jeudi 31 janvier 2013
Mille et une vies.
Pour Célinas J. de las Casas que l'on aime plus que la cocaïne, l'apéro et les coquines.
La nuit descend lentement sur Paris. Sous le ciel entre rubis et carmin, une horde de voitures traînent dans cette gorge de béton qu'est le périphérique. De longues files de quadrilatères lumineux s'engouffrant dans un vaste tunnel; en y entrant elles doivent sûrement abandonner tout espoir.
Au dessus de l'exode dioxydé, un bâtiment écrase le paysage avec lourdeur. Tout aussi laid, il ne tranche pas vraiment avec le périph', mais sa monstrueuse masse de béton dégueulasse (pléonasme) renvoie la ville à un vulgaire assemblage de maisons de poupées en carton.
Telle une vilaine souillon de banlieue se préparant pour aller emballer en boîte, le stade s'habille de lumières.
A ses pieds, des milliers d'ombres quittent les dernières lueurs vespérales pour la lumière agressive et glacée des néons.
Dans la partie VIP, les costumes cintrés à fines rayures côtoient les maillots synthétiques aux couleurs criardes floqués inutilement. Debout verre à la main, affalé dans les canapés, les conversations vont bon train pendant que les plateaux défilent; une flûte par-ci, une canapé par-là, s'occuper la main tout en parlant en attendant d'en profiter. L'art de discuter tout en s'empiffrant négligemment; le funambulisme de l'échange sans avoir la bouche pleine pour ceux ayant un minimum d'éducation.
Une jeune fille vient de commencer sa soirée. Avant d'avoir à se coltiner les plateaux de champagne, son travail consiste à faire des aller-retours pour offrir de la part du comité et de toute l'équipe un charmant cadeau soigneusement emballé aux donateurs aisés; cadeau qui consistait généralement en une bouteille de vin. Bien que le vin en soit ne soit pas le dernier des jajas, cela lui rappelait les immondes paniers municipaux offerts aux petits vieux pour Noël. Ces paniers imitations osier remplis de plastique imitation paille et conserves 100% dégueulasses.
On traite les mécènes de la même manière que la pauvre petite vieille du dessous, c'est peut être ça la vraie égalité démocratique.
Personne ne fait attention à elle. Sa silhouette fluette se faufile discrètement entre les groupes; il doit bien avoir un ou deux DSK dans l'assemblée, mais même face à une jeune fille en robe il y a peu de regards appuyés. Même son léger accent méridional semble passer aussi inaperçu que sa frimousse et son grand sourire appuyé par ses profonds yeux sombres.
Au final, ils auraient pu embaucher la première caissière fadasse de proximité ayant un tant soit peu de prestance, qu'est-ce que cela aurait changé pour les VIP du canapé fin et du pétillant champenois ? Mais cela ne la dérangeait pas : le boulot était simple et bien payé et les collègues agréables, elles n'en demandait pas plus. Si elle avait voulu se faire salement mater, elle aurait postulé au Corcoran ou au Oz.
De toutes façons, ce soir tous les regards ne se tournaient que vers un homme : un grand joueur à l'accent barbare et l'appendice nasale important était venu passer saluer tout ce beau monde. Tour à tour, on le félicite sur son autobiographie au titre aussi humble qu'Amélie Nothomb - qui, elle, a au moins le mérite de rédiger ce qu'elle publie. Elle ne l'avait pas lu mais son exigence culturelle et intellectuelle s'y opposait catégoriquement.
Il avait l'air aussi intelligent que sa quatrième de couverture... Ce n'était pas avec cela que elle trouverait un successeur à Del Dongo et Clélia.
Heureusement, la journée se finissait. Ses escarpins commencent à lui faire mal et elle peut entendre sa couette la réclamer désespérément, tel un huissier aux abois.
Le plus dur sera pour demain quand elle devra assurer une réception avec le grand patron de Père Dodu. Des hors d'œuvres au poulet, des plats à base de poulet, des idiots déguisés en poulets de carnaval, il y aura peut être même de véritables poulets partout...
L'horreur, la vraie, celle qui empêche de dormir et fait frissonner; un sentiment fort désagréable, à ne pas confondre avec tout autre chose qui empêche également de dormir et fait frissonner...
Les gallinacés étaient encore loin. Le long ronronnement du métro l'entraîne doucement vers son lit chaud et douillet. Sans plateau et cadeau à porter, sans commentaire sportif et surtout sans ignoble poulet.
mardi 29 janvier 2013
No more Mr Book !
Combien de personnes ais-je rencontré dans ma vie ?
Des milliers, des centaines de milliers. Du plus fidèle ami à l'anonyme croisé au détour d'une rue.
Des ombres qui ne doivent leurs existences dans ma vie qu'à ma persistance rétinienne; d'autres qui ont été au-delà de la plus basique et sociale apparence.
Cette charmante petite dame me demandant son chemin. Seulement quelques dizaines de secondes.
Qu'a-t-elle vu ? Qu'a t-elle vécue lors de sa vie ?
Des histoires d'amours, des rêves désuets, une vie mâtinée de joie et de solitude.
Je ne l'aurais vu que quelques instants, une goutte de rien dans le long cours de sa vie. Il y a dû y avoir des centaines de rencontres pareilles à celle-ci pour elle. Des millions de personnes à qui l'on n'adresse que quelques mots simples et un sourire avant de s'en retourner vers ce quotidien que l'on ne connaît que trop.
Peut-être n'est-elle plus ? Et si j'avais été un des derniers à converser avec elle ?
Tous ces gens que l'on croise, que l'on aperçoit et que l'on oublie. Ces personnes qui ont vu des aurores boréales, Venise, Neil Armstrong, le World Trade Center, la guerre, la voie lactée dans les cieux clairs et les tempêtes d'Ouessant.
Toutes ces femmes qui auraient pu par un concours de circonstances devenir la femme d'un instant, le jeu d'un temps ou l'amour d'une vie.
A chaque instant, on rencontre un grand, un fort, un inébranlable amour, beau et aussi fugace qu'un rêve que l'on ne retrouvera jamais.
Cette jeune fille au regard profond et aux cheveux doux et chaud comme le café, nos regards se sont croisés, peut être aurais-je dû dire, faire quelque chose ?
Tous ces échanges qui n'ont jamais eu lieu. Tout aussi éphémères que ceux que nous avons créé et qui se perdront, éparpillés par le vent, eux aussi.
Tout ce monde qui reste à découvrir, tant de choses à accomplir.
Tout ces évènements qui peuvent devenir une nouvelle routine.
Combien de nouveaux soleils, combien de nouveaux quotidiens nous échappent ?
dimanche 27 janvier 2013
Pavillon de Flore.
Il porte la main aux paupières
Quand fut prononcé le nom de Camille
le regard de Saint-Just
et Billaud qui ne lâchait pas prise, d'accord pour éliminer Hébert à condition que Danton y passe après
la feutrine verte
De retour à la maison, à l'aube longtemps assis au bord du lit
Deux heures après, réveillé en sursaut, retourner au Palais, avant d'expliquer à l'Assemblée
Se retrouver autour de cette où avait circulé l'enveloppe, premier papier sous la main pour la liste
Les regards s'évitaient
Entre-temps : arrêtés, tirés de chez eux
Sa main aux paupières
entre les cils, un peu de verdure... le ciel... je voyais couler le sang comme si c'était le mien, non, couler un ruisseau, un ruisseau de sang, mon sang - mais !
Il s'est levé d'un bond, regarde alentour, l'herbe, ce vert, la feutrine. Passe sa main aux paupières. Se rassoit.
Il le fallait.
Il faut toujours, il faut
Tu as besoin de te persuader ?
Il le fallait pourtant
Domecq, J-P; Robespierre, derniers temps; Éditions Gallimard, 2011; p.205
vendredi 25 janvier 2013
Calendos de la Vega.
Même si vous n'êtes ni étudiants, ni chômeur, ni aficionados de la télévision, vous avez sûrement vu au détour d'une chaîne une magnifique publicité qui n'a pas manqué de vous outrer. Si elle ne vous a pas offusqué ou interloqué un minimum; c'est que vous êtes un sacré gougnafier, permettez moi de le dire.
Dans ce merveilleux spot, on peut voir une femme inviter son conjoint à se bouger les miches pour aller dîner chez Paulo, leur ami partouzeur de droite.
