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vendredi 4 octobre 2013

Sapine-moi !



L'histoire de Châteaufarine.

Dans une contrée à l'odeur sapinée (oui, j'estime que cela existe) se trouve une ville au nom singulier : Châteaufarine.
Au creux de montagnes densément boisées, Châteaufarine étend ses maisons pavillonnaires le long d'un cours d'eau à l'humeur calme.
Il y a fort longtemps, une légende locale raconte que le roi des forêt, Monbeau Sapin, y vivait. Il gouvernait une grande partie des forêts européenne depuis son palais taillé dans le caillou local.
Il vécu longtemps mais un jour il succomba à une crise cardiaque en voyant le premier tractopelle de son histoire arriver chez lui avec ses grosses chenilles.
A son bord, Jacky : 32 ans, fan de techno et de Lara Fabian. Ce jour-là, il avait fait le plein de Drum pour ses poumons encrassés et il tenait solidement sa bouteille de Coca avec les jambes (quelques jours avant il compris qu'une simple canette avait du mal à rester en place sur un tel engin, au dépens de son short en toile de Nîmes). Tout fou et sous payé qu'il était, c'est Jacky qui fit vraiment de Châteaufarine ce qu'elle est aujourd'hui. De main de maître et d'un pied sur accélérateur assuré, il traça une grande ligne droite au milieu des bois sur 2km. Châteaufarine était née.

La ville passa une vie des plus simple et tranquille jusqu'à l'arrivée de l'agro-alimentaire moderne. De petites usines locales commencèrent à s'agrandirent et à mécaniser leur production pour vendre à grande échelle et faire d'immenses constructions Légo en billets de banque en utilisant ces grandes échelles.
Du jour au lendemain, des marques fabriquaient en grandes quantités des produits pour de petites quantités de gens aisés. S'en était fini des plats de grand-maman tous les jours. Pour leur nouvelle orientation, ces entreprises avaient un fort besoin de farine; en pâtisserie, c'était le produit far.
C'est alors que Gilles Aumon du Poitou, maire et maître sapinier, décida de lancer la ville dans la production de farine et d'abandonner la traditionnelle confection de bonshommes en pommes de pin.
Farine de blé, farine de sapin, farine de maïs, farine de sapin de Noël; tous le monde merveilleux de la farine allait faire battre le cœur de Châteaufarine.

Depuis la farine se fabrique en Chine et est exportée pour être transformée; pour le gâteau au chocolat, on la mélange au cacao et la fait cuire sur le sable de Dubaï par des ouvriers des chantiers pakistanais avant de réexpédié tout ça.
Tout allait mal à Châteaufarine, même les rats et les huissiers préféraient partir pour de meilleurs rivages; et grâce à l'invention des transports, ils avaient tout le choix du monde.
C'est alors que par un brumeux matin d'automne, le destin sourit à notre charmante bourgade.
Jean-Miguel Garcia Mendez de las Estrellas, négociant colombien, s'écrasa avec son petit avion sur la grange de Simon Rodetripier, agriculteur TF1.
Depuis notre charmant homme d'affaire des amériques et notre sympathique homme du terroir font de la ville un point névralgique de produits tout à fait typiques.
Jean-Miguel fait venir du bois exotique emballé dans des sacs de sable blanc de la forêt amazonienne par petit conteneur la plupart du temps. Une fois reçu notre agriculteur transforme le bois par ses maîtres sapiniers et comble de l'écologie réutilise même le sable de transport par ses maîtres enrhumés.

Depuis Châteaufarine retrouve sa gloire d'antan; beaucoup de passage mais une économie florissante grâce à ses échanges transatlantiques. Des centres pour maladies enrhumées se sont même ouverts.
Et il ne faut pas oublier que sapine toujours là-bas : si vous passez par là, soignez vos rhumes et autres rhinites et n'oubliez pas le bon petit sapin massif qui fait la joie des enfants et des rétroviseurs.

jeudi 22 août 2013

Vespérune


On reprend du bon pied et du bon œil ( et j'en ai deux de chaque) avec une petite histoire, de rien du tout, de rien du tout.
Et comme je suis bon comme un pot de Haagen-Dazs à 23h, je vous ai même mis cela en musique.
On peut écouter ceci, au moins pour le début : Captain Beefharet - Her Eyes Are a Blue Million Miles.
 Mais ma préférence va vers The Divine Comedy - Gin Soaked Boy. Comme si j'avais écrit cela dans l'optique de l'écouter à la fin.
En fait, c'est pas mal d'écouter Beefheart en premier et ensuite de passer à Neil Hannon; enfin vous êtes grands pour savoir ce que vous faites, normalement...


Un jour, un homme se baladait en forêt. Elle était grande et isolée. Un orage ayant éclaté peu avant, un arc-en-ciel la surmontait ce jour-là.
Alors qu'il se reposait devant une chute d'eau, l'homme vit des dizaines de bulles s'échapper des remous. Animées de mille couleurs, elles virevoltaient au dessus de l'onde. Elles s'élevaient doucement vers le ciel. Sauf une; sauf une petite bulle légère qui vint, poussée par la brise, vers l'homme.
Quand elle arriva à lui, il essaya de la toucher du bout du doigt. C'est au moment infime et précis où la bulle éclata d'elle-même que son doigt entra dans la bulle par la brèche ainsi crée.

En un clignement de paupières, la forêt se trouva nimbée d'une étrange lumière. Partout de petites étincelles se déplaçaient telles une myriade de fées.
L'homme ébloui par tant de beauté se leva et voulu découvrir ce nouvel endroit mais en se levant il remarqua que sur l'arbre contre lequel il s'était appuyé avait poussé un cœur.
Il voulu le toucher, voir même le décrocher mais à peine effleuré le cœur se déposa dans les bras de l'homme. Il descendit doucement comme si le temps s'était figé. Une chaleur et une douceur infinies l'envahit instantanément.
Quand il rouvrit les yeux, la forêt était redevenue celle qu'il connaissait. Il n'y avait plus de lumière, ni de fée mais le cœur était toujours dans ses bras, contre lui, palpitant contre le sien.

Craignant pour son trésor, l'homme parti parcourir le monde, tenant toujours son cœur contre lui. Il ne restait jamais au même endroit de peur que l'on lui vole son trésor.
Il vit mille merveilles, il rencontra des milliers de personnes, il apprit des centaines de coutumes et s'initia à des dizaines de cultures; pourtant quelque chose lui manquait.
Il avait toujours cette peur de perdre, de se faire prndre son cœur, mais au-delà de ça il lui manquait quelque chose. Cette sensation de vide qui malgré tout restera insatiable, comme si son propre cœur n'était plus là.
Pourtant, tous les soirs, tous les jours il tenait le cœur tendre et chaud contre lui et s'enivrait de son ardeur.

