
Vous vous levez plus tôt pour tout revoir et planifier; quand la ville se lèvera vous aurez une longueur d'avance, vous êtes la connaissance et la lumière dans les ténèbres.

Mais pourquoi faire compliqué ? Vous êtes simplement de retour d'une fête arrosée organisée pour votre meilleur ami qui a également sauvé la vie de votre enfant il y a quelques années.
Ou bien, vous vous dirigez vers l'appartement de votre maîtresse. Elle est belle, actrice ou simplement prof. Vous ne pouvez la voir que ce soir avant qu'elle ne reparte je ne sais où; vous l'avez vu il n'y a pas longtemps mais vous pouvez rarement vous séparer l'un l'autre.

Il y a autant d'histoires à raconter ou à entendre qu'il y a de rues et de belles filles à Paris.
Seule votre imagination vous arrêtera.

mardi 19 février 2013

Tut tut la voilà.


Un jour, ou plutôt un soir, on se sent un peu las de la journée. On rentre chez soi, on balance ses chaussures dans un coin, on se sert un verre et on pose nos grosses fesses dans le canapé avec toute l'élégance et la douceur d'un météorite tombant dans le Yucatan.
Tout affalé, notre gros derrière s'attache à la mollesse des coussins comme un obèse à son kouign-amann.
Dans ses moments là, on aime se détendre en regardant quelque chose d'hypnotisant et de lénifiant. Ce soir, là, c'est TF1 qui régale votre fesse molle en vous présentant Danse avec les stars.

Des 'célébrités' qui vous rappellent votre jeunesse - celle dont vous aviez honte jusqu'à l'âge de 26 ans -ou d'obscures soirées bières se mettent en scène devant des juges tout aussi obscures ( pour le public moyen de la chaîne ). Parmi ces derniers, votre œil distrait a pu apercevoir Marie-Claude Pietragalla.
Je ne reviendrai pas sur son passé étoilé, ni sur la vilaine voie du moderne - avis entièrement subjectif - mais la dame est là pour juger de la danse de salon.
Le présentateur, un jeune bellâtre au charisme et au nom interchangeables avec un paquet de lessive dans tous les supermarchés participant à l'opération, lui demande "Chère Marie-Claude Pietragalla, blala".
Et soudain, avec toute la gentillesse du monde la dite Marie-Claude répond : "Je vous en prie, appelez-moi Pietra."
Elle lance ceci comme un enfant remercie ses parents pour les cadeaux d'anniversaire; sauf qu'à l'anniversaire, vu sa phrase, elle semble jouer le rôle du gros ballon gonflé d'hélium.
On commence à avoir l'ébauche de la dame, un beau croquis représentant un loukoum boursouflé.

Heureusement, dernièrement on peut rigoler avec sa dernière production dont l'affiche orne fièrement cet article.
Mr et Mme Rêvent. Ah non, pardon Mr et Mme Rêve...
Peut être que Mister et Madame ( car oui, Mr est pour Mister, M. est pour Monsieur ) ne forme peut être qu'un seul être. C'est joli mais la grammaire a horreur du joli; bien qu'ils rêvent la même chose ils restent deux êtres et ainsi ils rêvent.

Un titre et hop, deux fautes de français ! Mister n'en ait peut être pas une mais que l'on m'explique pourquoi le monsieur est anglais.
Ensuite, c'est "La danse au cœur de l'irréalité virtuelle". Un beau pléonasme que même un enfant de 10 ans n'oserait faire. On parle souvent de réalité virtuelle mais le sens se comprend aisément; alors que l'irréalité est par essence virtuelle.
On sent le spectacle ronflant et bien lourdaud, essayant de faire croire à un spectacle intelligent, voire intellectuellement intéressant.