Jean-claude, le mari, fronce les sourcils et avec sa belle tête d'idiot du village annonce à Madame :
- Ah mais Paulo, il n'aime que la vinasse et les flamenkuche, du coup il n'y aura pas de fromage. Enfin, surtout parce que Paulo a été élevé dans une étable et donc ne sait pas recevoir à dîner. Et comme je suis aussi con et égoïste que lui, je pars pas sans emmener mon frometon industriel. Parce que, moi, les dîners à la con je m'en balance royalement si jamais je ne peux pas faire chier mon monde avec ça. Tout le monde sait que je suis con et chiant donc autant l'être jusqu'au bout. Est-ce que tu me suis Georgette ?"
Ainsi, le gars il arrive chez Paulo et tranquillement, la bouche en cœur, il balance son fromage sur la table sans prévenir, l'air de dire 'heureusement que je pense à tout, bande de cons '.
Quelqu'un fait ça chez moi, ma volonté d'être humain sera écartelée entre le fait d'exploser de rire ou de lui mettre une bonne baffe en travers du museau.
Il arrive que l'hôte soit un peu oublieux mais de là à lui faire cet affront. D'accord, ce n'est pas avec des exemples comme Un dîner presque parfait que l'on va avancer mais tout de même. "Ce n'est pas fermier ? Ah ba non alors." "Désolé, je ne mange que la partie rose des radis."
Ça commence avec le fromage, ça continue aux vins, ça enchaîne avec la musique et ça finit avec les invités. En fait, il suffit de rester seul chez soi pour rendre heureux des gens comme cela.
Manger des plats au-delà de l'immonde, dans un décor de mauvais goût, avec en plus des têtes de cons sous le nez, non merci !
A la limite, tout ça peut être pardonné si vous ramener quelque chose de fin et délicieux, encore faut-il que vous préveniez.
La publicité est la chose la plus bête du monde, nous en convenons tous. Certaines personnes sont assurément la honte de milliers d'années d'évolution et de culture, bien sûr. L'enfer, c'est les autres, ok. Mais est-ce que tout cela justifie une sainte croisade contre ce genre de personnages ?
Chacun jugera et trouvera la réponse en son for intérieur, mais j'estime que vouloir ramener son claquos et te le coller sous le nez en ta propre demeure est un casus belli pour au moins lui rappeler ô combien sa vie est moche ( femme volage, entreprise au bord de la faillite, enfants délinquants, patron désagréable, vieillesse de Johnny Hallyday, etc.). Et bien sûr, son bordel à moisissures, tu le balances à l'autre bout de la pièce ou tu le lui colles sur le coin de la trogne.
Finalement, le pire dans tout cela, c'est que le bousin doit même pas être bon.
mercredi 23 janvier 2013
Roublardise à piles.
L'adaptation de La bande à Picsou sur Nes et Game-Boy. Un petit jeu fort sympa mais, pour votre serviteur, il y avait plus que le jeu, il y avait la musique !
Je ne jouais même pas au jeu (enfin la plupart du temps). J'usais les piles uniquement pour entendre et ré-entendre cette musique. Elle m'a poursuivi jusqu'à une place d'honneur dans mon MP3.
Encore aujourd'hui, entendre ceci me redonne toute la force de mes 8 ans (oui, j'étais très musclé, à l'époque). Le son magique des jeux vidéos 8 et 16 bit, je m'en lasserai jamais.
La preuve maintenant j'écoute ceci : Slagsmålsklubben - När Jag Låg I Solen.
C'est ma madeleine de Proust que je mange chaque matin au petit-déjeuner avec un sourire béat.
Bon, je dois confesser que j'adorais surtout la série TV de La bande à Picsou. D'ailleurs, un petit coup de générique et je fais péter les Watt avec ma voix de stentor (rien à voir avec les guignols qui chantent les corons).
Allez, vive la jeunesse (et surtout la notre) !
Salucofagos.
dimanche 20 janvier 2013
Cindy (première partie)
Comme vous le savez tous, le monde est moche. Il y a les guerres, la maladie, la souffrance, Jean-Marc Morandini et la FNAC. Mais l'Apocalypse approchant, nos pauvres âmes tourmentées subissent également depuis quelques années un terrible fléau : les comédies musicales.
Avant, il y avait les vraies, celles qui avaient la classe, les Fred Astaire, les Gene Kelly. Maintenant, il a des médiocres qui braillent des idioties dans une mise en scène 'live' des plus immondes.
Et en tête de gondole de ces cathédrales du mauvais goût, on peut trouver Cindy, Cendrillon 2002. Un spectacle de rêve dans lequel Luc Plamondon, spécialiste du genre, se vautre dans les abysses de la parole laide.
Voici donc une visite guidée au cœur du mauvais !
Le rêve commence en ces termes : Cindy vit dans un pavillon de banlieue - du rêve en barre, ça Madame ! -avec sa belle-mère et ses deux demi-sœurs qui la traitent comme une servante. Elle est marquée par la mort récente de son père, Ronan, un pilote irlandais dont l·avion s·est crashé en mer. Elle se rappelle avec nostalgie la gigue qu·il lui faisait danser quand elle était petite (citation officielle).
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| L'héroïne fait penser à une tranche de mortadelle au Carrefour Market. |
Une histoire avec Satan - dont le cheval passe de noir a blanc - dont personne n'en a rien à carrer. En plus, pour une histoire censée être moderne, en banlieue tout ça, je ne pense pas que la gigue soit vraiment la danse la plus pertinente.
Citation : "la morale de cette histoire, c'est que les petites filles comme toi doivent obéir à leurs papas les soirs de mardi gras."
Donc Cindy, la souillon, a été élevé avec de bonnes histoires pourries possédant les morales les plus insipides de l'histoire humaine. Ça commence bien !
Preuve numéro une.
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| Tragédie grecque in progress. |
À 15 ans, quand elle lui demande qui était sa vraie mère, il lui répond qu'elle était une "Fille du soleil" prénommée Candela. Elle lui avait abandonné sa fille pour qu'elle ait une meilleure vie avec lui. Pour lui donner un foyer, Ronan se marie à une divorcée, mère de deux filles (citation officielle).
Florilège : "qu'elle fasse la popote et qu'elle nettoie les chiottes"; "qu'elle lave nos culottes et qu'elle décrotte nos bottes" ;
- J'entends des voix qui chuchotent, voilà les trois chochottes; il faut que je brosse bien mon plancher sinon elles vont me tabasser". Charmant tout ça, Baudelaire est définitivement mort.
"Nous ce qu'on aime c'est faire la fête, danser le rock'n roll (prononcez Wok'n Waul).
- Elles sont snob et elles sont bêtes et en plus elles se trouvent drôles (apparemment, cela rime avec rock'n roll)."
"Elle n'obéit qu'aux châtiments corporels.
- moi, j'en ai assez de ranger votre bordel."
Vous pensiez que le niveau zéro de la rime avait été atteint avec des Grand corps malade, des Sexion d'assaut et autres ? Heureusement, Cindy et Plamondon sont là pour vous prouvez que l'on peut toujours faire beaucoup de choses avec 3 neurones et 10 mots de vocabulaire tout en ayant une certaine reconnaissance artistique.
Preuve numéro 2.
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| Une performance qui fait mal aux yeux ? Pensez à vos oreilles également. |
"Le grand érable argenté a perdu toutes ses feuilles, plus personne pour m'appeler son petit écureuil." Une réflexion sur le deuil de plus haute volée.
"Toi, mon père qui dort sous la mer, ta carlingue comme cercueil. depuis que tu t'es envolé au pays des étoiles, mon enfance que l'on m'a volé revient me faire mal." La vision enfantine de la mort couplée avec 'ta carlingue comme cercueil', non y'a pas à dire on reste toujours dans la classe et les abysses de la recherche neurologique et psychologique - vu le niveau je dirais même psychiatrique - sur l'être et sa relation à la mort.
Ensuite, on sort les boules Quies car la pauvrette se met à gueuler. Ah ba oui, Lââm + comédie musicale = beuglements, forcément.
En plus elle continue de nous faire suer avec son histoire de gigue. Je ne vous dis rien mais on va en bouffer de la gigue. D'ailleurs, cette chanson n'est en fait que trois phrases répétées ad libitum.