Un jour, alors qu'il repassa par hasard par la forêt à la chute d'eau, il s'y arrêta.
Il resta quelque temps à contempler les bulles, tout en serrant son cœur contre sa poitrine.
Le cœur battait de plus en plus fort, ses mouvements se faisaient plus amples et il devenait de plus en plus chaud. C'était comme si il s'était transformé en une boule de lumière irradiante.Un soleil au sein des bras de l'homme.
C'est alors que le cœur s'enfonça dans la poitrine de l'homme. Il fondit en lui et se mêla à chaque atome de son corps en une immense vague douce et ardente.

Depuis, peu sont les personnes à l'avoir revu mais il paraît qu'il parcourt toujours le monde le sourire aux lèvres et laisse derrière lui une fine traînée de petites bulles multicolores.

dimanche 28 juillet 2013

Vespérune.


Il n'y avait plus personne, il n'y avait plus rien. Paris n'était plus qu'une coquille vide.
Oubliée de l'Histoire et des hommes, la ville ne maternait plus que quelques ombres.
Deux surtout se faufilaient entre les immeubles vieillissant, gagnés par la vigne-vierge et les arbres. Ils étaient les derniers habitants de la capitale perdue.
Ils s'étaient aménagés une partie de la ville. Une partie où désormais les façades haussmaniennes ne sont plus que des panneaux de théâtres.
Des vérins et des systèmes de roulement faisaient doucement glisser les pans laissant libre le passage vers des cours intérieures luxuriantes. Toutes étaient différentes : certaines formaient un riad, d'autres abritaient transats, tables et barbecue et d'autres encore n'étaient que de grands jardins fleuris.

Tout autour de ces jardins, chacune des pièces donnant sur la cour avait sa propre particularité. Une pièce pour les consoles, une autre pour regarder des séries, une pour faire la sieste, une autre pour lire etc.Beaucoup restaient libres pour les mais et la famille.
A l'intérieur, il n'y avait pas de systèmes de vérins ou de poulies, simplement les matériaux bruts des demeures. Ce n'est qu'à l'intérieur des pièces que les formes et les couleurs reprenaient leurs droits. Tout comme chacune avait une utilité, chacune possédait son propre décor, ses propres teintes, sa propres personnalité.
Toute cette partie secrète de la ville délaissée n'étaient qu'une invitation au voyage. Voyages aux destinations changeantes selon les saisons, selon les jours, selon les cœurs.

Autour des ces immeubles un immense jardin se faufilaient entre les arbres avant de rejoindre la plage.
Une grande étendue de sable blanc recouvrant Paris. Les vagues venaient lécher les grains opalins jour et nuit, berçant les oreilles de ceux qui avaient délaissé le chant des oiseaux pour un peu d'azur.
Ils y avaient même construit une petite jetée afin de rêvasser au plus proche de l'eau, seuls au milieu de l'horizon.
Face à l'horizon, face à la foule, face aux épreuves, ils ne sauraient être seuls. Tout s'efface en dehors de leurs yeux tournés l'un vers l'autre. Leur petit Paris n'est que l'écrin de ces regards.
Comme les façades coulissantes, il y a autre chose derrière, quelque chose de plus important et de plus profond que le reste.

vendredi 5 juillet 2013

Glouglou Albuquerque.


Il fait chaud; enfin, chaud, à peu près. En tous cas, si on n'est pas regardant sur la qualité du bleu de ciel, il fait bon.
Ainsi, tous nous nous réunissons comme beaucoup d'étés autour de piscines. Étant à Paris et ayant des moyens et des goûts plutôt simples, je me retrouve plutôt autour d'un cocktail Piscine. Mais d'autres font les petits malins et se pavanent avec ces mêmes cocktails aux bords de vraies piscines, avec transat, eau claire et R2D2 qui en nettoie le fond.

Mais qu'est-ce réellement qu'une piscine ?
Évidemment, ces mêmes gros malins cocktails en main, bateaux aux pieds et pull pastel sur les épaules vont me dire en ricanant : "Ba, c'est un trou dans le sol avec de l'eau dedans."
Une belle réponse de terrassier qui ne fait pas honneur à votre situation estivale près de la dite piscine.

La piscine est, hormis le machin où on essaye de faire du sport entre quatre vieux, un endroit où les gens passent leurs journées, tels de gros chats devant un rayon boucherie ensoleillé.
Bref, entre les vieux de la piscine municipale et le farniente de la piscine privative, on peut penser que ce réservoir d'eau chlorée agit comme un aimant à feignasses.
En gros, il y a Disneyland où l'on s'amuse, la salle de muscu où l'on suinte et la piscine où on glande avec de gros ballons.

Mais ceci n'est que la partie visible du glaçon dans le cocktail. Effectivement, tout comme Gordon Ramsay fouillant une cuisine, on trouve quelque chose mais ce n'est que le début du cauchemar (en piscine). C'est un formidable environnement pour le développement et la prolifération des moustiques et des mycoses. Une sorte de Grande Motte pour petites saloperies énervantes (et je ne parle pas des précédents énergumènes qui se prélassent l'épiderme au soleil).
Des machins qui t'empêchent de dormir (au moins sans alcool), de ne pas te gratter comme le vieux chien pouilleux de Maître Vitalis et t'empêchent d'avoir une vie sexuelle épanouie (je ne veux pas savoir mais comme on dit : Toi même tu sais).

Bien sûr, je n'oserais dire que les champignons de Paris de vos boîtes Franprix proviennent de la piscine, ça serait dégoûtant. par contre, après la piscine vos pieds (entre autres) peuvent se transformer en champignonnière. Est-ce vraiment aussi dégoûtant ?
Nous ne sommes pas loin de la pisciculture. La salle de spore des bactéries.
Je vous vois déjà, bande de petits galopins, en train de me dire que je ne suis qu'un vilain monsieur pas gentil. (techniquement ce n'est pas faux). Mais non, je sais bien tout comme vous que la piscine est un grand lieu de détente et de franche rigolade.