Mais même un illettré aurait peur de voir ceci. J'adore le fond onirique et spatial par contre le premier plan est digne du grand train des horreurs de la fête à Neuneu.
Deux énergumènes à perruques immondes font des poses bizarres sur un glaçon. Pendant que Mme fait la position, ô combien élégante, de la femme bourrée se tenant aux murs pendant qu'elle est aux toilettes, M., ah non désolé Mr. Pietragalla - oui, c'est mieux de faire du médiocre en famille - nous gratifie d'une magnifique position sportive tirée du yoga moldave : la position du phoque en train de crever.
De là à dire que le message du spectacle est que l'on chie sur les phoques même en étant constipé...
Merci Pietra.

dimanche 17 février 2013

Vas-y, ma chérie.


Toute la journée, on nous vend tout et n'importe quoi à coups de bonasses dénudées et suggestives. De la musique de merde, au paillasson, en passant par des voyages au pays du fromage, on ne voit plus que ça.
Notez que je ne m'en plains pas, mes yeux apprécient toujours ce qu'on leur offre.
Je ne parlerai pas de la bassesse et surtout du vide que tout cela souligne mais si l'on regarde cet esprit cap d'Agde sous un autre angle, on ne voit que des femmes, uniquement des femmes.
Il faut arrêter avec le féminisme désuet et les questions d'image de la femme, donc pourquoi voit-on peu d'homme à moitié poil pour nous fourguer les dernières merdes inutiles ?
Quels sont les signes d'excitation sexuelle pour un homme ?

Pour une femme, c''est plus ou moins ce que l'on voit dans les vidéos musicales : sucer quelque chose langoureusement ( comme son doigt ), remettre ses cheveux en arrière d'un grand mouvement de la tête, faire ressortir son fessier même de manière totalement non -naturelle, faire dans l'œil de biche et appuyer son regard boudeur d'une légère torsion des épaules mettant ainsi plus en évidence certains atouts dits mammaires.
Pour un homme, il faudrait donc :

- Faire tout le temps la gueule et soudainement émettre un grand sourire
- Être rasé comme un cowboy
- Le jean assez serré en haut, histoire de mouler les fesses et le paquet et les cuisses (oui, les mollets, on s'en fiche).
- Jouer le fantasme du plombier ou du pompier.
- Être habillé mais sortir quelques muscles genre les bras, histoire de faire "je suis sexy mais timide".
- Sortir sa grosse voiture, parce que ses couilles c'est plus répréhensible.

Et pourquoi les hommes ne peuvent pas se pencher sur une voiture, fesses en arrières et mollets apparents sous le bermuda ?
Pourquoi on ne vend pas de voyage aux Antilles avec des hommes lambda sur la plage ?
Existe-t-il un Manara de l'homme ?
Les hommes ne sont-ils pas autre chose qu'une carte bleue ambulante ?
Quand est-ce que l'on mettra les grandes tirades de l'histoire comme "salope, vous trouvez que c'est une insulte ou un compliment" au masculin ?

mercredi 13 février 2013

Kiss me, love me, kill me.


Ah la saint Valentin... Chaque année, il faut trouver quelque chose de nouveau à faire, ou à écrire dans mon cas.
Cette année, pour être et rester original je ne peux que vous conseiller de passer cette journée/soirée devant Splash, la nouvelle connerie made in TF1.
Les abysses de la perte de temps humaine : de la grosse musique qui tâche, des filles en bikinis, de l'humour potache pas drôle et on remplit et on remplit, un vrai club échangiste du temps télévisuel. On se contrefout du plongeon et on mate les pépées; le Cap d'Agde je vous dit !
On se rend surtout compte qu'un plongeur c'est comme un cocaïnomane, ça renifle tout le temps.
On sauve les greluches à nichons et puis qui vivra verra. Sérieusement, passer la Saint Valentin, pourquoi pas, mais au moins passez ce truc.