On trouve dans ce fatras ma phrase préférée : "mes rêves interplanétaires se sont envolés en fumée". Ah oui, carrément... Pas mal comme taille de rêves, moi qui pensais qu'à son niveau une paire de sandales non-trouée ou un sandwich Sodebo à peine périmé seraient ses plus grands aspirations...
Preuve numéro 3.
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| L'opéra du pauvre et du look douteux. |
Vous vous souvenez qu'elles sont les reines de la rime riche ? Eh bien, revoici un petit florilège :
"Elle radote et elle radote et elle radote et elle radote pendant que maman tricote et que toutes les deux on papote. Elle s'isole et se désole pendant que nous on batifole, qu'on cacotte et qu'on ragotte, qu'on déconne et qu'on rigole." Du grand art, Jafar !
" Au lieu d'être à son affaire, toujours à parler toute seule. Qu'est ce qu'on pourrait faire pour lui fermer la gueule ? Toujours à chanter cet air, cet air que chantait son père quand il avait bu trop de bières."
Dans le monde, il y a des gens classes, bien élevé et poli et SURTOUT il y a ceux qui ne le sont pas. Je vous laisse deviner dans quelle catégorie on se situe avec ces paroles d'une finesse inégalée.
Je tiens à préciser que la marâtre se nomme La Palma, un nom qui évoque une employée de référence dans un claque madrilène, qui aurait vu la guerre d'Espagne dans sa jeunesse ainsi que nombres de médecins spécialistes des maladies vénériennes depuis.
Preuve numéro 4.
(La suite, très bientôt ! )
PS : là, il n'y a que 15 minutes de spectacle résumé. Sur deux heures...
vendredi 18 janvier 2013
Chapitre XXVI
Illustration musicale : Battlestar Sonatica par Bear McCreary
Sans avoir aucune idée de ce qu'il allait faire, Nicolas Brandebris se précipitait vers l'étrange machine. Un pied loin devant l'autre et elle se rapprochait.
Une dizaine de mètres le séparait de cette chose qui avait contenu l'espace d'un instant le visage de Noëline.
Elle ne revint qu'un instant, un simple et court instant qui prit possession de son être et finit d'écorcher son cœur.
Avant qu'il n'ait pu toucher la paroi luminescente, son souffle se coupa brusquement et une intense douleur comprima son thorax pour ensuite se diffuser dans chaque recoin de son tronc, tel un éclair irradiant une nuit d'été.
Alors que la douleur continuait implacablement de le faucher, Nicolas fit voler en éclats le pan en verre. Son tourment avait fini par atteindre tout son être; ces piques chauffées à blanc avaient réussi à atteindre jusqu'à ses yeux et l'extrémité de ses membres. Il sentit la machine éclater et l'engloutir.
La souffrance terrée en son dos et sa poitrine firent précipitamment place nette comme si la douleur avait dépassé toute perception humaine.
Une lumière vide et blanche l'enveloppa instantanément. Alors que la peur ne l'envahisse complètement, celle-ci devint chaude. Chaude comme un grand bain lascif, chaud comme une épaisse couette dans laquelle on se love après une grosse journée de travail.
Nicolas avait la sensation de flotter immobile mais un courant d'air chaud se déplaçait autour de lui et l'attirait peu à peu; tout son corps de distendait lentement mais sûrement, sans aucune douleur.
Des ombres défilaient sans un bruit, sans un regard. Il la voyait; là, du bout des doigts, à ses côtés... Mais était-ce seulement elle ?
Elle ne souriait toujours pas, elle ne souriait plus. Ses longs cheveux ne se déposaient plus en boucles cuivrées sur ses épaules. Ses yeux n'étaient plus ces grandes étendues où il aimait se perdre.
Il revoyait leur premier rendez-vous.
Attablé en terrasse, le soleil faisait perler son verre de bière. Il fixait les microscopiques bulles de gaz remonter jusqu'à la surface. De temps en temps, il levait la tête pour regarder les passants en espérant la voir arriver. Il était 17 heures, elle l'avait prévenu d'un léger retard.
Elle l'avait été mais son éclat et sa robe d'été firent oublier n'importe quelle montre.
Ce n'est que quelques heures plus tard qu'ils échangèrent leur premier baiser.
Ils avaient passé la soirée le long des quais avec quelques bières. Il avait acheté des petits écoliers et elle des Pierrot gourmand, cela dégoulinait de mignotise. Ils n'en avaient même pas mangé.
Il revoyait leur première dispute, leurs premières vacances, leur premier emménagement mais seul un souvenir ne cessait de revenir et de se superposer.
Ce 18 Juin, elle s'était levé un peu plus tôt que d'habitude. Sans un bruit, elle écarta les draps et se leva silencieusement.
Elle sirotait son café devant ses paquets de feuilles. Paisiblement, une de ses chansons préférées se diffusait dans le salon encore endormi.
And when our worlds they fall appart.
A contre jour, les premiers rayons du soleil la nimbaient comme une icône cerclée d'or et de cuivre.
When the walls come tumbling in.
Sa silhouette hâlée vint déposer sur ses lèvres un baiser, le dernier.
Though we may deserve it,Elle mit ses chaussures, ouvrit la porte, lui adressa un grand sourire, ses yeux chatoyèrent plus que jamais et elle s'envola.
It will be worth it.
A suivre.
Bonus : la chanson originale ( Depeche Mode : Halo ) car la beauté doit se partager. Si il y désormais une chanson par année qui représente le blog - d'ailleurs, je dois m'occuper de la session 2013 - il y en a certaines comme celle-ci qui représente le cœur de votre blog vanillé.
mardi 15 janvier 2013
'Vais te crever, moi !
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| Une jaquette qui fait déjà rêver. |
Comme vous le savez, on occupe ses week-ends comme l'on peut. Certains vont faire du sport, d'autre défilent dans les rues sans réellement savoir pourquoi et sinon les vrais, les tatoués regardent Stonehenge Apocalypse.
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| Héros des temps modernes. |
Les mégalithes de Stonehenge bougent ! c'est dans une certaine position qu'ils entraînent un champs magnétique tuant les hommes et les poules dans un rayon de 200 mètres. On a déjà bien les chocottes au fond de notre canapé, mais ce n'est que le début : en fait un compte à rebours maléfique - maléfique car totalement sorti du néant - se met en route. Dans 40 heures, ça sera la fin du monde. L'amas de pierre étant britannique, il prépare cela avec humour et s'amuse à faire péter 2,3 pyramides toutes les 10 heures, ou moins selon les besoins du scénario.
Que du bonheur ! Mais les détails, comme dans toute œuvre de qualité, sont simplement magnifiques.
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| "Putain, de scénario ! J'aurais dû m'arrêter à Highlander, et encore... |
Des effets spéciaux du tonnerre, mais vu le niveau de la production, ais-je seulement besoin de vous vanter ce point là ? L'horreur de leur réalisation n'a d'égal que celle de leurs conséquences : des millions de morts et des continents décimés, rien que ça ! Un réacteur nucléaire géant (dixit le scientifique incompétent).
Un amas de caillasse au milieu d'un champs, ça tache énormément.
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| Attention, faut pas énerver la pierre druidique sinon elle pixellise. |
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| "Moi, y'en a tout cassé !" |
D'ailleurs, son refuge paradisiaque est un bouge oriental rempli de va-nu-pieds faisant plus penser à Sangatte - ou Notre Dame des Landes - qu'à l'arche de Noé.
On y trouve surtout un militaire très militaire. Vous savez ce même personnage stéréotypé que l'on retrouve dans chaque production comptant de jolis hommes en uniforme et au vocabulaire aussi développé que leurs synapses.
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| Un budget décors et un grattage de parties dignes d'Hollywood. |
Le héros - ce mot fait toujours autant mal - est un homme qui a tout compris mais, Cassandre de son époque, il est seul. Heureusement, il a beaucoup joué à Metal Gear et du coup il se faufile ni vu ni connu au milieu d'une zone militaire ultra-protégée. Il est tellement balèze le Paulo que même en plein milieu d'un énorme pré on ne le voit pas. C'est pas un héros à deux francs, six sous ça, ma brave dame ! Quoique quand on voit le morceau et qu'on l'entend surtout...
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| Des millions de morts en Malaisie; le mauvais goût tue ! |
Pour conclure, je dirai que pierre qui roule n'amasse pas mousse.
dimanche 13 janvier 2013
- Vous êtes adorablement complexe.