Tout à l'heure, j'ai parlé du R2D2 qui nettoie la piscine; c'est vrai que c'est marrant ces machins qui parcourent le fond, ou la surface, pour nettoyer la piscine. Quand tu cuves sur ton transat, ça te permet de te concentrer sur quelque chose de ni trop bruyant, ni trop rapide. Ça peut également te faire penser ç Star Wars et te permettre de continuer de vivre pleinement ton état semi-inconscient.
En plus, ça change un peu des loufiats du Club Med que Tata Nicole se tapait entre une activité aérobic et une soirée cocktail déguisé.
En plus, je ne parle pas des soirées où tu balances tes potes à l'eau ( le problème est que suivant le nombre des compagnons de la nouba, on a plus de chances de s'y faire balancer que de pousser). On peut également, pour les plus vieux, imiter les entrevues glamours de Loana et Machin (en réalité, il s'appelle Jean-Edouard mais personne ne s'en souvient). En encore plus classe il y a Romy Schneider et Alain Delon, mais là c'est vraiment pour les plus anciens, façon Yves Coppens.
Voilà, pour la piscine récréative, mais je ne désespère pas faire un aussi bel article sur les piscines municipales avec de vrais sportifs, de vrais vieux, de vraies mycoses et de vraies Laure Manaudou (avec ou sans photo) dedans !
Allez, salucofagos les jeunes à la peau cuivrée et aux parasols de cocktails colorés.

Cadeau pour ceux qui, en plus de la piscine, tondent, manient des fenwick, refont des salons et se donnent dans tous plein de jolies activités de VVF portugais: Du grand, du vrai mais faut cliquer pour la surprise.

lundi 11 mars 2013

Pour des jours meilleurs.


Pour Emilie avec toutes mes pensées,

Aujourd'hui, rien ne sonna le réveil. Les oiseaux semblaient être restés nicher pour ne pas avoir à célébrer la grisaille. Sans me poser de questions, je fis de même.
J'occupais un bunker de couette et de coussins depuis quelques jours maintenant.
Je sens mon sang rayonner à travers mon corps plus fortement mais plus lentement que d'habitude. A chaque battement de mon cœur fatigué une chaleur blême et diffuse faisait soulever et réchauffer la peau de mes membres endormis.

La vitre de la chambre s'était muée en miroir. Du bas de mon lit, je me confondais dans l'épais rouleau grisâtre. Je ne distinguais aucunement la lente marche de la lourde chape, j'y voyais l'incarnation de mon esprit comme si un esprit supérieur s'était amusé à me mettre face à moi-même; comme si cela ne suffisait pas.

Mon esprit vagabondait entre mes yeux embrumés et deux assoupissements depuis des heures lorsque mon réveil sonna. Il était 14h37, il faisait toujours aussi gris.
Peu à peu, la chanson douce et entraînante me fit me lever.
Que la séparation avec couette et nos deux chaleurs fut douloureuse ! La musique réussissait à sortir mes pensées de la pièce vide et ronronnante où elles s'étaient enfermées.
Les notes et le rythme ne faisaient que bercer ma personne; mon esprit ne semblait pas adhérer laissant ainsi mon corps s'activer par réflexes après tant d'immobilité.
Ce n'est que par automatisme que je me rendis à la salle de bain, non sans m'être auparavant attardé quelques secondes sur le lit désormais vide et défait.

La vapeur montait doucement jusqu'à mon visage et se déposait en une tendre caresse sur mon visage. L'eau  quasi-brûlante s'abattait sur le sommet de mon crâne en une cascade de bien être avant de redescendre le long de mon corps assoupi, emportant pensées et chair de poule au loin.
J'ai dû rester des heures sous cette suave enveloppe. Elle fut, par mille fois, plus agréable que ma couette qui ne me quitta pas pour quelques jours. Sous le pommeau, je pouvais sentir mon corps à travers ma nimbe chaude et rayonnante.
Je devins moi-même cette légère vapeur brûlante à force de rester immobile, les yeux fermés, sous le flux. Mon corps et et mon esprit s'étaient liquéfiés en quelque chose de léger et gracile. Tout le superflu, tout ce qui ankylosait mon être était emporté au loin dans la sombre et invisibles tuyauterie.
Il n'y avait plus rien; rien que la chaleur moite et caressante berçant mon esprit vagabond.

En sortant, le ciel paraissait moins gris. Une douce et fruitée odeur de café se fit sentir et me détourna de mon idée de retour vers la chambre. La radio était encore une fois allumée. Peut être était-ce à cause de cette musique ou de l'odeur de l'arabica et du pain fraîchement grillé, mais la combinaison des deux porta mes pas jusqu'à la cuisine où m'attendait un sourire, que je n'ai pu m'empêcher de redonner en retour.
Cela faisait longtemps.

jeudi 31 janvier 2013

Mille et une vies.


Pour Célinas J. de las Casas que l'on aime plus que la cocaïne, l'apéro et les coquines.

La nuit descend lentement sur Paris. Sous le ciel entre rubis et carmin, une horde de voitures traînent dans cette gorge de béton qu'est le périphérique. De longues files de quadrilatères lumineux s'engouffrant dans un vaste tunnel; en y entrant elles doivent sûrement abandonner tout espoir.
Au dessus de l'exode dioxydé, un bâtiment écrase le paysage avec lourdeur. Tout aussi laid, il ne tranche pas  vraiment avec le périph', mais sa monstrueuse masse de béton dégueulasse (pléonasme) renvoie la ville à un vulgaire assemblage de maisons de poupées en carton.
Telle une vilaine souillon de banlieue se préparant pour aller emballer en boîte, le stade s'habille de lumières.
A ses pieds, des milliers d'ombres quittent les dernières lueurs vespérales pour la lumière agressive et glacée des néons.
Dans la partie VIP, les costumes cintrés à fines rayures côtoient les maillots synthétiques aux couleurs criardes floqués inutilement. Debout verre à la main, affalé dans les canapés, les conversations vont bon train pendant que les plateaux défilent; une flûte par-ci, une canapé par-là, s'occuper la main tout en parlant en attendant d'en profiter. L'art de discuter tout en s'empiffrant négligemment; le funambulisme de l'échange sans avoir la bouche pleine pour ceux ayant un minimum d'éducation.

Une jeune fille vient de commencer sa soirée. Avant d'avoir à se coltiner les plateaux de champagne, son travail consiste à faire des aller-retours pour offrir de la part du comité et de toute l'équipe un charmant cadeau soigneusement emballé aux donateurs aisés; cadeau qui consistait généralement en une bouteille de vin. Bien que le vin en soit ne soit pas le dernier des jajas, cela lui rappelait les immondes paniers municipaux offerts aux petits vieux pour Noël. Ces paniers imitations osier remplis de plastique imitation paille et conserves 100% dégueulasses.
On traite les mécènes de la même manière que la pauvre petite vieille du dessous, c'est peut être ça la vraie égalité démocratique.

