jeudi 3 mai 2012

Hip To Be Square.


Chers amis, chère maman, vous pensiez que j'en avez fini avec les critiques filousophiques sur des grands chef d'oeuvre Roman/film comme Fight Club ? Et bien, vous aviez raison; pour Fight Club. Car aujourd'hui c'est American Psycho qui est au menu (et j'essaierai de parler aussi bien du roman que de son adaptation que je trouve très réussi pour ma part).

Si l'on prend le roman, il faut bien voir combien il était innovant à son époque de parution (1991). Innovant de par ses qualités et styles littéraires : combien y'a t'il maintenant de romans reprenant les mêmes successions de marques? Mais je ne m'étendrai pas plus longtemps dessus car je suis d'humeur fainéante et je vous sens déjà bailler (sauf toi maman, bien sûr), et vous n'avez qu'à le lire, bande de vilains paresseux.

Différents niveaux de lecture s'appliquent à l'oeuvre, et il y en a pour tout le monde: satire sociale, récit morbide d'un serial killer, comédie horrifique, bref chacun décide.
Personnellement je penche pour la dernière option, certes l'humour est noir et grinçant mais c'est l'une des parties essentielles d'American Psycho. Le film comme le roman vont au-delà des genres.



Patrick Bateman est quelqu'un de haut placé et qui a l'air plutôt brillant (bien qu'il travaille dans la boîte de son père, mais ne semble pas l'apprécier plus que ça). Mais Patrick ne fait jamais rien, il ne bosse simplement pas. Même quand le détective Kimball entre dans son bureau pour la première fois, il fait semblant d'être au téléphone mais ne parle pas boulot mais fringues. D'ailleurs, il ne parle jamais boulot directement, mis à part en parlant de collègues qui auraient récupéré tel ou tel dossier mais sans plus.


La violence n'est pas choquante dans sa description, car aujourd'hui - et même lors de la parution du livre - les détails crus, sexuels ou gores, ne choquent plus. La violence est morale car il n'y en a aucune.
C'est bien là l'essence: une description exacerbée d'une époque (mais est-elle loin?) sans vraiment de morale ou de justice où la richesse donnait le droit à beaucoup de choses, et en premier lieu de la montrer. Une vision qui ne porte aucun jugement comme pour ne pas trouver d'excuse ou d'espoir, signifiant ainsi son intemporalité.
C'est un monde à l'image de Bateman: sans réelles émotions, où personne ne sait vraiment qui est qui et d'ailleurs eux-mêmes ne savent qui ils sont.


Bateman est la part noire que nous possédons tous; il est un fantasme: avoir de l'argent a ne pas savoir quoi en faire, laisser libre court a ses pulsions, ne pas avoir de problème moraux, avoir une image et un contrôle de son paraître impeccable etc.

Ainsi, American Psycho fait frissonner, fait rire et fait réfléchir, alors que demande le peuple à part des sous ?
Et n'oubliez pas de rendre vos vidéocassettes!


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