J'ai découvert le caviar, par quarante degrés à l'ombre, allongé tout nu sur mon lit, comme un Romain. Cette dînette orgiaque dans une chambre d'hôtel perdue, j'étais trop inconscient pour en goûter la saveur équivoque. Entre deux gorgées de champagne,je mordais dans un toast : ce rythme était le mien. J'ignorais que toute solitude dans le plaisir fût un péché. Le raffinement n'était pas mon fort.
La sensation que quelqu'un me regardait ne m'effleura pas immédiatement. Je venais de déplier mes vêtements ; j'avais donné un peu d'air à mon poulet, un peu d'eau à mon azalée en l'immergeant dans la cuvette du lavabo ; j'étais en train de procéder à ce que Denise nommait une grande toilette et qu'elle exigeait de moi aux premiers soirs de notre amour, quand brusquement je me retournai d'un bloc, mû par un de ces décrets profonds que le corps prend avant l'esprit : je n'étais plus seul !
Blondin A.; L'humeur vagabonde; Éditions de La Table Ronde, 2011; p.47
vendredi 11 janvier 2013
In the Dark Near Tannhauser Gate.
Au cours de notre séjour terrestre, nous vivons (ou 'nous subissons' si vous êtes du type Prozac ou bien plante verte) plusieurs grands moments d'une vie humaine, alors forcément ça fait parler.
Une fois n'est pas coutume, le blog saveur émaillée va également en faire son beurre. Parce que c'est le week-end, déjà de un; et également parce que j'aime beaucoup rédiger des introductions, surtout si elles sont fates.
L'un de plus marquants de ces tournants est la perte de l'enfance. Mais quand cela arrive-t-il ? Qu'est-ce donc ? Et quel secret se cache sous le voile de la mariée ?
On peut légitimement se poser la question quand on voit la tripotée d'idiots qui achètent la Wii pensant y jouer plus d'un mois ( haha ! ).
Cette question frappe d'autant plus lorsque des milliers de jeunes gens donnent leurs âges et ajoutent à la vitesse de l'éclair : "ouai, mais je suis jeune dans ma tête" (sûrement pour faire oublier leurs orgies qui vieillissent foies et ( surtout ! ) organes génitaux!).
L'adieu à l'enfance, ce n'est pas la découverte de la mort ( il suffit d'allumer la radio pour cela, ou bien de découvrir les œuvres de la famille Delerm ).
Ce n'est pas non plus la découverte du sexe (ça, c'est se connecter pour la première fois sur internet), ni le fait de découvrir que Papa Noël n'existe pas ( ça, c'est apprendre que la publicité nous ment et nous fait vomir).
Devenir adulte, ce n'est pas non plus l'obtention du bac (ça, c'est la découverte du chômage).
Non.
Quand on y pense nous sommes grands quand on ne vient plus, en pleine nuit, se blottir dans le lit parental parce ce que l'on a peur de quelque chose.
C'est le moment où l'on doit affronter seul nos peurs les plus primaires, les plus obscures; celles qui nous poursuivront tout au long de la vie.
C'est peut être pour cela que, plus tard, on cherchera souvent a se blottir contre quelqu'un d'autre avant de recommencer ce schéma, mais de l'autre côté du lit.
mercredi 9 janvier 2013
Chapitre XXV
Cachés derrières quelques caisses dans le cellier d'un manoir breton, Nicolas Brandebris et Rikimaru entendirent les voix se rapprocher peu à peu.
L'apparente tranquillité de la bâtisse était trop belle mais le stock de grosses caisses situé dans un coin du large cellier était suffisamment discret et dans la pénombre pour qu'ils purent s'y cacher sans trop de peur d'être découvert.
Les voix devinrent de plus en plus distinctes et deux ombres firent leurs apparitions dans la salle.
- Et je vous le dit en toute honnêteté, Grainville, elle vous est très reconnaissante pour tout ce que vous avez fait mais si vous continuez à donner des congés de fin d'année à tous, vous risquez de descendre dans son estime, vous voyez ce que je veux dire ?
- Mais vous savez bien que que c'est la dernière chose au monde que je désire. Je suis entièrement dévoué à notre cause. Je suis, certes, un peu gentil en cette fin d'année mais il n'y a pas un zébus aussi dévoué que moi.
- Je n'en doute pas mais pensez à l'échéance qui approche; cela nous rend tous nerveux, alors imaginez un peu son état.
- Bien sûr... Mais comme vous pouvez le constater, tout est prêt. peut être encore une ou deux et nous pourrons les envoyer. Elle pourra voir qu'elle avait entièrement raison de me confier cette mission.
- D'ailleurs, pendant que je vous tiens, vous avez pensé à l'après clair de lune ?
-Oh vous savez, je pense.. être... pas...
Les voix devinrent de plus en plus lointaines, pariant sur le fait que les deux interlocuteurs s'étaient éloignés, Nicolas pencha un peu la tête pour voir de qui il s'agissait et si ils n'étaient bien que deux.
Il ne connaissait pas le premier. Il semblait mince, bien que petit; mais cette petitesse s'expliquait surtout par l'imposante stature du deuxième homme.
Jamais il n'avait vu le premier mais il ne connaissait que trop le deuxième : c'était Claïus. Le fameux homme en noir, le bras armé de l'architecte. A cette vision, son cœur s'emballa en une fraction de seconde.
Les deux hommes se tournèrent pour discuter vers l'escalier et donc dos à la machine et à nos amis. Nicolas se reprit et en profita pour se concentrer sur cette fameuse machine.
On aurait dit un arbre de lumière. Tout autour de la salle se trouvaient des espèces de générateurs, d'où partaient de larges tuyaux flexibles serpentant jusqu'à la pièce maîtresse : un immense réceptacle cylindrique de verre et de cuivre à la manière d'une cafetière française. Au lieu de poussoir, il y avait encore une fois des tuyaux; tout le long du cylindre, les tuyaux s'affaissaient le long de la paroi avant de remonter, comme un chapiteau ionique renversé.
Contrastant avec sa base arboricole, son sommet faisait penser à une fleur sur le point d'éclore; on distinguait à peine le gigantesque tuyau cuivré inséré dans la voûte vers lequel tous convergeaient. Et partout cette forte luminescence qui semblait tourner en rond à travers tout ce réseau.
Certains motifs semblaient se détacher dans cette agitation; des formes familières comme une foule de visages défilant et s'étirant lentement sous l'action du courant.
Nicolas essaya de discerner quelque chose de plus précis sans résultat jusqu'au moment où il le vit; dans les volutes glaciales, il aperçu le visage de Noëline.
Alors que tout s'immobilisait dans son esprit, il se rua hors de sa cachette comme chassé par un éclair.
Il n'y avait plus de danger, plus d'amis, encore moins de mort, Nicolas Brandebris courait, halluciné, vers l'hypnotique lueur.
(A suivre; très prochainement)
dimanche 6 janvier 2013
Fatigue.
Lors des achats des cadeaux de Noël, un affreux doute m'assaillit.
Avec les cadeaux emballés, la caissière de l'Occitane eut la délicatesse de me glisser des échantillons dans le sac.
Deux d'après-rasage et trois de crème hydratante pour la peau...
Suis-je censé y voir un quelconque message subliminal ?
C'est très gentil ces petites attentions commerciales mais il faut quand même faire attention à ne pas passer pour un margoulin ou un fieffé goujat.
vendredi 4 janvier 2013
Avec Moquette.
Illustration musicale : The Clash - Police on my Back.
(Vous pourrez remarquer, entre les membres de ce groupe de légende et cette merveilleuse chanson, la présence d'un élément qui constituera la suite logique de cet article : la pouffe. Merci pour elle.)
Une soirée dans la vie d'un macho, voici une parfaite façon de commencer l'année. Car oui, toi le jeune, celui qui aime sortir pour brancher des poulettes - toi la jeune, celle qui aime tout simplement sortir, vous avez sans doute rencontrer ce type d'animaux qui, tout comme les moustiques et les alligators, survivent alors que tout le monde les déteste.
J'aime faire prendre l'air à mes poils de torse. Ils sont noirs comme l'ébène, doux comme des cheveux de bébé et ils sont aussi parfumés qu'un drakkar noir.
D'ailleurs, je ne me parfume pas comme une tapette avec des petites touches. Non, j'affronte la houle d'éthanol parfumé qui se jette contre mon corps. Tous les matins je traverse le Cap Horn des eaux musquées.