Personne ne fait attention à elle. Sa silhouette fluette se faufile discrètement entre les groupes; il doit bien avoir un ou deux DSK dans l'assemblée, mais même face à une jeune fille en robe il y a peu de regards appuyés. Même son léger accent méridional semble passer aussi inaperçu que sa frimousse et son grand sourire appuyé par ses profonds yeux sombres.
Au final, ils auraient pu embaucher la première caissière fadasse de proximité ayant un tant soit peu de prestance, qu'est-ce que cela aurait changé pour les VIP du canapé fin et du pétillant champenois ? Mais cela ne la dérangeait pas : le boulot était simple et bien payé et les collègues agréables, elles n'en demandait pas plus. Si elle avait voulu se faire salement mater, elle aurait postulé au Corcoran ou au Oz.

De toutes façons, ce soir tous les regards ne se tournaient que vers un homme : un grand joueur à l'accent barbare et  l'appendice nasale important était venu passer saluer tout ce beau monde. Tour à tour, on le félicite sur son autobiographie au titre aussi humble qu'Amélie Nothomb - qui, elle, a au moins le mérite de rédiger ce qu'elle publie. Elle ne l'avait pas lu mais son exigence culturelle et intellectuelle s'y opposait catégoriquement.
Il avait l'air aussi intelligent que sa quatrième de couverture... Ce n'était pas avec cela que elle trouverait un successeur à Del Dongo et Clélia.

Heureusement, la journée se finissait. Ses escarpins commencent à lui faire mal et elle peut entendre sa couette la réclamer désespérément, tel un huissier aux abois.
Le plus dur sera pour demain quand elle devra assurer une réception avec le grand patron de Père Dodu. Des hors d'œuvres au poulet, des plats à base de poulet, des idiots déguisés en poulets de carnaval, il y aura peut être même de véritables poulets partout...
L'horreur, la vraie, celle qui empêche de dormir et fait frissonner; un sentiment fort désagréable, à ne pas confondre avec tout autre chose qui empêche également de dormir et fait frissonner...
Les gallinacés étaient encore loin. Le long ronronnement du métro l'entraîne doucement vers son lit chaud et douillet. Sans plateau et cadeau à porter, sans commentaire sportif et surtout sans ignoble poulet.

mardi 13 novembre 2012

Depuis le temps...


Pour C. (avec mes excuses pour le retard).

Tu es un rebelle, un vrai de vrai, un tatoué.
Tu aimes skater et voilà des années que tu arrives à ne pas te la faire façon Amiral de Coligny le 24 Août au soir.
Tu aimes également faire ton foufou en soirée en privilégiant la Bavaria 8.6 ou le Malibu/Passoa pur.
Et pour tout cela, je te comprends, jeune fougueux, mais puis-je vraiment embrasser toute cette impétuosité qui te définit ?
J'ai envie d'être proche de toi le jeune, surtout si tu es de sexe féminin et empiriste (tous ces jolis mots sont là pour te faire réviser). Je te ferai découvrir un monde inconnu de plaisirs sensuels et d'ivresse vinassée. Un monde radicalement différent de ton quotidien triste et pauvre, où tu pourra t'ébattre gaiement, petite gazelle fougueuse.
Bref, ainsi je me suis plongé dans un recueil de rage totale envers la société, un brûlot de subversion, que ton petit cœur tout mou doit aimer :  les textes de Tryo..

Ils aiment noter qu'il y a de la pollution autour de nous, quitte à le répeter dans chaque chanson. Jusque là rien de bien nouveau sous le soleil, on ne peut pas dire que sur ce sujet les zozos mettent les pieds dans le plat (à la limite, ils y vont à la petite cuillère à café ou bien le couteau à purée).
En tant que vrais rebelles, ils pointent du doigt la société de consommation et l'idolâtrie envers les objets en citant à la pelle marques et produits. Bon, si au moins cela t'amène à lire Guy Debord par la suite pourquoi pas... Mais à  propos de réflexion, si l'on cite toujours des marques n'est-on pas comme ces gens peu intelligents qui se réfèrent également à ces dernières (je n'oublie pas ton futur bac philo, le jeune) ?

On retrouve souvent le mot "politico" car oui,  l'homme du peuple n'aime point les élites et donc parle un argot (de vrai sans-culottes) pour les dénoncer de façon cool et en pensant ne pas se faire comprendre d'eux (c'est tout le but de l'argot). En plus, on trouve plus de rimes avec 'politico' qu'avec 'politiques' ou 'politicards', comme par exemple Kro, bédo ou bac philo.



Dans la chanson Abdallah on peut entendre : "si le monde était à refaire" et "si je devais changer de vie". Donc, on est très bien en ce monde capitaliste et pollué, si l'on suit la grammaire du texte. C'est joli la révolution du canapé.
Les rebelles qui découvrent sans quitter leurs supermarchés que les fruits et légumes hors-saisons ce n'est pas naturel sous nos latitudes et qu'ils sont moins bons. Canapé + supermarché, rien de mieux comme endroits pour changer le monde.

Mais je suis méchant. La majorité du public de Tryo est composée de lycéens/collégiens et de jeunes étudiants, ainsi c'est normal : ils aiment la politique de bazar, les gros apéros, la glande etc. Ce qui fait peur, c'est que je doute que les membres de Tryo viennent d'arriver à l'université; ils m'ont l'air plutôt assez vieux pour ça, façon maison pavillonnaire, enfants, apéros au kir et week-ends randonnée.

Tout comme des jeunes devant un coca à la cafette du bahut, niveau contestation tout y passe : opposition chinoise, politique américaine, géopolitique du Moyen-orient, continent de plastique, pizza trop cuites, douleurs du petit doigt contre un meuble et que moins de glaçons dans le coca égale plus de coca mais du coup beaucoup moins frais.

En faisant attention on se rend compte qu'ils font assez réac'.
L'alcool c'est cool mais si t'en prends trop t'es con; le sexe s'est sympa mais fais gaffe à pas devenir une salope, la ville c'est joli et pratique mais la campagne c'est pas mal aussi, les jeunes sont cons mais les vieux aussi...
Ça doit être sympa de vivre dans un abri de jardin au milieu de nulle part en misanthrope faussement cool.
Bon, je ne pense pas qu'ils prétendent se poser en maîtres à penser (encore heureux), mais maintenant je vois comment tu penses, mon jeune. Je te supplie seulement, jeune chevelu, de ne pas rester comme ça après 25-30 ans.
Quand à toi, frêle biche à la fraîcheur diaphane, tu n'as pas à t'inquiéter. Ta nouvelle vie à mon contact sera comme une douche chaude et fiévreuse où notre amour voluptueux sera une mousse torride et onctueuse pour ton âme.
A très vite, douce colombe innocente et simplement salut à toi, jeune chevelu.

jeudi 25 octobre 2012

Guide d'utilisation.