Si l'amour a de multiples définitions, je pense que devoir subir ce triste spectacle n'en est pas un preuve. L'amour de l'autre, l'amour du sport, l'amour du débile, l'amour de l'ennui, rien ne justifie cela.
L'amour c'est peut être tout simplement quelqu'un qui vient vous passer sa main dans la nuque et dans les cheveux pendant que l'on est assis, les pensées plongées dans quelque chose d'obscure.
Cette petite chose du quotidien qui ne nous fait peut être pas avancer, mais justifie chaque minute de nos vies.
Pour tous les Valentins; ceux qui en ont, ceux en rêvent :
Mano Solo : Chaque matin (version album, Rentrer au port, 2009)
Avec en plus les accords car les sentiments ça se chantent (Merci à Pattwo).

[Capo sur 2 ]

C                    G/B             Am
  Depuis que j'ai la chance chaque matin
         F                C
d'ouvrir mes yeux sur les tiens si grands
         Gsus4              G
que plus rien ne me retient
             C            G/B         Am              F
Qu'il est possible de s'aimer, de vraiment le partager
         C               G             C                     F    C
comme ce rayon de lumière qui nous rend tous les deux fiers.

      F                         C
De marcher côte à côte, une vie qui sera la notre
           F                           C 
Saint Christophe est avec nous, nos chapeaux de roues nous emporteront
     F                                C
dans toutes les saisons du bonheur au gré de tout ce qu'on pourra semer,
D7                                    G           G7
  avec l'envie de vouloir faire naître la paix du cœur.

C                 G/B                Am
  Depuis que j'ai la chance chaque matin
           F                 C
de ne plus avoir peur pour demain
                                Gsus4    G
et que tu me regardes comme un homme,
      C               G/B                   Am           F
Tu me prends comme je viens, qu'il m'est possible de t'aimer
       C              G                  C      F   C
d'être libre dans tes bras aimantés et enfin me reposer

      F
C'est toute une vie que je viens de passer 
C
  en prières à te chercher,
    F                    C
Une vie de mirages et de portes enfoncées,
       F                          C
à être en cage dans l'attente que tu viennes à exister
           D7        G     G7
et te voilà si simplement, tendrement.

C                 G/B                Am
  Depuis que j'ai la chance chaque matin,
       F                        C
D'être l'homme le plus riche du monde
                             Gsus4       G
Dans tout ce que je lis dans ton sourire.
      C           G/B              Am              F         
Je me sens si bien  qu'il m'est possible de t'aimer,
           C                     G
de vraiment le partager comme ce rayon de lumière
         C             F    C
qui nous rend tous les deux fiers.        

Version live à l'Olympia (ma préférée) : Chaque matin (il faut être inscrit sur Deezer pour l'écouter en entier, heureusement c'est gratuit).
Salucofagos, et n'oubliez pas : la vie est un cri.

lundi 11 février 2013

Jack Médecin, chapitre 11 : Entrée des artistes, sortie des guignols.


L'ambiance et le café étaient chauds, cela tombait bien car Jack Médecin aussi.
Au Carioca, le cocktail était peut être à 180 couronnes mais par contre on en avait plein la vue : filles de rêves en petite tenue, pole dance de haute volée, courbes de reins à tomber par terre, lithographies victoriennes et cariatides dorées à chaque porte.
Une véritable soirée Ferrero, les putes et l'alcool en plus.
La barmaid lui avait dit que Papa Gueno était absent aujourd'hui, ainsi c'était le signe rêvé pour commencer une soirée en forme de tournée des grands ducs.

Dans un des canapé en velours vermillon, Jack sa pinte de B52 pendant que Mounika (véritable nom tchèque : Monica; nom de code : Booboobs ) se donnait à ses yeux aux lueurs animales.
Des dizaines de filles dénudées se déhanchaient langoureusement sur de la musique ringarde; la seule chose qui distinguait le Carioca d'une véritable boîte de nuit française était le fait que les filles sont payées et ne sont pas là que pour se faire remplir la cavité vaginale de foutre.
Le jeu de lumière passant du vert sapin, au fuchsia, tout en passant par le rouge sang commençait à souligner la légère sudation de Jack Médecin. Chaque gorgée de son cocktail se déroulait dans sa gorge comme un douce coulée de lave, un chaud réconfort faisant échos à Mounika. Chaque mouvement, chaque regard d'elle embrasait l'esprit de notre héros. A côté des idées qui se bousculaient en lui et des flammes qui tourbillonnaient dans ses pupilles, la chaleur infernale qui régnait dans son pantalon ,'était rien, tout juste une coquillette Panzani dans un verre d'eau tiède.