J'aime quand un parfum s'accorde parfaitement avec mon odeur de mâle (ce qui veut dire celle provenant de mes aisselles).
La télévision me plaît beaucoup. Elle fait ce que je lui dit, elle se plie à toutes mes décisions. C'est juste un peu embêtant que je ne puisse pas faire l'amour avec et qu'elle ne fasse pas à manger.
D'ailleurs, je ne bais jamais. Je tringle encore moins, et si jamais je le fais c'est vraiment avec des salopes chopées sur internet ou en boîte. Je fais l'amour à une femme. Je luis offre tout ce que le monde et la nature ont a lui offrir.
Mon sexe ( que j'ai appelé "Brian" comme le héros de Fast and Furious) est à l'image de mon caractère : fort, puissant et ténébreux.
Quand je suis chez une jeune femme qui me demande ce que je désire boire au Tea Time, je réponds subtilement : "Non, pas de tisane ça fait dormir... " avec un grand clin d'œil bien sûr. J'aime montrer à l'autre sexe que je ne suis pas qu'une bête de muscles, même si je dois avouer que je lis peu car il y a beaucoup trop de livres.
J'aime tellement faire sexuellement plaisir aux femmes que l'on m'appelle Acide Lactique dans le quartier; mais attention, en tant que parfait gentleman je laisse la femme me dominer, de temps en temps.
Quand je ne suis pas dans ma voiture (qui est un carrosse, un destrier, plutôt qu'une voiture), je suis collé à mon portable (qui est une extension de mon charisme en réalité).
Je peux paraître un peu sensible, mais que voulez-vous, je suis un grand romantique.
Je rêve de faire ma vie avec Ma femme. Une femme bonne et gentille; qui saurait faire de bons petits plats et qui me surprendrait chaque soir en m'apportant ma bière fraîche dès mon retour. Avec moi, elle aura tout le temps de lire et d'assouvir ses passions durant la journée à côté des tâches ménagères.
Bien sûr, je suis pour l'égalité des sexes tant que les rôles sont bien définis.
N'hésitez pas à m'écrire, d'ailleurs et n'ayez pas peur de vous exprimer, j'ai un bon dictionnaire.
mercredi 2 janvier 2013
Chez les Picaros.
Coucou à tous les loulous : les petits, les grands, les gourmands, les sportifs, les vrais, les tatoués, les mamans, les bourreaux des cœurs, les bourrus des cures et tous les autres.
Pour bien commencer l'année, votre blog vanillé vous offre en avant-goût un futur produit maison.
Voici, le refrain du succès d'un chanteur disco has-been (pléonasme!) qui sera présent dans le futur roman made-in-papa le blog dont quelques mentions ont déjà été faites ici et là.
Bon appétit.
Tagada Dancing.
Comme la vodka et le caramel,
Nos deux cœurs près du bar se mêlent.
Mon cœur joue un rythme de boogaloo
Entre nous deux, c'est l'amour fou.
Je ne sais ce que je serai sans toi;
Sans amour, comme une fraise sans Tagada.
samedi 22 décembre 2012
Babbo Natale
Une année est sur le point de s'achever. On se presse dans les magasins comme dans un club échangiste du Cap d'Agde (les vêtements en plus), les bouteilles de champagne s'emmagasinent dans les réfrigérateurs et les foies se préparent.
Nous serons tous loin du quotidien, entre cadeaux, flûtes et plats en sauce.
Il en sera de même pour votre blog saveur des îles en faïence. Ainsi, vous pourrez découvrir, relire à loisir les bonnes archives de tonton blog.
Si la cuvée 2013 d'Alka-Seltzer est bonne, on recommencera comme si de rien n'était dès les premiers jours de Janvier.
Bonnes fêtes à tous et salucofagos!
PS : Et n'oubliez pas que La flûte enchantée est la plus belle et puissante des œuvres.
(crédit photo : Studio Arnaud Hébert. http://www.studiohebert.com/)
Bien évidemment, je tiens à signaler aux béotiens qu'il s'agit de la cathédrale de Chartres !
mercredi 19 décembre 2012
Quelques jours.
Aujourd'hui le blog vanillé vous propose un horoscope musical parce que c'est la fête !
Comme vous l'avez sûrement remarqué , en regardant cette étrange lumière crue et clignotante que les éclairages publics vous envoient par pur gentillesse, nous sommes en pleine période de fêtes de fin d'année.
Alors on parle toujours d'humeur et de moral pendant ces périodes : la joie des petits et des grands devant toutes ces lumières, la solitude de certains, la fatigue accumulée de la fin d'année et du temps maussade, le stress pour la fin du monde, l'hyperactivité pour se lancer dans la course aux cadeaux, etc.
Ceci plus le fait de ce lever dans l'obscurité et le froid, fait que le réveil est le plus dur moment de la journée mais vous, comment vous sentez-vous à ce moment fatidique ?
Plutôt déprimé(e), ce matin ressemble pour trop à tous ceux qui l'ont précédé. Vous rêvassez sur des jours meilleurs tout en continuant votre petite routine : Neil Young : Bandit
C'est la journée de la patate; vous péter la forme et en plus comme c'est bientôt Noël (ou les vacances) vous ne vous en faites pas et foncer dans la journée comme un marseillais sur un pot de gel coiffant : Dir en Grey : я to the Core
Vous vous sentez comme un vrai jeune, un tatoué, celui qui aime la fiesta du vendredi soir, même si l'on est mardi matin à Arpajon : Blink 182 : First Date
Vous vous sentez un peu seul; entre les souvenirs et les occasions manquées la journée s'annonce un peu morose : Elli & Jacno : T'oublier.
Tout va bien, vous savez qu'aujourd'hui, comme tous les jours, vous allez voir votre amour (secret ou non); même si il ne se passera rien cela vous mets en joie : Depeche Mode : Judas.
La journée commence mollement (et je ne parle pas du moment où vous essayez de lever et sortir votre derrière du lit) mais une fois en route vous restez confiant, attendant les quelques surprises que la journée vous a préparé(e) : Smoke City : Aguas de Março.
Aujourd'hui, ça va être dur. Les transports sont bondés, votre patron n'a pas l'air de la meilleure humeur, vous sentez que votre patience a des limites, aujourd'hui restreintes, mais heureusement vous avez plus envie de vaincre et surpassez tout cela brillamment plutôt que de vous énerver et tout casser tel un chat dans un panier de pelotes de laine : Thee Michelle Gun Elephant : Danny Go.
Bon, ça pourrait aller mieux; en fait, vous allez plutôt bien mais dès le réveil, des pensées mélancoliques vous assaillent. Si en plus, vous devez prendre la route vers les paysages de votre enfance ou bien le quartier de votre ancien amour déçu, ça ne va pas s'arranger; mais tout cela est loin ainsi seul une douce mélancolie restera avec vous : Jackie de Shannon : Needles and Pins.
Aujourd'hui, c'est pour vous comme une rue avec ses illuminations de Noël; vous avez la pêche, vous avez envie de faire mille choses avec le sourire : Hole : Celebrity Skin.
Il fait moche, les gens sont moche, ne parlons même pas de la société, l'autre sexe vous déçoit, votre vie semble faire de même et vous trompe en douce. Bref, vous êtes à l'image de l'épaisse couche couche de nuages grisâtres qui s'est déroulée au-dessus de votre banlieue. Mais lucide (ou égoïste), vous pensez qu'il n'y a que vous à qui cela arrive et vous vous résigné pour ne pas sombrer : Le klub des loosers : Avec les larmes.
Il fait gris ? Qu'importe, pour vous il fait grand soleil. Je ne sais si c'est le fait de mettre le nez dehors et donc de sortir de votre tanière ou bien si vous venez tout juste de commencer une nouvelle histoire en long baiser réciproque. La rue est une gigantesque piste de danse et que l'on vous regarde ou pas, ce n'est pas vraiment votre problème : Fat Boy Slim : Outta my Head.
Aujourd'hui, rien ne peut vous toucher. Vous vous sentez léger, en phase avec tout et tous. Quelque soit votre destination, vous flotterez dans les airs, même le fait de savoir que cette sensation est sûrement éphémère ne vous touche pas : Bear McCreary : Passacaglia.
dimanche 16 décembre 2012
In the woods.
Au rayon des grandes tendances populaires d'aujourd'hui, vous avez certainement remarqué les têtes de gondoles que sont les vampires et zombies.