To MJ, Queen of Goblitz lands and John Oze Monts seas.


J'enfile ma combinaison de macho et prend ma plume de phallocrate, et voilà ce que cela donne (bien sûr il y aura prochainement une contrepartie féministe).

Une fille ça dit: "ne me touche pas" pour qu'on la prenne dans ses bras. Par contre, quand elle dit "casse-toi" c'est vraiment pour que vous partiez, n'essayez pas de rester. Oula, non ça serait comme faire face au T-rex de Jurassic Park.

Ça t'ignore de manière éhontée et t'évite pour que tu viennes la voir. Un peu comme un chat, sauf que si on rattrape la fille les coups de griffes seront plus sur le dos que sur le visage; et le chat c'est surtout parce qu'il veut juste être tranquille en attendant le prochain repas.

Pourquoi dans les contes ce sont toujours des sorcières et non pas des sorciers ? Parce que même si elle te dit "c'est oublié" ou "je te pardonne" elle te le rappellera dès que possible, alors que pour l'homme s'est fini et oublié depuis un moment ( ba oui, depuis il y a au moins 3 jeux vidéos de terminés). Et puis on parle toujours des belles-mères et beaucoup moins des beaux-pères; coïncidence ? Je ne pense pas...

Ça veut entendre des 'je t'aime' mais préfère les bad boy ( Matt Pokora ne fait pas partie des bad boys). je sais que 'qui aime bien, châtie bien' mais bon faut un peu réfléchir de temps en temps.

Une femme se plaint qu'elle ne tombe que sur des connards mais vu ses choix elle ne veut que ça. Donc voir le point précédent ( il vaut mieux le répéter ad libitum pour que cela ait une chance de rentrer ).

Une femme a la bassesse de rappeler "tu en sais pas ce que c'est que de porter un enfant 9 mois et d'accoucher"! Manifestement, non. C'est un peu comme dire à son petit frère (ou son chat) ,"tu ne peux pas savoir car tu n'as pas ton Bac". Forcément, mais au final le chat s'en fiche complètement ( l'homme aussi par ailleurs ).

Une fille voit des signes cachés partout alors qu'il n'y en a pas ( bons ou mauvais ). Un homme qui propose un restau signifie juste qu'il veut passer un peu de temps avec vous et bien manger, ainsi il n'a rien contre votre cuisine et cela ne veut pas forcément dire qu'il veut vous trousser toute la nuit. De même, si un homme dit "bonjour" avec un sourire à une collègue ou amie c'est peut être parce qu'il est poli et qu'il apprécie la personne en tant que telle.

Une fille est à l'image de Cartier-Bresson et de son instant décisif : avant c'est trop tôt, après c'est trop tard et sur le moment tu as intérêt à être le plus rapide muchacho, c'est le Far-West là-dedans ! Il y a plus de femmes sur Terre que d'hommes, mais bizarrement on a l'impression qu'elles sont toutes prises et que si il y en a une célibataire, elle est rapidement attaquée comme un steak tartare dans un bassin de piranhas.

Une fille ça regarde tellement de près les produits alimentaires que ça voit des dates limites partout : date limite avant basculement dans la Friendzone (maman, la friendzone c'est quand une femme décide de te dire "je préfère que l'on reste amis" alors que 2 heures avant elle voulait te sauter dessus; enfin que tu lui sautes dessus... forcément), date limite du couple ou de l'amour, date limite d'âge pour les BD et les jeux vidéos, taille limite ( pour la taille, genre: "1m75 c'est petit", bande de voyous ), âge limite, limite minimale des muscles, limitation des limites, etc. Pour elles, la vie semble être un grand supermarché, heureusement il n'y a aura pas de bons de réductions quand elles passeront à la caisse.

Allez, comme vous avez très sages et que vous avez lu tout ce merveilleux texte ô combien sérieux et philosophique voici une petite surprise musicale pour finir en beauté : Surprise musicale, oui tu peux cliquer.


jeudi 21 juin 2012

Joie de vivre et circonstances.


Il existe un monde merveilleux près de la ville lumière où les soirs de football, ses habitants aiment faire profiter le voisinage de leurs émotions.C'est ça la chaleur humaine!
Cependant, ils sont aussi difficile à reconnaître que le confort SNCF entre une première classe et une deuxième. Aussi traître que la mer, ou qu'une belle-mère jalouse et inspectrice des impôts, ces étranges formes de vie peuvent passer de l'observation passive, voir du spleen, à la joie façon Grosse Bertha.


Ces personnes doivent passer beaucoup de temps dans leurs voitures, ou bien ces dernières se trouvent directement dans leurs salons, tellement ils sont prompts à klaxonner lorsque leur équipe marque un but.
Quand un but est marqué, ce n'est plus une explosion de joie; c'est un son et lumière mélangeant ramdam et tintamarre.
C'est le carnaval des animaux, la douceur et la beauté mélodique en moins.
Et ce n'est rien comparé à quand cette même équipe gagne le match! Le Big Bang recrée sur votre palier! La guerre de cent ans en cinq minutes! Pièce d'orchestre pour Panzershreck en bordel majeur dans votre chambre.
La simple population est au courant des moindres mouvements des joueurs grâce à ces mouvements de bruit et de fureur. Un coup de sifflet, un genou qui craque, un corner raté, une coupe de cheveux raté ou un caleçon qui s'évase, c'est une gloire à la surmédiatisation.
Le tout avec chapelets et odeurs de poisson façon morue. Cela serait parfait si les gens distribuaient des pasteis de nata, au lieu de vous offrir leurs relents de bières bon marché.

Pensez à toutes ces jeunes filles douces et innocentes qui coulent des jours paisibles dans leurs bourgades, entre soirées filles et glande à la maison. Tout se passe merveilleusement bien: musique, P'tits filous tube, tchat internet, des macarons et des cathédrales plein la tête, en somme: que du rêve; et soudain ces rêves ouatés et colorés se brisent contre une symphonie de klaxons et de cris de putois. Un peu comme quand vous dormez paisiblement et que votre chat, ou votre conjoint, vous saute frénétiquement sur le ventre en criant: "Va au frigo, j'ai faim!". Le tout affublé d'un vuvuzéla, d'une écharpe aux couleurs criardes et à l'odeur douteuse et d'un regard cocaïné à faire trembler n'importe quels serial-killers.