Mais, un nouvel arrivant dans le sublime chant de vision allait bouleverser cette superbe chorégraphie d'un goût très prononcé.
René le grillager arriva blême, soutenu par son beau-frère, Paulo le pédalo.. Souvent la police praguoise et l'association nationale des sculpteurs de grillages de poules lui faisaient des misères pour son mercantilisme outrancier. Il est vrai que pour traîner sur les terrasses de bars avec sa camelote, il était pas dans le dernier wagon.
Jack fit signe à Mounika d'aller se reposer quelque temps en lui tendant, tel un vrai gentleman, un billet de 2000 couronnes.
René semblait vraiment malade, comme un jeune foufou revenant d'une soirée du XVe ou des alentours de la rue du Louvre. le genre d'animal boiteux et faiblard que les lions chassaient quand le troupeau fut passé et la bise venue.
En l'examinant de plus près, soit René ne savait pas pas ranger correctement un couteau, soit quelqu'un l'avait poignarder au ventre.

Ce bon vieux René avait dû finir par vraiment énervé quelqu'un à force de fourrer son nez et ses doigts sales partout, et pas que pour des productions cinématographiques pour public majeur.
Paulo le déposa, enfin le laissa tomber, sur le divan puis alla au bar laissant les deux vieux amis à leur discussion. Enfin, discussion était un bien grand mot. Jack était un peu rond comme une barrique donc son élocution était quelque peu bancal - comme lui même si jamais il se mettait debout - mais le chapeau revenait à René. Seul un filet de voix quasi-inaudible sortait de sa bouche , avec un peu de sang en supplément.

Pour résumer la longue et difficile conversation, Paulo le pédalo devait rejoindre René sur le pont Saint Charles. Il le vit de loin, lui faisant signe mais le temps d'arriver à lui et de slalomer entre des nuées de touristes, René était appuyé contre un mur tentant de retenir avec une main les filets de sang qui quittaient sa blessure.
René jura n'avoir pas vu, ni même vraiment sentit, ce qu'il s'était passé.
L'esprit de René commençait à partir tout doucement, tout comme certains clients ayant aperçu le bestiaux affalé sur le divan.
Seuls quelques mots murmurés viennent clore cet échange des plus volubile : "Krasucki, sais... Te chercher... Te tuer... Maman..."

Le Carioca étant une boîte sérieuse, les molosses attendirent la fin de la confirmation pour virer manu militari René et son beauf. Les divans avaient beau être de velours rouges, les tâches de sang faisaient du plus mauvais genre; les clients pourraient croire qu'elles seraient issues des danseuses.
Jack Médecin ne savait par où commencer pour régler son compte à Krasucki mais si ce dernier s'attendait à le voir rentrer à l'hôtel était trop risqué désormais. Heureusement, Mounika finissait son service dans peu de temps et Jack avait encore pas mal de gros billets sur lui. Il attendis qu'elle se rhabille en fumant une cigarette dans la nuit praguoise, dans une rue aux pavés usés sur lesquels défilait en titubant la jeunesse d'Europe.
Mais c'était sans savoir qu'assis sur la terrasse chauffée du trottoir d'en face un homme l'observait attentivement : Don Kibboutz.

(A suivre)

samedi 9 février 2013

Anges purs, anges radieux.