Vampires: rendre le monde plus beaux, l'alliance très adolescente de la peur et de la sexualité (les films de slasher fonctionnent exactement sur le même modèle).
Zombies : l'horreur et la peur a l'état pur; peur du néant, perte de l'individualité et destruction de Dieu (ou de la science). Vouloir se déguiser en zombie c'est, au final, apprendre à aimer Big Brother.
Le vampire se doit d'avoir un minimum de classe, un certain charme ou charisme; alors que le zombie se doit d'être un simple amas de pulsions décérébrées.
En fait, c'est surtout que le déguisement de zombie pour des soirées qui remporte un franc succès, Halloween tout ça.
Suffit, de peu dormir et beaucoup fumer (quand on a pas de maquillage), sinon juste se mettre des cendres autour des yeux et étaler son rouge à lèvres telle une prostituée Hongroise après des heures de travail sans remaquillage.
Ensuite, en enfile de vieux habits dégueu que l'on déchire... C'est le secours catholique qui fait la gueule.
Les vampires, parce que la vie n'a pas plus sens; on se raccroche à la sensualité.
Les zombies parce que rien n'a de sens; dans la jungle de nos vies, il ne faut simplement pas tomber.
vendredi 14 décembre 2012
Accroche-cœur.
Avant tout, une petite illustration musicale : Depeche Mode - Halo.
Etant jeune, tu es un peu fleur bleue (même si tu aimes le cacher derrière des litres d'alcool et de forts vomissements de fin de soirée); tu aimes toutes ces petites histoires d'amour que l'on te propose à la TV entre Belle toute nue et Qui veut épouser mon fils?
Tu apprécies ces récits simples où un jeune homme Colgate aime une jeune femme Vidal Sassoon; de là ils décident d'acheter une niche pour un futur animal de compagnie et une autre pour une future vie de famille. D'ailleurs, on ne le saura jamais comment ils feront cette famille car ces romances sont aussi sexy et sensuelles que le rayon soupe d'un supermarché de proximité.
Bref, c'est bien joli tout ça, jeune romantique, mais n'en as-tu pas assez de toutes ces comédies romantiques formatées dans le moule de l'ennui du dimanche soir ?
Coup de foudre à Brooklyn, l'amour au bout de la rue, mon voisin prince charmant, Coups de foudres et pizzas pepperoni, Plombier mon amour, etc. Mon clavier baille déjà...
Et si ton blog préféré te proposait une autre vision de l'amour (non, pas celle de l'internet avec des gros plans et tout plein de bruits animaux); une sorte de trilogie de l'amour absolu ?
Un amour qui va au-delà de la mort, du destin, des conventions et des autres. L'essence même du romantisme en somme.
Dracula (1992, Coppola).
L'ami Francis a réussi à redonner à Dracula toute son origine romantique. Cet homme qui se damne par chagrin et ne cherche à travers les âges qu'à retrouver son amour perdu. Ah c'est sûr, ça te change de Julia Roberts et de sa technique "excusez-moi vous n'auriez pas sucre" pour draguer le voisin de palier avocat ou chirurgien; quand elle n'est tout simplement sur le trottoir.
De plus, le film est tout simplement magnifique, les acteurs sublimes et l'adaptation brillante. C'est ce qu'on appelle du 'Cinéma', alors que Pretty Woman on appelle cela de l'ennui.
Chaque plan est chargé d'érotisme et de l'opposition entre les sentiments et le destin et la rage qui en découle.
Dracula, c'est l'amour dans sa beauté intellectuelle. C'est l'amour qui transcende le temps et la mort; il transcende par ailleurs les conventions ( n'oublions pas que cet érotisme se situe pendant l'époque victorienne, mais je ne ferais pas de cours là-dessus). C'est également une réflexion sur l'attirance et l'amour de interdit.
L'empire des sens (1976, Nagisa Oshima).
Oui, il y a quelques scènes un peu olé olé, mais bon le film est tellement beau visuellement que ça passe tout seul.
Quelques plans avec des poils autour sont loin d'être vulgaire. Me dites pas que vous ne trouvez pas Meg Ryan vulgaire quand elle simule au restau !
L'histoire est celle d'une passion entre deux êtres, qui vont s'y abandonner jusqu'au bout. Plus rien n'existe au-delà de leur amour, ils ne vivent que pour eux, leur sentiment et leur sensualité. Oui, ce sont de vrais amoureux; du genre qui copulent un peu partout dès qu'ils le peuvent alors que Reese Witherspoon préfère organiser des soirées Tupperware avec ses copines tous les mercredis et emmener son 'boyfriend' au ciné les jeudis.
Ce film n'illustre pas le coup de foudre pour son voisin de palier descendant les poubelles, ni l'amour naissant pour votre patron qui aime vous insulter de "gourdasse à foutre" en réunions et tout ce genre de clichés; non, il illustre la passion dévorante, et charnelle qui peut dévorer les êtres. Un amour aussi bref et intense qu'un feu de joie.
Tout comme Beethoven en musique, cette histoire est la plus humaine des histoires d'amour.
Sid et Nancy (1986, Alex Cox).
Oubliez donc le sourire chevalin de Sarah Jessica Parker et le visage difforme de Renee Zellweger censés vous rassurer sur votre physique.
Ici, le film nous narre la plus grande histoire du mouvement punk : l'amour entre Sid Vicious (bassiste des Sex Pistols) et Nancy Spungen (groupie et junkie).
L'amour entre deux êtres paumés qui n'ont que l'un et l'autre comme unique repère.
Leur histoire seule résume ce que le punk a pu être : quelque chose de fort, de passionnel, de désespéré; une aventure dont la seule issue possible est l'explosion en plein vol.
C'est quand même bien plus romantique - dans le sens littéraire, bien sûr - que Hugh Grant et D'Arcy se donnant des baffes dans un immonde décor rempli de neige avec de la musique has-been en fond !
Ce n'est pas une idéalisation de la rencontre et de la vie amoureuse, ni sa caricature, mais sans être l'histoire de chacun, elle vibre et résonne en nos vies aseptisées et/ou normalisées.
Et puis merde, c'est Gary Oldman qui joue (merveilleusement) !
mercredi 12 décembre 2012
Pif paf pouf.
Attention à toi, petite loutre fragile et féministe car aujourd'hui ton blog préféré endosse sa panoplie de macho!
Souvent entendu ici et là : " les femmes aiment être surprise; leur séduction se fait par cette surprise".
Il faut avouer que la dernière fois que votre humble scribouillard vanillé ait entendu cet adage des temps modernes ce fut dans la bouche d'une des marâtres de Qui veut épouser mon fils ? (on fait ce que l'on peut de ses soirées). Gage de qualité.
Il est vrai que, vu tous les atrophiés du bulbe qui traînent dans cette émission, on ne peut qu'émettre un doute sur la véracité de ces propos mais comme on les entend chaque jour...
Surprendre la femme... Donc on s'embrasse et je te mets une claque à la James Bond avant de te jeter contre lit (donc toujours à la James Bond) ça séduit ?
J'aime faire de longues ballades romantiques de nuit dans les bois avec ma tronçonneuse d'amour.
En parallèle, également entendu : "il est très bien, y'a pas photo; mais il est trop gentil, pas assez viril".
On en revient donc à l'esprit 'jte fous une baffe et te trintigne vite fait'... La drague au gourdin, ça à l'air d'être un grand classique (le gourdin en bois, pas l'autre bien sûr).
Non mais c'est quoi ces merdes ?
En gros, une fille est fortement attirée par les connards, et passe sa vie entière à chouiner parce qu'elle ne tombe que sur des cons... .
Je sens que tu t'inquiète, jeune colombe diaphane, tu te dis "cet homme est parfait comment pourrait-il être un connard?". Ne te fais point de souci, jeune beauté ensorcelante qui n'a d'yeux que pour mon charme, je vais te mettre une baffe, t'insulter en beauceron et te dire que je n'en ai rien à faire quand je quitterai ton domicile.
Bien sûr, je t'aurais fait l'amour pendant des heures, voir des jours, mais tout ce que tu garderas de moi seront mes factures RATP pour me rembourser le voyage et quelques poils de mon corps viril un peu partout.
C'est assez viril, ça ?
lundi 10 décembre 2012
Shell Beach.
Ça y est comme chaque année, l'hiver s'est invité à nos portes. Et comme chaque année, c'est une époque faste pour les couples.