Jeunes (et moins jeunes) gens fiers et démonstratifs, ils ne sont pas loin de chez vous. Il vous suffit de tendre l'oreille lorsque certains match de football ont lieu.
Votre vie ne sera plus jamais la même.
Ils seront à chaque coin de rue à guetter le bon moment pour faire sonner leurs cornes de brume dans vos tympans, toutes écharpes dehors. Ils seront derrière chaque klaxon, chaque pochard qui braille la nuit au clair de lune éthylé.
Avec eux, c'est Halloween toute l'année: ils hantent vos nuits avec leurs défilés démoniaques, avant de se fondre dans l'anonymat dès le lendemain matin en attendant le prochain sabbat sportif.
Faites attention à vous, ils sont partout, et même éloignés ils trouveront bien le moyen de vous signaler leur présence.

mardi 22 mai 2012

Syndrome de Stendhal.


Dans un pays merveilleux que l'on nomme la Beauce se tient fièrement le plus imposant des bâtiments intersidéraux (car oui, la Terre ne lui suffit pas) : La cathédrale de Chartres.
Située entre deux mers - la mer de blé et la mer dite de la piscine de Chartres - la cathédrale centenaire écrase le paysage pastoral de sa magnificence (c'est d'ailleurs pour cela que la région est si plate).
Elle rend la vue aux aveugles, elle transforme l'eau en nectar, elle peut rendre Arthur drôle (mais il n'y est jamais allé apparemment) et quand on pense à elle la douche est instantanément plus chaude et la mousse immensément plus onctueuse.

La plupart des visiteurs entrent, font un tour et repartent, comme le ferait un chat entendant l'ouverture du frigo. Certains, pris d'une folie sportive et aventureuse, choisissent de gravir le clocher gothique Jehan de Beauce et de ne faire qu'un avec l'humanité et l'horizon (ou tout du moins avec le vent).
Mais, il existe au sein de cette forêt de pierres et de lumière, un élément unique au monde, que seuls quelques érudits connaissent. Un endroit petit et discret baignant dans la lumière chaude et colorée des vitraux.
Au détour d'un transept, des milliers de personnes chaque jour passent sur/devant ce grandiose détail de la cathédrale : le saint clou.
Il porte en lui à la fois la simplicité christique et toute la complexité de la mécanique quantique.
Tous les 24 Juin, vers midi, la lumière solaire ose rentrer nue dans la mer de pierres en passant par une légère découpe dans le vitrail. Et c'est pendant ce moment éphémère que la main d'Hélios éffleure le clou, aussi rapidement et intensément qu'un baiser d'adieu.

Certains disent qu'il a été planté là pour régler les horloges, d'autres que Michel Sardou lui-même l'aurait planté là pour annoncer sa naissance (il est comme ça Michel!) et que sais-je encore.
Se tenir au-dessus du clou, c'est sentir en soi, l'énergie tellurique de la ligne de force templière, dixit Coco Bel-oeil, aimable mendiant ayant ses habitudes devant ladite cathédrale (note: il ne fournit pas de service voiturier).
En s'arrêtant de longs moments pour chercher le trou percé dans le vitrail, cela risque de déclencher une certaine curiosité chez les visiteurs et peut ainsi leur faire comprendre que chaque recoin peut cacher une surprise (posologie: cette méthode peut s'appliquer partout et à volonté).
Mais la véritable légende n'est-elle pas celle-ci: une ancienne coutume veut qu'un baiser échangé au-dessus du clou apporte joie et chance aux amoureux. Il est certain que les amants éprouvent de la joie sur le moment, pas besoin de saint clou pour ça.
Le clou est à l'image de cette histoire, ce n'est pas ce qui est vrai qui importe, c'est le fait que cela fasse rêver.
Saint clou bleibet meine freude.

(Photo par Nezumi. http://nezumy.blogspot.fr/  Passez lui faire un coucou, c'est un ami).

mardi 13 décembre 2011

Chanson du sixième étage (David Grotta version)



http://www.youtube.com/watch?v=SYCIpBtaON0
(pour bien chanter en rythme!)

LE GROS TAS
(et Joyeux anniversaire à mon ami!)

Vous, mes amis tant de fois vous me dites
Que d'ici peu je ne serai plus gras.
J'aimerais bien vous croire un jour
Mais j'en doute avec la paëlla.
Essayez de répondre à mon surpoids!

Le gros tas, le gros tas, le gros tas!
Qui saura me faire oublier, dites-moi!
Mon envie de grossir,
Essayez de me le dire!
Le gros tas, le gros tas, oui le gros tas!

Vous mes amis, essayez le cassoulet.
Une seule plat au monde peut me rendre,
Tout ce que j'ai gagné en gras: saucisses et pizza.
Alors si vous pouvez appelez-moi.

Le gros tas, le gros tas, le gros tas!
Qui saura me voir m'empiffrer avec les doigts?
Je n'avais que des kébabs plein le frigo
Pour nourrir mes centaines de petits kilos.
Je sais bien que toute ma vie c'est le gras.

Vous mes amis vous me trouvez immonde,
Vous dites que vous me ferez manger du concombre.
J'aimerais bien vous croire oui,
Mais mon bourrelet combat cela
Mon bide reste jamais sans confit d'oie.

Le gros tas, le gros tas, le gros tas!
Le gros tas, grand ami des frites et d'autres joies.
Il n'aimait que la pâté sur Terre et sans ça, c'était le camembert.
Il sait bien que le pain c'est ce qui accompagne le pâté de foie.

Le gros tas, le gros tas, le gros tas,
C'est celui qui nous écrase toi et moi!
Pour vivre, il se gave de cassoulet au foie gras.
Le gros tas, le gros tas, le gros tas...

lundi 5 décembre 2011

P'tain, suce-toi Canelle!


En ce moment, on peut entendre parler d'une réclamation de différents mouvements féministes voulant supprimer le terme 'mademoiselle'. Étant un tant soit peu réalistes, ils ne demandent que le retrait de cette formule dans l'état civil et toute paperasse administrative.
Mais du coup, ce n'est plus intéressant pour le blog WC des îles donc penchant sur un hypothétique cas de suppression du mademoiselle dans la vie de tous les jours.

Alors, madame ou mademoiselle?
Alors là, il faut choisir son camp, car honnêtement si j'étais une femme je ne voudrais ni l'un, ni l'autre pour les raisons suivantes:
'Mademoiselle' pour les vieux ça fait jeune pute ou vieille ville; pour les jeunes ça fait un peu "wesh wesh, mademoiselle, t'es trop bonne, tu me laisses aphone!"
En même temps, Madame ça fait un peu Madame Claude ou bien "excusez-moi madame la baronne mais si monsieur le baron nous surprenait je perdrais mon emploi"...