Aujourd'hui, les loulous, le texte n'est là que pour servir la musique, et quelle musique !
Faust (Gounod) : Acte IV, scène 2 : Seigneur, daignez permettre.
Mise en scène que je trouve très jolie (malgré un tâcheron de réalisateur qui superpose les danseuses avec les chanteurs). Très bonne Marguerite, par ailleurs.

Autre version, avec un son un peu meilleur : la fameuse mise en scène de McVicar.

Méphistophélès

Souviens-toi du passé, quand sous l'aile des anges,
Abritant ton bonheur,
Tu venais dans son temple, en chantant ses louanges,
Adorer le Seigneur!
Lorsque tu bégayais une chaste prière
D'une timide voix,
Et portais dans ton cœur les baisers de ta mère,
Et Dieu tout à la fois!...
C'en est fait!... les élus ont détourné leur face
De ton sombre chemin,
Le ciel t'a condamnée, et le juste qui passe
Ne te tend plus la main!
Écoute ces clameurs, c'est l'enfer qui t'appelle!...
C'est l'enfer qui te suit!
C'est l'éternel remords et l'angoisse éternelle
Dans l'éternelle nuit!


jeudi 7 février 2013

Envie d'évasion.


Dans le monde des comics, il y a beaucoup de grands noms, tellement nombreux que je n'en citerai pas. Il y a certains parmi eux qui sont devenus des monstres immondes se faisant aduler d'un côté et balançant à tous des travaux d'une horreur sans nom. Le membre le plus éminent de cette société du ringard est Alan Moore. Depuis 2005, l'homme nous livre les pires histoires possibles.
le symbole le plus flagrant de cette déchéance est La ligue des gentlemen extraordinaires. Deux premiers volumes d'une très bonne facture publiées début 2000, et malheureusement il voulu remettre le couvert plusieurs années plus tard. Divisé en trois époques (1910 - 1969 --2009), ce volume donne envie de remettre l'autodafé à l'ordre du jour; d'ailleurs, je ne vous ferai pas de présentation du premier livre 1910, tellement je n'ai pas envie de le rouvrir. Mais dans votre malheur, j'ai lu les deux derniers à la suite.

1969

Absolument vulgaire; du sexe ni drôle, ni révoltant, ni rien, juste inutile.
Tout comme 1910, ce n'est pas bâclé mais on a une indigestion de références pour enfants de 10 ans .
L'histoire est franchement inintéressante et elle est surtout construite sur des ramifications totalement inutiles.
En fait, au bout d'un moment on ne regarde plus que les dessins de O'Neil et on zappe la plupart de la bouillie du vieux Moore.
Lost Girls était très bon et très sexuel mais là : on a de la nudité ou du sexe gratuit un peu partout. Ok les années 60, liberté sexuelle tout ça mais paye ton scénario : On ne nous montre pas le rapport sexuel entre deux femmes alors que cela apporte quelque chose à l'histoire; par contre des bites, des culottes et des scènes de cul totalement vulgaires et sans liaison avec l'intrigue ou le développement des personnages sont légions (souvent en arrière-plan, genre ni vu, ni connu).

2009

Bon c'est déjà beaucoup plus agréable à lire. Bien que la bouillasse de références est toujours aussi indigeste.
Et soudain : référence à Harry Potter... Une allusion qui s'étend sur plusieurs pages avec la subtilité et l'élégance d'un Jean-Marie Bigard lors d'un colloque sur les maladies intestinales.
On ne comprend toujours pas grand chose mais on suit tant bien que mal.
Et voilà, qu'arrive le bordel final, toujours avec une vulgarité de plus aberrante. Mais c'est là que l'on trouve le point le plus jouissif de ces trois volumes : c'est fini !

mardi 5 février 2013

Cindy (2e partie)

Sur les chapeaux de roues, je vous dis !

Toujours plus loin, toujours plus haut comme disait la voix du mellow.
Continuons notre plongée dans les abysses du médiocre, avec la suite de Cindy, la pauvresse du pavillon de banlieue et de la langue française.
Mais voici la vidéo des premières chansons chroniquées aujourd'hui : Attention, les yeux (et les oreilles). Et ça c'est la deuxième partie !