C'est l'époque des cadeaux donc on pense aussi à sa moitié, c'est la période pour fêter la famille et les enfants du coup ça fait cogiter sur le sujet, mais surtout le froid et l'obscurité grandissante pousse vos jeunes hormones à se complaire dans des actes qui donnent chaud et que l'on pourrait qualifier de dégueulasses.
Mais comme l'animalité à outrance à ses limites, il faut bien revenir à des moments beaux et délicats.
Pour aujourd'hui, je vous soumettrai uniquement l'ambiance musicale de vos soirées mousseux/lumières tamisées.
Je ne vais pas vous faire la liste des plus beaux slows par DJ Jean-Marc de Nostlagie, mais je vais vous lister les différentes versions d'une des plus belle chanson d'amour (oui, c'est subjectif) : Sea of Love.
Version originale et donc le must du must : Phil Phillips.
Version tahitienne et relaxante: Raiatea Helm.
Version préférée du blog; la plus belle pour votre serviteur : Iggy Pop.
Version que tous les jeunes connaissent grâce/à cause à Juno : Cat Power.
Version jeune crooner pour le bal de fin d'année façon Retour vers le futur : Marty Wilde.
Version soul : Katie Webster.
Version américaine façon Elvis et rodéo : Narvel Felts.
Version 80s un peu kitschouille, heureusement qu'il y a Jimmy : The Honey drippers (Jimmy Page).
Version Tom Waits donc forcément unique : Tom Waits.
Voilà, maintenant, il ne reste plus qu'à sortir les bougies et la peau de bête tout en n'oubliant pas de mettre votre DVD 'feu de cheminée' sur votre TV grand écran.
Salucofagos.
samedi 8 décembre 2012
Kapow !
Si il y a un cinéma qui a révolutionné et contribué à former ce qu'est aujourd'hui le cinéma, c'est bien celui de Hong Kong. Je ne vous ferai point la liste exhaustive des œuvres et des réalisateurs incontournable depuis 30 ans, mais d'ailleurs tout ce cinéma part d'un point précis : Tsui Hark.
Pour ce qui est de l'homme, wikipédia se fera un plaisir de vous renseigner; pour ce qui est de l'histoire, tout commence avec ses trois premiers films Butterfly Murders, Histoires de cannibales et L'enfer des armes, que l'on regroupe généralement sous l'appellation de La trilogie du chaos.
Je ne vais pas vous en tartiner des pages et vous révéler toute l'histoire et les commentaires tatillons sur la photographie, la technique de réalisation et la cantine de Robert.
Mais regardons cela de plus près, voulez-vous.
Butterfly Murders
Du nihilisme pur et dur.
Le film commence avec une histoire fantastico-poétique et se poursuit dans une ambiance claustro au milieu d'une histoire à tiroirs qui, il faut bien le dire, est assez dur à suivre du premier coup. Butterfly Murders dépoussière le Wuxiapian (films de sabres) tout en explosant ses codes et s'en moque ouvertement.
Il faut le voir rien que pour la fin.
Histoires de cannibales
Un chef d'œuvre d'action, d'humour et de gore.
Que ça soit dit, ce film est le véritable ancêtre de Braindead.
Comme les héros poursuivis par les charmants habitant cannibale d'une bourgade, Tsui Hark emmène le spectateur à 100 à l'heure jusqu'à la dernière seconde dans un mélange improbable mais parfaitement maîtrisé des genres.
On sent malgré le rythme une charge violente contre les différentes autorités qui puissent exister, mais surtout contre la société et tous ces acteurs qui suivons.
Encore un coup de poing sur pellicule.
L'enfer des armes (Director's cut).
Pour celui-là, pas de bande-annonce car il n'existe que celle de la version internationale et tronquée du film (Tsui Hark a dû retourner des scènes pour complètement changer le scénario censuré).
Le plus grand, le meilleur, de la trilogie. Un film fascinant sur tous les points.
Easy Rider n'est pas un film de rebelle, Baise-moi no plus, seul L'enfer des armes l'est. Tsui Hark explose tous les codes cinématographiques et sociétales dans une œuvre magistrale.
Je pourrais en parler des heures mais ce film est une expérience en lui-même, cela ne serait que brasser du vent ( déjà que ce blog est le palais des vents).
Ce n'est pas un film, c'est une série de coups de poings infligés aux spectateurs. Il est à l'image du nihilisme qu'il dénonce : choquant, violent et amoral. Un film qui porte en lui toute la rage et l'irrévérence de la jeunesse en manque de cause.
Un des meilleurs film de l'histoire du cinéma moderne.
jeudi 6 décembre 2012
Boom bass, boom boom bass.
Avant de plonger vers un nouvel opus d'âneries intersidérales et intersidérantes, je vous propose de compléter cette merveilleuse photo par quelques illustrations sonores.
Vous pouvez écouter ceci : premier choix sorti du cerveau malade de l'auteur (tout aussi malade, d'ailleurs).
Ou bien cela : chanson recommandée par une fidèle aimant les enfants et les bâtiments art déco de Malakoff.
Ah l'amour de ses voisins...
L'amour qu'ils se portent entre eux sans vêtement et à volonté, mélangeant allégrement bruits de marteau piqueur et beuglements bestiaux. La matérialisation même d'un buffet chinois au bord d'un périph' en démolition peuplé de groupies hystériques pour mademoiselle et de chanteurs de métal hardcore pour monsieur.
Ces si charmants voisins qui aiment faire tomber les plaques d'enduit de votre plafond à force de cogner on ne sait trop quoi et qu'on ne veut que trop ne pas savoir.
En fait, cela ressemble à vos soirées internet avec le son Dolby Surround et du plâtre qui s'effrite en plus. Au moins, lors de vos excursions virtuelles lubriques, vous regardez qu'une seule scène vite fait, bien fait et rarement le film en entier.
La légende veut que c'est une fois que l'on est de nouveau avec quelqu'un que l'on attire les autres.
Est-ce pour cela qu'il y a assez peu de célibataires au Cap d'Agde et dans les clubs échangistes ? Mais laissons là ce mystère aussi doux et mystérieux que les rideaux de velours qui tapissent ces endroits entre deux banquettes à partouze anale.
Il faut avouer que dans le même genre, les voisins se posent là pour savoir si on est célibataire ou non; c'est une fois célibataire que l'on attire les grincements de pageots et les couinements qui en battent la mesure.
C'est toujours quand on est seul et que l'on regarde son pauvre et morne plafond trembler et que le lustre manque de se décrocher que cela arrive.
A la limite, on pourrait en profiter pour se détendre mais, malédiction oblige, il y a toujours quelque chose qui vous coupe l'envie : on crie un autre prénom que le votre, ils baisent avec Ricchi e Poveri en fond sonore, ou l'un des deux commence à beugler "c'est qui l'papa !".
Pensons quand même que ces ébats font marcher les carreleurs, voir les mecs dans le BTP qui s'occupent de réaliser/réparer les chapes de béton formant le sol pour les plus violents.
Cela fait marcher l'audimat quand on allume la TV en montant bien le son pour ne plus rien entendre.
Cela développe le rock'n roll comme on fait crier son ampli pour couvrir.
Les marchands de boules Quies sont ravis.
Et surtout, last but not least, n'oublions pas que votre future conquête vous glorifiera.
Car après tant de nuits blanches, dès que vous en aurez l'occasion vous n'aurez plus qu'une idée en tête : rendre à ses malotrus de la muqueuse ce qu'ils vous ont fait subir. Ainsi, dans la lumière tamisée de l'appartement, les sens exacerbés par le vin mousseux et Michel Sardou, vous clouerez votre partenaire sur le matelas jusqu'à ce que vous ne puissiez plus faire la différence entre les deux. La folie lubrique s'emparera de vous, vos ébats atteigneront le volume sonore d'un bar espagnol un samedi soir (ils en auront même l'odeur).
Ça sera Douaumont dans votre appart', la Grosse Bertha du sexe, l'Armageddon de la discrétion, le Ragnarok de la pudibonderie, l'Apocalypse du plumard !
mardi 4 décembre 2012
Jack Médecin, chapitre 10 : Voyage au zoo.
Dans le taxi qui l'emmenait de l'aéroport au centre ville, Jack Médecin réfléchissait intensément .