Et puis, tout ce débat rappelle le fait que l'on entend dire ici et là, que la galanterie n'est qu'une pratique machiste. On sent l'intelligence de la pensée qui pointe derrière, d'ailleurs respectons cette grande réflexion: Ne tenons plus la porte! Balançons leurs la porte au nez!

mardi 22 février 2011

XVe


Michel Cabrel, ex-militaire commando reconverti dans la police nationale, broie du noir devant son café au lait (que l'on peut plutôt qualifier d'eau chaude avec un subtil arrière-goût de café). Voici quelques jours déjà qu'il a accepté sa mutation dans un commissariat du XVe arrondissement parisien.
Ses collègues sont agréables, le poste de police plutôt moderne et orienté plein sud. Michel a toujours aimé Paris: ses grands boulevards aérés et bordés d'arbres qui s'imposent au milieu d'un myriade de petites rues calmes au charme bourgeois. Mais, malheureusement, il est dans le XVe.
Notre protecteur de la loi déambule lentement dans les rues lors de ses rondes mais cela ne l'empêche pas d'être tout le temps bloqué par des petits vieux. En fait, cet arrondissement est un nid à vieux. Tout comme les oiseaux se cachent pour mourir, les vieux, quand ils ne sont pas en Bretagne ou sur la côte d'azur, se regroupent dans ce quartier parisien. Une véritable invasion!
En plus, ils ne font pas travailler Michel: pas un se fait voler son sac, pas un se fait agresser par des jeunes à capuches et aucun ne s'étale dans le caniveau. Ils ne lui donnent pas le moindre boulot, même de proximité.
Par contre il se fait insulter.
Les vieux riches grognent tout le temps, surtout contre les fonctionnaires. L'hiver il fait trop froid, l'été il fait trop chaud, il n'y a plus de saison ma bonne dame. Au moins, ce quartier est une valeur sûre pour les infirmiers, les pompiers et les pompes funèbres se dit Michel.
Le pire vient après 21h quand Michel travaille de nuit. Plus de tabac ouvert, les bars ouverts se comptent sur les doigts d'un manchot (sur les doigts d'une main durant la journée) et trouver une épicerie pour acheter de l'alcool (ou de la nourriture, d'ailleurs) s'apparente à trouver des défauts à Natalie Portman.
Michel n'est plus tout jeune mais il n'est pas non plus grabataire. Pour le moment, seuls une tuerie dans un cabinet d'architecte, un trafic de goblitos et une bande de jeunes qui picolent bruyamment dans un restau avant de voir un scooter brûler animent un peu ses journées.

vendredi 2 avril 2010

Le général Beuret

Le XVème arrondissement de Paris...
Ces artistes de rues, ses éléphants, sa folle animation. Voila un quartier qui remue!
Ces rues emplies de petites gens venants des différents points du globe n'ont rien à envier à Barbes. Ah mordante ironie...
Un des quartiers les plus mort de la capitale. On pourrait se faire renverser par un poney que personne ne viendrait vous secourir.
Heureusement comme partout, même Chartres, on peut passer de bons moments entre amis alors que dehors le vent saturnale et la pluie et se joint à la bacchanale endiablée qui se déroule dans les rues.

mercredi 24 février 2010

Big Bisous de la piscine


Il y avait une époque, celle de nos parents pour la plupart, où quand il fallait partir à l'étranger la peur n'existait pas; seul le goût du voyage restait.
Les avions étaient moins surs (vous vous imaginez dans des coucous à hélices, de plus entièrement fumeurs?); beaucoup faisaient de l'autostop; certains ont osé Beyrouth-New Delhi en voiture (la géopolitique de l'époque le permettait encore bien que ce n'était quand même pas très sur), et beaucoup voyageaient même sans parler anglais et surtout se rendaient dans des pays où cette langue était aussi inconnu que la mort d'Elvis.
Que c'est-il donc passé? Le confort nous a-t'il ruiné? On ne peut partir sans avoir le confort que l'on a chez soi (compréhension de la langue incluse)? Voyager c'est donc aller en croisière ou en complexe d'où on ne bouge pas et où tout le monde est au petit soin?
Avec la peur on en fait rien, c'est comme dans la vie: pourquoi chercher un boulot si on a peur de le perdre? Pourquoi finir ses études ou se lancer dans la vie active si on peur de ne pas en trouver? Pourquoi être avec quelqu'un si on a peur de le/la perdre? Pourquoi s'évertuer à vivre si on a peur de mourir?
Oui, bon je donne des exemples extrêmes mais avec la peur au ventre on ne peut rien faire. Ainsi la peur primaire et commune à tous est la peur de la mort. Cela est tout à fait naturel et elle règle, pour ainsi dire, toute notre vie mais il faut savoir l'oublier; comme disait un de mes professeur: il y a deux choses dont on peut être sur dans la vie: les impôts et la mort.
Alors pourquoi s'en faire?

lundi 23 novembre 2009

Au large


Facebook évite de tuer des chatsA Mignières on achève bien les chats!
La bourguade c'est un peu Sleepy Hollow:
Il y aun corps de ferme sans tête qui terrorise la région
Et surtout une légendaire Punto.
A son bord, un monstre qui tue avec des boules de pétanques.
Il conduit son tank comme on poke sur Facebook
Il fait peur aux petits enfants de Fontenay-sur-Eure à Marrakech et son souk.
Prenez peur, braves gens!
Si dans le lointain, vous apercevez entre chien et loup
Une voiture avec deux dés de moumoute de mauvais goût
Fuyez, sinon vous ne vivrez plus très longtemps.

Coté jardin

Aujourd'hui, un homme est rentré dans la classe:
Encagoulé et armé, il a calmement demandé
Qu"un seul élève se lève et quitte sa place
Pour qu'à l'extérieur il soit éxécuté.
Une vie demandée pour en sauver une trentaine.
Tout le monde avait peur, moi seul me suis levé,
Avec calme, empathie et serénité.
J'espère que cela ne provoquera pas trop de peine;
Tout allait à peu près dans ma vie journalière
A part, peut être, une continuelle lassitude.
J'ai passé mon temps à vouloir plaire
Mais je n'ai toujours ressenti que de la solitude.
A présent je suis dans le couloir,
L'homme me demande gentillement de me tourner
Et que mon courage sera admiré.
Je crois qu'il est temps de se dire "au revoir".