Le schéma Marâtre et belles-soeurs/Cindy pauvresse s'arrête enfin. Déjà 15 minutes que ça marche...
Revoilà, le papa aviateur enterré avec sa 'carlingue'. Instant flash-back car elle dit "Imagine que tu meurs"; il faut avouer que on comprend tellement rien qu'il faut bien nous aiguiller un peu.
On apprend donc qu'il lui a révélé avant de mourir qui était sa véritable mère. Sans surprise, Cindy est "une enfant de l'amour", mais bon vu sa situation , on s'en balance un peu.
Papa en profite également pour faire l'éloge de ses qualités relationnelles :
"Pour toutes les femmes que j'ai aimé un jour, j'ai toujours été un homme qui passe, un homme qui n'a jamais donné d'amour en retour; un jour Superman, un jour Fantômas. Un homme qui s'efface sans laisser de trace." Mon père est une bite sur pattes, la classe !

L'abominable histoire d'un homme contrôlé par son sexe !

Mais Maman arrive pour un duo parental. L'auteur essaye de faire une séquence pleurs et guimauve mais au final cela tient plus d'un rapport de la brigade des mœurs :
"Moi fille du soleil, toi qui venait du pays de la pluie. (Bien les clichés, au moins c'est pas pays de la binouze et  des roux, c'est déjà ça).
Loin de Cuba [...], dans ce pays de l'interdit [...] Ce baiser qui nous blessent si fort habite t-il encore dans ton corps" (non je suis désolé, je pense fortement que la mère de la dite Cindy était une fiéfée gourgandine aux qualités tarifées).
On reprend l'opposition soleil/pluie (voir aussi les costumes des deux parents), Chateaubriand aurait enragé de ne pas avoir trouvé ce subtil procédé.

Et là un déluge de sons immondes se déversent dans oreilles. Un mélange de musique année 80 et de compositions fauchées pour mariages à pas chers. Le top du top revient au bridge salsa cubaine qui fait plus penser à une pub Old el Paso qu'à de la musique caribéenne.
Musique, Maestro.
"Les rues de la Havane, solitaires, tristes sans lumières (en même qui connaît d'autres villes de Cuba ?), il se pavane (rime à faire frémir un dictionnaire) autour d'un triste lampadaire. (je croyais qu'il n'y a avait pas de lumières [...] mon sourire t'interpelle, je te poursuis à travers les ruelles et te suit à ton hôtel." (donc oui, la mer de Cindy est une pute. Pas une pute comme dans l'expression populaire "ah la grosse pute' mais bel et bien une fille qui vend sa muqueuse et ses sécrétions vaginales pour un peu d'argent)
La mère de Cindy et son bordel (dans tous les sens du terme).

Cindy dodeline tout contente; elle vient d'apprendre que son papa chéri a engrosser la première prostituée venue dès la descente de l'avion mais ça à l'air plutôt cool pour elle...
Sur la fin, on peut voir une belle troupe de danseurs saltimbanque sous LCD faire n'importe quoi autour de la mère. Mettre un peu d'actes pour illustrer le n'importe quoi des paroles, c'est important !
En même temps, maman se dandine les jambons comme chèvre en rut à leur côté; sûrement une vielle habitude de son travail...