Ce que certains appellent le cuvage, Jack l'avait transformé en un art martial redoutable : les yeux fermés toute sa concentration pouvait se focaliser sur un point précis; et si, d'aventure, quelqu'un tentait de le déranger ses ronflements animaux se chargeraient de l'éloigner.
La veille ville était paisible, la saison touristique était loin.
Cela faisait des années que Jack n'était pas retourné à Prague mais peu de chose avait changé. Entre les colonnes de touristes, des vendeurs d'œuvres d'art en grillage à poule, des jeunes animaux avec des tâches de moutarde sur le T-shirt et des bonnasses ne semblaient ni souffrir du froid hivernal, ni de la fainéantise féminine quand il s'agit d'aborder des hommes.
Tout ce petit monde évoluait sous les yeux et la chope d'un litre de Jack.
Attablé à la terrasse de son QG praguois, Jack attendait les rapports de ses différents contacts. En face de lui la vieille horloge sonnait 14 heures et son petit manège commença à se mettre en marche devant les touristes ébahis.
C'est ici que Jack rencontra Éric Hamster quelques années auparavant. Éric était le seul touriste à ne pas observer l'horloge, trop occupé à uploader des vidéos sur son site porno. Ils s'étaient tout de suite plu.
Mais avant que Jack n'ait pu se remémorer cette merveilleuse rencontre entre amitié virile et Tabatha Cash, un homme le tira hors de ses rêveries.
C'était René le grillager. VRP en cendriers tressés de fils de fer pour cage à poule, René était une célébrité locale ainsi qu'une vieille connaissance de Jack, bien que ce dernier chercha toujours à l'éviter à cause de son hygiène corporelle et de sa diction atrophiée, voir morte-née.
Au bout de plusieurs refus de Jack pour lui acheter des cendriers poulailler, deux pintes et dix minutes pour comprendre René, notre héros eut enfin ses informations : Antoine Waechter était introuvable, ainsi que Krasucki.
Antoine avait toujours été quelqu'un de secret, mais Henri était tout le contraire. C'était le genre de gars à faire l'hélicoptère dans les bars avec son sexe et à confondre les fesses de la serveuse avec celles du videur;
Une visite en bon et due forme des bars et boîtes de nuit était donc obligatoire.
Le premier sur la liste était le Carioca, un sémillant club de strip-tease tenu par Papa Gueno (aucun lien de parenté avec Henri), beau-frère de Krasucki.
Au pire, si la pêche aux informations est infructueuse, une séance privée de table-dance et une bouteille de Baccardi seront toujours les bienvenues.
dimanche 2 décembre 2012
Sturm und Drang.
3 Septembre.
Quelquefois je ne puis comprendre comment un autre peut l'aimer, ose l'aimer, quand je l'aime si uniquement, si profondément, si pleinement ; quand je ne connais rien, ne sais rien, n'ai rien qu'elle.
Goethe; Die leiden des jugen Werthers. (Les souffrances du jeune Werther); Livre de poche, 1999; p.130
vendredi 30 novembre 2012
La tente à oxygène est un rideau de douche.
Coucou le jeune.
T'as pas de guitare pour emballer en soirées, du coup tu te la joue poète romantique en balançant tous pleins de jolis parce que tu sais ouvrir un Littré ? Ou bien, étant une jeune fille en fleurs tu emballes comme tu veux vu les hormones de tes camarades masculins, mais tu aimes montrer ta supériorité intellectuelle à tes rivales.
Et je te comprends très bien , moi-même j'utilise souvent le mot "amoureuse" sans vraiment savoir ce que c'est.
Alors, sache que le mot "nasal" n'a absolument rien à voir avec ta soirée de la veille.
Ce n'est pas une contraction de "nase" et de "anal".
Ainsi, ta nuit avec Jean-Luc le pompier peut avoir d'autres qualificatifs que "nasal". A la limite, si tes mœurs sexuelles de jeune foufou impliquent l'appendice nasal, tu peux clamer que ta soirée était comme telle.
Anal, c'est ce que tu fais à force de mater des films de boules sur le net et donc de penser que cela est obligatoire dans un troussage.
Anal, c'est la chose pour laquelle tu n'es pas préparé(e) et qui va donc te coûter tes draps et ta literie.
Anal, c'est la chose que tu fais parce que tout le monde te dit que c'est super : étroitesse, prostate, résonance vaginale, tout ça, mais en fait c'est exactement comme un voyage à la Grande-motte (ou à Montmartre) : on te vend du rêve et tu te demandes ce que tu fous là.
Anal, c'est la base de tes ricanements dès que tu entends analgésique, analogique, artisanale ou bien l'expression "dans les annales".
Bref, tu te rends compte que la vie n'est pas un film de boules, et c'est tout à ton honneur. Bientôt, tu apprendras que l'amour existe mais qu'il est traître, qu'être manichéen est facile mais ne résout rien, que les impôts ça fait mal et que non, cent fois non, aller au cinéma pour emballer est une mauvaise idée.
Salucofagos, mes ptits loulous.
mardi 27 novembre 2012
XXe arrondissement
Écrit illustré : Francisco Tarrega : Lagrima
Celui-ci peut également s'écouter pendant la lecture : Mahler; Symphonie n°5, adagietto.
Il à Paris est un grand bâtiment que personne ne regarde, que personne ne remarque.
Un édifice de béton grisâtre où seul quelques professionnels s'y faufilent incognito à l'image d'un lieu de réunions occultes; là où les membres se saluent et se reconnaissent de par leur secret. Là, il n'y avait aucun secret, aucune aventure, seulement un détachement général.
Micha était connu et apprécié dans sa ville de province; ici il n'était qu'un client anonyme. Une simple carte, une facture, un fantôme errant entre les rayons.
Une à deux fois par mois, Micha se rendait dans cet entrepôt froid et quelconque pour fournir son commerce. Un rituel, encadré par un morne aller-retour sur la nationale, où il suffit de remplir un caddie avant de passer à la caisse. Comme à Monoprix, rien ne manque : du tapis roulant à l'absence de chaleur humaine de la caissière.
Aujourd'hui, il a pris la route tôt. C'était long, le temps était au moche et la forme au lundi. Il n'a eu le temps que de prendre un serré sur le zinc en attendant l'ouverture du dépôt.
Le travail était à l'image de l'intérieur du bâtiment : routinier, cadré, sobre voir austère.
Le café ronge délicatement son estomac mais il en a l'habitude et surtout il n'en a pas pour longtemps.
Une petite pointe à la poitrine se fait sentir. Micha continue de marcher en remplissant son caddie. Ce n'est rien, c'est une douleur intercostale; ça passera comme les autres.
Sa poitrine le lance depuis déjà plusieurs semaines, voir des mois. C'est l'âge, et puis que peut-on bien y faire ?
Son cœur se serre comme si une partie de lui était aspiré par une force implacable et fugace. Une contraction brutale jumelée à la douleur tenace d'un percemaille vrillant consciencieusement la chair de l'organe.
La douleur grandit. Son cœur tiraille et lacère sa chair à chaque convulsions.
L'écho des bruits de pas, les cartons que l'on déplace; les sons s'étouffent alors que les lignes s'allongent, les ombres s'étirent. La salle devient une cathédrale; froide.
Soudain, le silence, assourdissant. Toute une vie humaine contenue dans un silence; une vie dans le vide.
Ses yeux s'ouvrent grand comme pour chercher quelqu'un, quelque chose. Ses paupières ouvertes au maximum ne répondent plus, son regard vague s'embrume peu à peu filtré par un voile terne.
Il n'en a pas conscience mais sa main s'est portée sur sa poitrine, il agrippe sa chemise telle une amante empoignant le drap. Pas là, pas comme ça !
Micha cherche à respirer. Non ! Il cherche désespérément ce petit bout de vie du bout des bras comme si celui-ci se trouvait à quelques inaccessibles centimètres de ses doigts. Non ! Son bras s'allonge vers l'avant; ses muscles se tendent à l'extrême tentant une dernière fois de s'échapper, tirant de toute leur force sur les tendons. Non...
Il chancelle, le monde s'estompe.
Et il s'écroule.
Seul au milieu de l'entrepôt. sur le sol froid et gris, entre deux rayonnages lambda.
Personne ne le voit, personne n'entend le son sourd de son corps s'écroulant contre le sol.
Ce fut un long affaissement dans un lit moelleux aux couettes pareilles à cent mille caresses; comme se lover en un couffin calme et voluptueux.
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