Previously on Battlestar GalacticaOh le beau petit laideron!
Un être qui a le pouvoir de donner des infarctus aux pigeons.
Elle est là, la petite grosse appelée La Taupe!
Elle ne creuse plus avec ses mains depuis longtemps
Car avec son piège à loups, c'est plus partique avec ses dents.
D'ailleurs son tracto-pelle dentaire ne la gène pas pour dire des conneries
Avec ses copines, toutes attachées culturelles en laideronerie.
En tous les cas, si vous connaissez un psychopathe ou Emile Louis
N'hésitez à les mettre en relation
Comme ça au moins un finira en prison
Et le deuxième quelque part dans un buisson.

jeudi 29 octobre 2009

Après avis d'expulsion


Baby Mozart

Pour Brandon-Franz^^

Il ne faut pas croire que les cigognes viennent d'Alsace,
Elles y demeurent la plupart du temps seulement.
En fait elles viennent de Chartres, ambassade de Dieu depuis la nuit des temps
Mais dernièrement d'étranges choses se passent:
Une cigogne , sentant un peu le Lachryma Christi,
Est venue se poser en Touraine et y a laissé un petit.
Je ne sais si Didier Gustin sera ton parrain
Mais tu auras une destruction atomique massive dans le sang, c'est certains!
Il sera choyé par une maman enfin libérée,
Un papa kouglof qui passera un peu moins son temps à geeker
Mais aussi par les chevaliers de l'ordre de la divine cathédrale.
Car ce monument étant le palais de Dieu sur Terre
Ils se doivent d'éduquer, à tout moment, familles entières.
Et ne croyez pas y échapper de par vos capacités cognitives abyssales;
Pensez que votre bonheur sera mille fois plus grand
Une fois que votre amour envers la cathédrale sera ardent.

vendredi 4 septembre 2009

Avec cahier des charges et délai


Vendredi ou la nuit sauvage.

Je déambulais dans des couloirs anonymes, seul.
Des jeunes, sautillants, entraient en vue,
Un prof sortit d'une pièce aux lumières crues:
Un sourire t'aurait pas écorché la gueule!
Chaque paroi, chaque grain rugueux est en moi, profond.
J'ai vécu 5 ans dans ce cocon de béton...
Une cathédrale froide qui ne pourra plus m'abriter
Ce bunker du savoir était comme ma maison, ma télé.
Heureusement que je t'ai mon amour de Raymonda!
Car plutôt que dans un amphi je préfère dormir dans tes bras.
Chaque jour tu m'emmènes à la médiathèque pour y travailler
Ce que tu fais pendant que je passe mon temps à ronfler.
Mon ronflement s'amplifie et se déverse dans chaque interstice,
Le béton, de toutes ses forces, vibre avec moi dans tout l'édifice;
Les murs de partout tombent comme des footballeurs.
Pour le savoir et la culture, je suis un tueur.

jeudi 30 juillet 2009

Fondue



Mojito Vertébrale

Un dos bloqué ça fait mal,
Ces tendons et vertèbres qui ne veulent bouger d'un poil;
Mais quand on se fait ça en dormant, c'est con!
C'est un peu comme une téquila sans citron.
Bref quand tu te mouve c'est le calvaire,
Ramasser ton paquet de clopes constitue ton Golgotha.
Petites vertèbres, pourquoi n'êtes-vous pas en titane ou en fer?
Et surtout pourquoi êtes-vous bloquées comme le RER A?
Mon dos grince comme un vieux rafiot
Dommage que je n'ai pas la classe de Jack Sparrow;
Je ne peux qu'aller m'étaler sur les coussins du canapé
Tel un gros touriste sur la plage de Noirmoutier.
Bon si jamais je ne décroche pas de rendez-vous chez l'ostéo
J'ai toujours deux, trois tournevis de dessous les fagots.

mardi 24 mars 2009

Por la Segrada.


La Belle Moumoute sans Merci. (A John Keats)

Qu'attends-tu âme grise
Esseulée et prostrée dans le canapé?
Le soleil ne semble pas avoir d'emprise,
Ni même le son populaire de la TV.

Qu'attends-tu âme grise
Si triste dans tes traits?
Il y a pourtant tant de cerises
Le long du chemin menant vers les blanches falaises de craie.

J'ai vu deux diamants sur ton visage,
Plus brulant que braises dans l'obscurité saturnale,
Et sur tout ton corps, grand et majestueux comme le Tage,
Une teinte argentée, perfection entre ébène et opale.

Je rencontrai une reine dans mon exil;
Si belle, telle une déesse de lointaines civilisations.
Son expression était paisible et ses mouvements graciles.
Ses yeux aussi sauvages que le regard d'un lion.


Je lui ai fait offrande de ma compagnie
Et de ma plus douce affection.
Elle me regarda comme une maitresse à la fin de la nuit
Et me parla en doux sons.

Je la déposai sur mes jambes entrecroisées
Et elle s'y endormit instantanément.
Pour des heures elle s'y lova, chantant sans un arrêt
Dans une mélodie se perdant dans le temps.

Elle me donna des essences de joies
Et des branches de fleurs fuschias,
Puis, dans un étrange langage, me sussura:
"Je suis tellement bien avec toi."

Elle m'emmena dans sa retraite endormie
Où sans aucun son elle s'étira,
Et d'une douce habitude je la caressai quatre fois;
Mes yeux fermés, comme endoloris.

Elle me berça jusque dans un long repos
Où je rêvais; Ah, gracieuse amie!
Tant de rêves vus les yeux mi-clos
Sur ce canapé synonyme d'ennui.

Je vis des rois et des princesses d'Orient
Des guerriers et des poètes, tous pleurant.
"Il n'y a qu'une "belle moumoute sans merci".
Puisse-t'elle encore une fois nous sortir de notre mélancolie".

Je vis leurs mains réclamant la douceur
Et leurs jambes avides de chaleur.
C'est alors que je me reveillai encore endormi
Sur ce canapé synonyme d'ennui.

C'est pourquoi je me tiens toute la journée
Esseulé et prostré dans le canapé,
Non loin de la cuisine et de la TV
Attendant que Moumoute vienne encore une fois me réconforter.

Composé le 23 Mars de 14H à 15H30 (oui, j'étais en cours^^).
Pour la compréhension de tous, voilà l'oeuvre originale: http://www.bartleby.com/126/55.html
Et la voici en français pour les vilains: http://le-club.mabulle.com/index.php/2008/02/24/121008-la-belle-dame-sans-merci-jkeats-et-waterhouse
PS: Hauteclaire plutôt que de nous fourguer des images de golfs aurait pu prendre 10 secondes et se bouger l'arrière train pour indiquer l'édition et surtout le nom du traducteur. Oui je suis peu être un peu tatillon mais bon avec la maitrise aide pas, même si j'écris sur Batman.