Papa reprend sa chanson de merde... Transition musicale au hachoir, et dialogues chantés qui écorchent les oreilles tellement c'est faux et moche.
Du coup, on apprend que la mère a filé la pauvresse a son père Bite-en-folie et a épousé un autre homme.
Pas un pour rattraper l'autre, tu m'étonnes que Cindy n'ait pas toutes ses facultés intellectuelles.
Une réalisation aussi hideuse que le reste.
Pour continuer en fanfare : Belle chanson.
Heureusement, la marâtre revient pour expliciter tout ça: "chaque fois que je revois ton père, je le vois regarder la mer (depuis leur pavillon de banlieue parisienne ça va être dur mais bon)
J'aimais le son de son nom (super la meuf), j'ai senti mon corps traversait l'ouragan de la passion" (un spectacle mettant en scène des libidineux, je vous dit!). Des adultes complètement obsédés par le sexe, on a hâte de voir Cindy et ses amis dans la suite.
"Eh bien avec nos trois filles, ON S'FRA une famille" (notez toujours la haute distinction de la mère..)
-Avant d'aller plus loin je dois vous avertir, Cindy est une métisse
-Alors je dois réfléchir. "
Toujours plus loin, toujours plus haut !
On va sérieusement nous faire croire qu'il y a une histoire de racisme a deux francs là dedans ?
On apprends que la belle-mère aussi a mal vécu la mort du barbichu : "mon corps s'est refermé (tu m'étonnes, la cochonne) comme une feuille fanée (ah, les feuillent fanées se ferment ? Enfin bon..) Arrêter de croire en Dieu et voulu me tuer en vous emportant toutes les deux pour vous protéger de ce monde affreux "(pas logique tout ça).
Heureusement, remet les choses au clair en avouant que la "seule femme de sa vie, à qui il a donné tout son amour" (sortant de sa bouche de pervers, on craint le pire), c'est elle "sa Cindy". Allumez les briquets et faite chauffer les chamallow !
"Personne ne me comprend !"
Attention Lââm revient et elle est vénèrre - en même temps cela tombe bien puisqu'elle va faire rimer ça avec 'ma mère'.
Mais souffrez plutôt : Oh que c'est beau !

"Chaque fois qu'il s'en allait, sa casquette sur les yeux " (tu m'étonnes qu'il se soit craché avec son coucou...)
Et là, le meilleur de la pop année 80 dont même Chérie FM aurait honte, nous bouscule les oreilles. Heureusement cela dure peu de temps et on a quand même le temps de sa bâfrer de mythiques paroles :
"T'inquiète pas pour moi, je pilote un avion qui porte le beau nom de Concorde".
Grand moment de spectacle lorsque le père offre à Cindy une "bague étoilé". Quand on voit l'immonde quincaillerie et sa taille on a le choix de entre le poing américain et l'emporte-pièce.
En plus, elle fait de jolies incrustations pixellisées bien dégueulasse, histoire de pousser l'horreur jusqu'au bout !
La classe, la vraie !

C'est tout pour aujourd'hui mais la prochaine fois, l'histoire s'emballe (il était temps), car tous les protagonistes se préparent pour "le bal a Ricky", l'anniversaire d'une star n'aimant que très moyennement les règles du français.
En prime du dit Ricky et sa moumoute il y aura son producteur qui chante avec ses couilles, un gros couturier hilarant au nom à la con et tout plein d'autres choses au milieu de costumes aussi hideux que les textes.

(A suivre)

dimanche 3 février 2013

Dans un coin.


- Se sentir vingt ans quand on a vingt ans, c'est formidable ! Mais se sentir cent ans quand on en a trente-six, c'est funèbre.
Il se redressa, s'assit en tailleur et poursuivit :
- Je me sens funèbre d'ordinaire. Chaque fois que je me rencontre dans une glace je le constate. Funèbre ! Je suis mon enterrement sans musique. Je joue tous les rôles : je suis le croque-mort et le corbillard, le cheval qui traîne et le cadavre traîné, la famille qui pleure et les indifférents qui rigolent de la mort du mort.
« Ce pauvre Avène, tout de même, il avait une gueule de raie, un caractère de cochon, mais il faisait partie du paysage. Et bon maître avec ça ! Il cognait les gosses car il était partisan des vieilles méthodes, mais il avait quatre-vingt-quinze pour cent de réussite au certificat. »
  Il éclata de rire.

Dard, F; L'accident; Éditions Fleuve Noir, 1961: p.140